Regrettes-tu d’avoir choisi l’autoédition ?

Il y a huit ans, à l’automne 2016, je décidais de poursuivre ma carrière d’écrivaine commencée quatre ans plus tôt. J’ai choisi le modèle de l’autoédition qui correspondait le mieux à ma vision.

Depuis, ma courbe d’apprentissage s’est avérée très abrupte et j’ai travaillé fort pour développer ma maison Éditions du Défi, tout en poursuivant un rythme d’écriture très intense. Je n’ai jamais remis en question ce choix.

Quand je retourne en arrière, je me revois en novembre 2012 devant Marie Brassard pour signer mon premier contrat de publication pour le livre Le Pays de la Terre perdue, tome 1 — Le Réveil. Marie était l’éditrice de Véritas Québec, une maison d’édition à compte d’auteur. Elle reconnaissait ma capacité de gérer mes propres projets, mon expérience de gestion et de direction dans une grande entreprise, mon diplôme de MBA et ma compétence avec le facteur humain. Elle m’a d’abord recommandé de créer ma propre maison d’édition tout en m’offrant le coaching pour y arriver.

J’aurais pu. Je le savais. Je n’étais pas prête. Je voulais écrire et laisser l’édition à quelqu’un d’autre. Sous le coaching de Marie, j’ai appris le métier d’écrivaine. Généreuse, elle m’a aussi enseigné le métier d’éditrice.

Ensemble, nous avons travaillé fort pour publier les six tomes de la collection en trois ans. Plus de 3000 pages ! Un tour de force, bien sûr. Ça en valait tellement la peine. Malgré le temps, cette collection est toujours populaire, en librairie comme sur Amazon.

 L’année 2016 fut d’abord une période de turbulence. Le recueil, intitulé Des nouvelles du Pays de la Terre perdue, publié chez Véritas Québec m’a laissée insatisfaite. Bien sûr, Marie et moi avons travaillé de concert pour offrir ce dernier livre aux lecteurs de la collection Le Pays de la Terre perdue (six tomes et un recueil de nouvelles). Par contre, je savais que mon écriture ne s’arrêterait pas à cette collection. Je voulais passer à un autre rythme et à une autre étape. Les suspenses flottaient dans ma tête et je voulais m’y attarder. Que faire avec mes textes de voyages ? Est-ce que je mettrai en place ce concept de livres pour enfant née en octobre 2015, à Shippagan ?

Surtout, je proposais un style d’édition différent et je savais que Marie ne me suivrait pas dans mes choix.

À la même période, je regardais du côté des maisons d’édition à compte d’éditeur (agréées). Je voyais d’autres écrivaines et écrivains attendre des mois avant de recevoir une réponse… ou pas. Les refus qui s’additionnaient les décourageaient. D’autres ont accepté trop vite, sans vraiment lire le contrat ou vérifier le travail de l’éditeur, pour en subir de lourdes conséquences. Si certains parlaient de leur expérience avec enthousiasme, d’autres en sortaient insatisfaits et amers.

Il y a d’excellentes maisons d’édition au Québec, et quelques-unes s’intéressaient à mes écrits. Devais-je suivre ce chemin ? J’hésitais.

J’écris dans un contexte de collection ou de trilogie. La question la plus importante restait la même : Pouvez-vous me garantir que vous continuerez de publier les tomes même si, par exemple, l’éditeur change ? Personne ne peut prévoir l’avenir et l’absence de garantie m’étouffait.

Je ne connaissais pas l’avenir, bien sûr, mais je pouvais prendre le contrôle de ma carrière en assumant moi-même les risques associés à mes décisions. L’autoédition devenait le seul choix plausible.

Quatre ans après la signature de mon premier contrat de publication je me laissais guidée par Sylvie et Simon Dulac, de Bouquinbec. En novembre 2016, j’ouvrais ma maison les Éditions du Défi. Bouquinbec se spécialise dans le domaine de l’autoédition en fournissant une sorte de « coffre à outils » pour ceux qui veulent prendre cette direction. Avec leur appui et leurs précieux conseils, j’ai construit mon entreprise et mon programme d’édition de livre. Depuis, j’ai publié vingt livres et ce n’est pas fini ! En 2018, j’ai intégré la collection du Pays de la Terre perdue à ma maison.

Quand je visite les Salons du livre, mes bouquins ont fier allure !

On peut se procurer tous mes livres sur la boutique et en librairie au Québec. Ils sont aussi disponibles dans le monde entier, sur la plateforme Amazon.

Depuis huit ans, je retire une aussi grande satisfaction de mon rôle d’éditrice que de celui d’écrivaine. Je ne reviendrais pas en arrière.


2 réponses à « Regrettes-tu d’avoir choisi l’autoédition ? »

  1. Félicitations ! Quel boulot, quel chemin. Ouah ! J’ai aussi auto-édité quelques livres. Et je continuerai à le faire. Je dois travailler sur la publicité, le marketing et la vente, ce qui sont les points faibles : mal à l’aise, timide, réservée, je déteste me mettre sous les feux des projecteurs. Mais le fait que je reverse les bénéfices de ventes (faibles donc, mais néanmoins présents) à une association de mon pays, cela m’encourage à sortir de ma zone de confort pour ces associations.
    Après quelques années de silence et d’absence, je reviens tout doucement dans l’écriture et réveille la bête d’écriture qui est en moi (rires).

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    1. Bravo ! Et merci de votre commentaire très inspirant.

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