Jour 3 – Lisbonne – tour de ville

Nous devons absorber cinq heures de décalage, subies il y a moins de quarante-huit heures. Nous sommes encore un peu assommés. Le résultat de mes recherches est clair : ça prendra véritablement cinq jours à nos corps pour se réajuster. Heureusement, l’expérience des voyages aidant, nous avons développé quelques trucs. Nous avons dormi deux heures lors de notre arrivée, hier, afin de pouvoir se coucher à une heure raisonnable pour Lisbonne. Ça nous donne un coup de main.

Bien sûr, l’utilisation d’un cadran pour se réveiller s’imposait. Sinon, nous aurions manqué l’autobus ou nous nous serions passés de petit-déjeuner.

Nous prenons le « car », comme le dit Isabella avec humour, notre accompagnatrice de la CAA. Notre guide local s’appelle Isabel. Elle parle un excellent français et ses commentaires sont fort intéressants. Le tour de ville dure un peu plus de trois heures. Nous visitons les parties essentielles de la cité, incluant, pour notre grand bonheur, beaucoup de marche. Au fil de la visite, mon calculateur de pas m’indique que nous avons parcouru à pied, un peu plus de six kilomètres.

Notre premier trajet nous amène la Tour de Belém, qui fait partie du patrimoine de l’UNESCO depuis 1983. Construite au début du 16e siècle, elle représente l’âge d’or de l’exploration maritime par les navigateurs portugais, comme Vasco de Gama, qui fut le premier à se rendre en Inde en contournant le continent africain.

Le premier vol transatlantique d’hydravion s’est opéré entre Lisbonne, au Portugal, et Rio de Janeiro, au Brésil. On peut voir, sur la photo suivante, que l’appareil, fabriqué de métal, n’offrait aucun confort au pilote, Sacadura Cabral, et à son navigateur, Gago Coutinho. Il devait faire très froid ou très chaud, selon le moment de la journée. Ils sont partis en mars 1922 et sont arrivés en juin de la même année. On peut donc conclure qu’ils ont fait plusieurs arrêts en chemin.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la croix sur l’appareil est celle du Saint-Christ, non pas la croix de fer (eisernes kreuz) utilisée par l’armée allemande au cours de la Grande Guerre (14-18). Les templiers du moyen-âge utilisaient la croix du Saint-Christ. Aujourd’hui, elle demeure l’emblème de l’aviation portugaise.

Notre deuxième arrêt nous fait marcher autour du Padrão dos Descobrimentos (monument des découvertes) construit d’abord en 1940, pour l’exposition universelle de Lisbonne. Le monument actuel est une réplique en béton installée en 1960. La carte du monde dessinée en pierres sur le sol, aux pieds du monument, montre l’envergure des découvertes sur la planète auxquelles ont participé des Portugais.

Par un tunnel, nous avons traversé l’immense boulevard Augusta pour nous retrouvé devant le Mosteiro de Jeronimos (Monastère des Hiéronymites) construit à la demande du roi Manuel 1er, à partir de janvier 1502. L’édifice est payé par les profits de la couronne dans le commerce des épices et d’autres voyages Amérique.

De là, le bus nous transporte à la place Rossio, dans le quartier de la Baixa. Cette place est un point important pour des rencontres commerciales, sociales ou touristiques. Les boutiques s’installent sur les trottoirs pour offrir leurs marchandises. Au milieu des larges rues, une multitude de restaurants offrent des menus variés. Chaque coin de rue nous présente des musiciens qui nous chantent des airs de Fado. L’ambiance est à la joie, même s’il y a beaucoup de monde.

Notre guide Isabel nous fait longer ces rues lentement, nous indiquant le chemin à suivre jusqu’à l’ascenseur public Castello qui nous fait grimper, d’un coup, l’équivalent de cinq étages. Merveilleux !

C’est ainsi que nous nous retrouvons dans le quartier Alfama, le secteur historique de la ville. Les rues en pente et jamais droites nous rappellent d’autres villes médiévales que nous avons visitées ailleurs en Europe. Ça sent le vieux. Je parlerai plus de ce quartier demain, car nous y passerons une partie de la journée. Je vous laisse quand même avec une photo.

De retour à l’hôtel, nous avons pris le temps de nous reposer et de manger un peu. À moins de 300 mètres de l’hôtel, dans le quartier des Avenidas novas, il y a le miradouro del Parquez de Edouardo VII (parc Edouard VII) d’où on nous promet des prises de vue fantastiques sur ce grand espace vert tout en pente vers la Plaça del marquès de Pombal. Il a été construit sur l’ancienne carrière de la ville, celle qui a fourni les pierres pour de nombreux édifices, un peu partout dans la ville. Cette sortie était sur notre liste importante de chose à voir.

Photo tirée de Wikipédia.

Le marquis de Pombal a été un homme très important pour la ville de Lisbonne. Il était le chef de l’état portugais, nommé par le roi Joseph 1er, de 1750 à 1777. Il a répondu avec énergie au tremblement de terre de 1755. Il a dirigé la reconstruction du quartier de la Baixa avec des innovations antisismiques.

Le marquis de Pombal a laissé une réputation controversée. Son apport plutôt à la politique et aux finances du pays n’était pas apprécié de tous. Succédant à son père, la reine Marie 1re trouvait les manières de Pombal trop austères. En 1777. elle destitue le marquis et l’accuse d’abus de pouvoir, avant de l’envoyer en exil.

Demain, nous avons la journée libre à Lisbonne. Dans ma prochaine publication, je vous parlerai de notre vadrouille dans le quartier Alfama et la partie commerciale de la capitale.


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