Note 1 : le masculin est utilisé pour faciliter la lecture du texte.
Note 2 : mes réflexions se limitent l’écriture de fiction.
Le choix de publier ses romans implique de faire des efforts pour les vendre. Or, il faut d’abord savoir que l’artiste et son œuvre existent avoir le goût d’acheter son bouquin. Le métier d’écrivain est complexe. Créer une histoire enlevante requiert de passer beaucoup de temps à taper sur un clavier et réviser à l’écran le fruit de son travail.
Ce texte, sans être exhaustif, présente des manières de communiquer plus efficacement avec son auditoire.
Le comportement des lecteurs est parfois difficile à comprendre. Par exemple, comment expliquer qu’un livre obtienne une réaction virale alors qu’un autre d’une qualité similaire ne trouve pas preneur ? Ce phénomène est indépendant de l’énergie qu’on dépense à se faire connaître. Nous savons aussi qu’une personne déjà visible à la télé voit ses ventes grimper rapidement par rapport à un auteur dont le travail n’est pas public. Certains artistes ont été découverts un peu par hasard. Autrement, pour la plupart des écrivains, la notoriété s’acquiert en fonction des efforts de communication qu’ils déploient au fil des années.
D’accord ! Comment peut-on augmenter nos chances dans un milieu qui semble être agité par une sorte de force aléatoire ?
Tous les auteurs connaissent l’importance de participer à des événements, comme les Salons du livre, les foires de Noël et des activités particulières liées à un sujet associé à leur roman. On peut aussi organiser un lancement ou décrocher des séances de signatures. Tout cela est utile, bien sûr. La question demeure : si on ne sait pas qui je suis, m’invitera-t-on ? Les lecteurs viendront-ils à ces événements ?
L’écrivain doit donc augmenter sa visibilité, ce qui implique, entre autres, sa présence sur l’Internet. J’entends déjà les commentaires de panique :
- Je ne suis pas capable ! J’ai appris une chose fondamentale dès mon jeune âge : « Quand on veut, on peut ! » Je l’applique à toutes les facettes de ma vie. Lorsque je rencontre un problème, je cherche automatiquement des solutions qui sont à ma portée. Il faut travailler. On doit trouver et analyser des informations… bref, des actions que tous les auteurs connaissent.
- C’est bien trop compliqué ! Vous souvenez-vous de la question enfantine « Comment mange-t-on un éléphant » ? Une bouchée à la fois ! répondaient d’une seule voix les initiés. En vérité, pour tout projet qui paraît immense ou monstrueux, il suffit de « divisez le défi en plusieurs petites étapes. »
- Ça coûte cher ! Bien sûr, si vous engagez un Webmestre pour le faire à votre place, les prix seront énormes pour un budget limité. Sinon, l’investissement sera le temps nécessaire pour l’apprentissage d’abord, pour identifier ses besoins et pour développer un plan marketing sensé.
Il faut identifier ses besoins et développer un plan marketing sensé.
Chaque option présentée ici apporte sa valeur à l’écrivain. Ce dernier doit faire des choix en fonction de ses contraintes. Autant que possible, il faut sélectionner plus d’une possibilité.
À titre d’exemple, je me suis aperçu que les gens qui lisent mon infolettre, ma page Facebook et mon blogue ne sont pas les mêmes. Utiliser les trois me permet d’élargir ma clientèle et décrocher plus de vente.
Devrait-on développer son propre site Web ?
Ce n’est pas obligatoire, bien sûr. Chacun doit décider de ce qui convient pour ses besoins et ses moyens.
Dans le monde moderne d’aujourd’hui, notre présence sur l’Internet est de loin l’action la plus performante en matière de marketing. Quelques pages simples permettent aux gens de trouver rapidement l’information sur l’auteur et de la partager. L’écrivain y dépose sa biographie, sa bibliographie, des photos de ses titres, des extraits, ses intérêts et ses événements. Il ajoutera des détails qui plairont aux lecteurs et, aussi, aux journalistes.
