Mai 2026 — Thessaloniki

Quand j’écris une publication, je dois souvent me questionner sur un sujet ou l’autre qui le concerne. Ici, c’est le nom de la ville qui m’a fait réfléchir. Là-bas, les gens utilisent « Thessaloniki », qu’ils nous parlent en français, en anglais, en espagnol ou en grec. Or, durant mes recherches, j’ai découvert que le nom français de cette ville est « Thessalonique ». Ça m’a déçue. Je trouve l’autre plus beau. J’ai donc décidé de poursuivre l’utilisation de « Thessaloniki », le nom que nous avons entendu sur place autant que sur le navire ou entre les touristes.

Comme on le voit sur la carte (google maps), Thessaloniki se trouve à 300 kilomètres au nord d’Athènes, au fond du Golfe Thermaïque. Celui-ci s’ouvre sur la mer Égée, au nord-ouest de la Grèce.

Thessaloniki est la deuxième ville de Grèce en importance. L’agglomération dépasse le million d’habitants. Son port commercial est énorme et dessert autant le pays que l’Europe du Sud-Est. On y voit aussi des bateaux qui viennent d’autres régions du monde.

La ville vit surtout du transport maritime de marchandises. De sa position stratégique dans les Balkans, elle jouit du commerce et du négoce avec ses voisins. Son secteur technologique de pointe continue de prendre beaucoup de place dans l’économie de la région. Il est reconnu en Europe et ailleurs dans le monde.

La ville a été fondée par Cassandre de Macédoine, en 315 av. J.-C., en réunissant plusieurs villages installés à courtes distances les uns des autres. Il lui a donné le nom de sa femme bien aimée, Thessaloniké. Elle était aussi la fille de Philippe II de Macédoine et la demi-sœur d’Alexandre Le Grand. La cité a donc d’abord été macédonienne.

Selon la légende, Thessaloniké aurait été transformée en sirène après sa mort. La légende raconte qu’elle parcourait les mers pour discuter des aventures de son demi-frère Alexandre avec les marins.

Sous la domination romaine, la ville devient un incontournable de la via Egnatia, la route principale entre la ville fortifiée de Dyrrachium (aujourd’hui Durrës en Albanie) et Byzance (la ville grecque fondée en 667 av. J.-C. devient Constantinople sous l’Empire romain). On la connait aujourd’hui sous le nom d’Istambul). Thessaloniki devient prospère.

Au fil des siècles suivants, la ville a connu des agressions provenant des hordes slaves, des Perses, des Bulgares, puis des Sarrazins. La cité deThessaloniki a été détruite par les Normands en 1185, puis capturée par les Croisés en 1205. Elle est reprise par l’Empire byzantin en 1246. Elle devient ottomane en 1430 et reprend sa place dans l’économie de la région. Elle redevient grecque en 1912, à l’aube de la Grande Guerre mondiale. Si la Grèce est d’abord neutre durant le conflit, la ville hébergera des contingents militaires français qui veulent libérer la Serbie de l’agression allemande. En 1916, plus de 400 000 soldats français, britanniques et serbes sont hébergés dans la ville.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1941, la Grèce est envahie par les Allemands et les Italiens qui se séparent le pays en deux. Le nord et Thessaloniki vont aux Allemands et le sud et Athènes sont occupés par les Italiens. La résistance grecque s’installe. Les troupes italiennes quittent le pays à la suite de la chute du Régime de Mussolini. En 1944, à l’approche des troupes soviétiques dans les Balkans, les troupes allemandes quittent le nord de la Grèce.

Nous avons d’abord accompagné nos guides dans une courte marche dans la ville pour nous rendre à la Tour blanche de Salonique. J’adore les trottoirs et les zones d’ombre créées par ces grands arbres feuillus.

La cathédrale Saint-Grégoire de Palamas a été construite en 1914. Son style architectural a grandement été influencé par l’art byzantin.

La Tour blanche actuelle a été construite sur une ancienne tour datant de l’occupation franque. Cette nouvelle tour date du règne du sultan Soliman le magnifique (de 1520 à 1566). Aujourd’hui elle est transformée en musée, mais au fil du temps, elle a servi de fort, de caserne, puis de prison.

J’ai aussi adoré ma longue marche sur l’avenue Nikis, qui longe le front de mer, et mon retour au port international en empruntant la longue promenade qui sépare la mer de l’avenue achalandée.

La place Aristote se trouve en plein cœur de Thessaloniki. L’architecte français Ernest Hébrard a conçu et rebâti l’espace en 1918, après l’incendie qui a dévasté 32 % de la ville en août 1917.

En route, j’ai rencontré aussi un pirate, ou plutôt un corsaire… selon ses dires. Le capitaine Jack offre un tour de bateau pour voir les abords de la ville et parler de son histoire. Pour ma part, la visite se terminait trop tard. J’aurais manqué notre navire de croisière et je trouvais que les 300 kilomètres de nage jusqu’à Athènes étaient au-dessus de mes capacités… Pire, je risquais aussi de manquer l’avion pour revenir à Montréal.

Et voilà que notre voyage en Grèce s’achève. Demain, nous passerons la journée en mer. Je vous en parlerai d’ailleurs dans mon prochain blogue. Puis, le samedi 30 mai, le navire nous débarquera au port du Pirée, tôt le matin. Un autobus nous transportera du port vers l’Aéroport d’Athènes où nous prendrons l’avion pour revenir à Montréal.

Nous avons le goût de revenir et visiter à notre manière vagabonde ce pays qui nous a fait rencontrer des gens souriants et accueillants.

Pour avoir une bonne idée de l’ensemble du voyage, je vous suggère de lire le premier de la série, « Mai 2026 La Grèce… vraiment ? ». J’ai pris le temps d’ajouter les liens avec toutes les publications produites pour vous parler de ce voyage.

Peut-être que la Grèce vous attend, vous aussi !

Je ne peux vous laisser sans vous montrer les deux dernières photos de coucher de soleil, captées dans le port de Thessaloniki.


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