Les carouges à épaulettes sont présentement en période de nidification
Depuis sept ou huit ans, un couple de carouges à épaulettes établit, chaque année, son nid dans les hémérocalles qui poussent au fond de notre cour arrière. Auparavant, ces oiseaux nichaient dans un champ vague, derrière notre maison, mais un coyote affamé l’a forcé à changer sa stratégie. La femelle a choisi de placer son nid à l’intérieur de notre cour. Le coyote n’est plus là, mais le champ vague a été comblé par une immense bâtisse.
Quand même, il est beau ce mâle tout noir avec ses épaulettes colorées de rouge vif et de jaune éclatant ! Si fier ! La femelle est un peu plus discrète, avec des couleurs de terre, mais elle est tout aussi distinguée.


Le scénario est le même chaque printemps. À la fin de mai ou au début juin, le mâle se perche au-dessus de moi pour m’annoncer la nouvelle. Son cri, une sorte de clic, clic, clic, clic, est très clair : « Ne t’approche pas du nid ! » Je lui souris en lui disant: « J’ai compris ». Pour les semaines suivantes, je reste loin de cette partie de la cour. J’endure donc la mauvaise herbe qui y pousse, jusqu’à la fin de juin. J’aime la nature. Je me plie donc au caprice de mon joli carouge…
Cette année, je trouvais curieux que mon bel oiseau, avec qui j’ai développé une si bonne relation, me suive sur le côté de la maison. Ça m’a pris du temps à comprendre. Je reconnaissais son avertissement, le clic, clic, clic, mais je me disais que le nid était à plus de vingt mètres de ma position. Donc, pas de danger… pour les oisillons…
Puis son cri a changé pour ressembler à celui d’une corneille en colère. Pourquoi est-il devenu aussi agressif à mon égard ? Il volait en rase-mottes au-dessus de mon dos quand je désherbais la platebande d’à côté. La dernière fois, il m’a arraché mon chapeau rouge. Je me suis crue au milieu d’un film d’Alfred Hitchcock… Voilà que j’avais peur d’une bête qui fait le millième de mon poids! Coudonc !
Mon analyse m’a fait comprendre qu’une deuxième femelle carouge a fait son nid dans une talle d’hémérocalles qui pousse sur le côté de la maison. Son mâle est plus agressif que l’autre qui se tient dans la cour arrière. Le nid est à quelques pouces du sentier qui mène à la cour, là où je m’accroupis pour nettoyer la platebande, et à trois pieds de la porte de la clôture qui donne accès à l’arrière de la maison. Pas moyen de l’éviter.
Quelques lectures m’ont permis de comprendre que l’agressivité de ces oiseaux est fort connue. La ville de Toronto a dû mettre des affiches dans ses parcs pour informer ses visiteurs. Des gestionnaires de bâtiment à Montréal ont dû condamner une porte durant la nidification, parce que le nid était trop près et que le carouge attaquait les passants.
Le carouge à épaulettes est répandu surtout dans le sud du Québec. Il préfère les milieux ouverts et humides, comme les marais et les champs. On le trouve dans les terres basses du Saint-Laurent (chez nous donc !) et le sud des Appalaches, où il y a de fortes densités de l’espèce. Il est également présent dans les zones humides et les paysages arbustifs au sud de la limite des arbres, s’étendant jusqu’à la Baie-James.
La bonne nouvelle est que ce comportement va cesser bientôt. La femelle couve les œufs, 3 ou 4 par portée, sur une période de 11 à 12 jours. Comme je l’ai vu se nourrir par elle-même, la semaine dernière, j’interprète que les oisillons sont nés. Ils quitteront le nid entre 11 et 14 jours après l’éclosion.
Donc, à la fin de juin, les agressions cesseront… pour cette année. D’ici l’an prochain, je chercherai une manière d’empêcher la nidification, du moins sur le côté de la maison. Ça ne le mettra pas en danger. La documentation sur le sujet indique qu’il préfère changer le lieu de la nidification à chaque couvée… Ah ! Je vais juste l’aider à… aller voir ailleurs !
J’ai aussi lu que les carouges à épaulettes sont polygames et que chaque mâle peut protéger jusqu’à 10 femelles, donc, dix nids… Ça fait beaucoup de petits bébés carouges, ça. Si la moitié sont des mâles et qu’ils invitent tous dix femelles à faire leur nid dans ma cour, l’an prochain…. ouf !!
J’aime la nature, bien sûr, mais là, c’est trop ! Trop ! Je le répète, c’est trop.
Il y a sûrement une manière de les décourager à faire leur nid dans mes hémérocalles… sans, bien sûr, reléguer toutes mes merveilleuses fleurs orange dans le compostage.


J’adore faire de la recherche en tous genres. Ça sera une autre occasion d’améliorer mes connaissances.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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