Par où commencer ? Il est recommandé de débuter tout gros projet par une bonne recherche de renseignements et l’apprentissage des nouvelles techniques nécessaires pour arriver à ses fins. Il existe de nombreux cours dans les bibliothèques municipales, les villes et les associations. Les cours aux adultes (secondaires), les cégeps et les universités proposent d’excellents contenus sur les communications, les médias, les services sociaux et bien d’autres sujets connexes. La deuxième étape est, bien sûr, de faire un plan.
Une fois que l’auteur a bien cerné ses besoins et ses moyens, il peut développer son site Web. La plupart des hébergeurs, par exemple votresite.ca (québécois), godaddy.com, myhosting.com, offrent des trousses de départ et de l’aide pour bien comprendre les outils en ligne. On construit d’abord quelques pages standards et simples. Au fur et à mesure que la carrière évolue et que les connaissances de l’artiste s’étendent, on ajoute des informations et des fonctionnalités (comme la vente en ligne). En résumé, on commence lentement et on progresse avec régularité.
Le plus grand investissement de l’auteur devrait être son temps. Bien sûr, il peut engager une firme sophistiquée qui lui promet le plus beau produit du monde, mais ça peut devenir coûteux.
L’option de développer son propre site Web n’est pas toujours une avenue possible, pour diverses raisons. Dans ces cas, l’artiste peut déposer sa page sur des sites déjà existants. À titre d’exemple, voici deux manières simples :
Union des écrivaines et écrivains québécois : si vous êtes membres de l’UNEQ, vous pouvez vous inscrire sur l’infocentre littéraire des écrivains québécois. On y décrit sa biographie et la liste de ses livres.
Organisme ou association régionale d’auteurs : la plupart de ces organisations aident leurs adhérents en offrant des plateformes de visibilité.
Qu’en est-il des réseaux sociaux en ligne ?
Aujourd’hui, la présence d’un auteur sur les réseaux sociaux est quasi obligatoire. L’écrivain les utilise pour développer sa base d’admirateurs et se fait connaître. Ça ajoute une option de diffusion très performante et peu coûteuse, pour interagir avec les lecteurs.
Ce sujet a été discuté longuement dans un autre module. Je vous invite à consulter le texte suivant : Marketing 301 — les réseaux sociaux.
Dois-je développer un blogue ?
Cet outil peut apporter une belle manière de communiquer avec ses lecteurs et pour se faire connaître.
Un blogue ressemble à un site Web, mais il est plus « vivant ». On y dépose des articles de moins 500 mots, généralement accompagnés de photos ou de liens Internet. Ces billets rendent compte d’une réalité autour d’un sujet donné ou d’une profession. À la manière d’un journal de bord, ces publications datées identifient l’artiste et se succèdent dans un ordre antéchronologique, c’est-à-dire du plus récent au plus ancien. Chaque hébergeur prévoit d’autres possibilités, comme l’abonnement pour ceux qui veulent suivre l’écrivain, le classement des textes et l’archivage par thèmes (voyages, actualités, lectures, etc.).
Ces fonctionnalités sont généralement gratuites, mais il faut parfois obtenir un nom de domaine particulier. Le site le plus connu est WordPress.fr.net, mais il y en a d’autres. La plupart des hébergeurs de sites Web offrent également l’option de blogue.
Pourquoi ajouter un blogue ? On place des informations concernant l’auteur sur un site Web. C’est statique. Le blogue, lui, permet de « parler » à ses admirateurs aussi souvent que l’on veut. En retour, les lecteurs peuvent commenter les textes ou envoyer des questions particulières. L’interaction est donc plus directe. De beaux échanges peuvent survenir…
De plus, chacune des publications est référencée, par le biais de mots-clés, pour apparaître dans les fureteurs comme Google ou Safari. Ça contribue à accroître sa visibilité vers ceux qui s’intéressent au sujet traité dans le livre et, peut-être, augmenter le nombre de clients. Ça devient un outil marketing important.
À quoi sert une infolettre ?
À priori, l’infolettre sert à communiquer avec les personnes qui s’intéressent à l’auteur. C’est un outil différent du blogue dont on peut trouver les billets en furetant sur le Net. Quant à l’infolettre, il est obligatoire de s’abonner pour la recevoir.
À titre d’exemple, j’utilise les deux manières. Je n’y discute pas les mêmes informations. Le blogue me permet d’écrire sur divers sujets variés, comme mes voyages, mes réflexions sur le milieu littéraire et, bien sûr, mes livres. Mes infolettres sont plus courtes et plus informatives. Elles servent de pont entre mes propos détaillés sur mon blogue, sur mon site Web ou ailleurs.
La publicité
Est-ce possible de faire de la publicité gratuite ? On me pose souvent la question. La réponse n’est pas simple. À part les publications qu’on fait sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Instagram, tout coûte des sous. Une promo sur le blogue, l’infolettre ou le site Web n’apporte pas de dépenses supplémentaires à celles associées au maintien de ses sites.
Par contre, toute autre publicité dans les journaux et la télé peut s’avérer onéreuse. Elle demande généralement une expertise en infographie, en illustration ou en vidéo qui, elle aussi, générera des frais parfois élevés.
Pour ceux que ça intéresse, les informations sont disponibles sur Internet. Il suffit de communiquer avec les équipes de ventes.
D’autres possibilités intéressantes
Le lancement : La plupart des écrivains proposent une telle activité lors de la sortie d’un bouquin. On les organise dans la bibliothèque, une librairie à proximité, un café ou une salle fournie par votre association d’auteurs. Par contre, le rayonnement de visibilité est limité à la ville.
Les séances de dédicaces : Elles sont très populaires dans les Salons du livre, mais on peut aussi les programmer dans la plupart de librairies au Québec. Dans les deux cas, les livres doivent être disponibles pour les libraires. L’option demeure très intéressante pour se faire connaître en région.
Les conférences : Plusieurs développent des conférences d’une heure, sur des sujets traités dans leurs bouquins. Ce service est associé à un avantage important : la rémunération qu’on peut demander pour sa prestation.
Les ateliers dans les écoles : Ces activités restent limitées à ceux qui écrivent pour la jeunesse. On peut également exiger une rétribution. Par contre, pour les artistes qui ont choisi de publier leur livre à compte d’auteur ou en autoédition, il est très difficile de décrocher de tels contrats.
Intégrer le tout dans un plan cohérant
Je dois répéter ici un concept très important : le travail de l’auteur est d’écrire des livres. Ça demande un investissement personnel constant et intense. Toute activité supplémentaire vient gruger sur le temps de rédaction.
Certains vont choisir de déclencher un plan très élaboré qui durera un an ou dix-huit mois, à la publication d’un bouquin. Il concentrera ses efforts à ses communications, au cours de cette période. Par la suite, l’artiste retourne à son clavier pour produire un autre livre. Lors de cette phase, il ne fera aucun marketing.
Pour la plupart des auteurs, créer des romans est une fonction vitale qui se fait tous les jours. Se distancer de son ordinateur trop longtemps reste impensable. Dans ce cas-là, l’écrivain doit faire des choix. Pour le marketing, quelques concepts s’imposent :
- Ne rien faire n’est pas une option.
- Tout faire n’est pas, non plus, un choix viable.
La réalité de chacun se trouve entre les deux. Plusieurs facteurs doivent être considérés :
- Les fonds accessibles ;
- Les fonds accessibles ;
- La capacité de l’artiste en matière d’informatique ;
- Le temps disponible ; et
- Les buts à atteindre (exemple : marketing local, au Québec, au Canada ou à l’international).
Dans tout ça, il est impératif d’établir ce que l’on veut obtenir. Si l’objectif prend la forme d’un éléphant, rappelez-vous qu’on peut l’avaler complètement. Il faut juste le briser en bouchées digestibles et déterminer lesquelles on mangera en premier. Le reste viendra avec le temps.
Je m’abonne au blogue Les défis de Suzie (voir dans l’entête)
Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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