Publication en autoédition

Depuis quelques années, au Québec, le consensus sépare l’autoédition du modèle de publication à compte d’auteur. L’autoédition prévoit que l’écrivain gère lui-même la production et la diffusion de son ouvrage. Ainsi, il assume l’ensemble des risques financiers. L’auteur est également l’éditeur de son œuvre et en assume toutes les responsabilités. Il contrôle le processus d’édition en collaboration avec des professionnels de l’édition.

L’auteur devient un entrepreneur et assume la gestion de projet pour la production et la publication de son livre. Ça implique d’établir des contrats avec des professionnels du livre dans le but de produire son bouquin de manière traditionnelle, ce qui comprend :

  1. La vérification linguistique
  2. La mise en page
  3. La demande d’ISBN
  4. La correction d’épreuves
  5. L’impression
  6. La diffusion et la distribution (certains la feront eux-mêmes)
  7. Les dépôts légaux
  8. La mise en marché, incluant les EPUB.

L’organisme Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) répond à cette question dans son petit guide de l’autoédition que l’on retrouve sur son site Web. Selon cet organisme, un éditeur est une personne physique ou morale qui assume la production et la publication d’un document.

Depuis quelques années, les auteurs-éditeurs sont inclus dans les programmes de financement de la CALQ qui s’adressent généralement aux auteurs qui publient avec des éditeurs agréés. De plus, il existe de la formation en édition de livre. On peut choisir de compléter des cours de formation privée, d’obtenir un certificat au cégep ou de fréquenter l’université. Ça demande un investissement en argent et en temps, mais ça vaut la peine.

Je recommande également à l’auteur de créer sa propre maison d’édition et de l’inscrire au registre des entreprises du Québec. Curieusement, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, cette action donne une légitimité à la décision. Disons que le milieu littéraire n’évolue pas très vite. Certains libraires refusent les livres qui ne sont pas publiés par une maison d’édition. C’est la même chose dans les Salons du livre et plusieurs distributeurs. C’est complètement tordu, me diriez-vous ? Surtout si la maison d’édition appartient à l’auteur !!! Vous auriez raison. Parfois, il vaut mieux «jouer dans les règles» quand on cherche à se faire une place.

Bien sûr, le milieu colporte des inepties à propos de ce modèle d’édition. La pire touche le fait que l’auteur-éditeur publie n’importe quoi parce qu’il n’est pas en mesure de « sélectionner » ses œuvres. Je rappelle que la notion de «sélection» par les maisons d’édition est elle-même… élastique, disons. Pour en savoir plus, consulter le texte «publication à compte d’éditeur».

D’autres part, il y a de plus en plus d’écrivains qui choisissent sciemment ce modèle d’édition. C’est mon cas. Mon analyse a démontré que l’autoédition était la meilleure option en tenant compte de mes choix d’écriture, de mes compétences et… de mon caractère rebelle et fonceur. Je m’y sens très à l’aise.

Le plus grand inconvénient de cette méthode est l’absence de recul face à son oeuvre. Quand décide-t-on de publier son oeuvre ? Et si le texte n’est pas mature ? ou médiocre ? L’auteur est-il en mesure de porter le jugement approprié ? L’auteur-éditeur s’entoure donc de personnes hautement qualifiées et crée des comités de lecture. Ainsi, il recueille des commentaires qui l’aident à décider si son texte est publiable et s’il a atteint la maturité requise pour passer à la phase de l’édition.

L’autoédition prend de plus en plus de place dans le milieu littéraire québécois. On ne peut plus l’écarter du revers de la main… ou la ridiculiser. On retrouve ces livres en librairies, en Salons du livre et sur Amazon. Le modèle d’autoédition continue d’évoluer.

Les points positifs :

  • L’auteur devient son propre entrepreneur. Il a le contrôle entier sur le processus.
  • Vous avez le droit à de l’aide financière pour développer votre carrière (pour faire de la recherche, entre autres). (CALQ)

Les points négatifs :

  • Le travail exige des compétences de gestion de projets et en finance.
  • L’investissement en temps, entre autres pour transiger avec les professionnels du livre, est important.  
  • Les mises de fonds sont plus importantes que pour les autres modèles. En effet, les maisons à compte d’auteur et à compte d’éditeur produisent jusqu’à 50 bouquins par année. Ainsi, elles peuvent bénéficier d’économie d’échelle lors de la négociation de contrats avec les professionnels du livre. Les maisons les plus importantes engagent du personnel qualifié.

En conclusion, la décision d’opter pour l’autoédition requiert une grande préparation. Entre autres :

  • Assurez-vous d’acquérir les compétences en gestion appropriées au milieu littéraire  avant de commencer.
  • Créer votre propre maison d’édition.
  • Attendez d’avoir les fonds nécessaires avant de commencer votre projet. Éviter l’endettement, car vos premiers projets ne seront peut-être pas rentables.

Si l’autoédition vous intéresse, je vous suggère de communiquer avec des auteurs qui utilisent ce modèle avant de vous lancer. Leur expérience pourra vous servir dans votre décision.


4 réponses à « Publication en autoédition »

  1. […] modèles de publication présents au Québec sont le compte d’éditeur, le compte d’auteur et l’autoédition. Je m’attarderai à chacun d’entre eux dans des publications subséquentes. Pour le moment, je […]

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  2. […] fois, on me dit que mes romans ne peuvent pas être bons parce que j’ai choisi l’autoédition pour les publier. Ah ! Là ! Je m’amuse. Avec le sourire, je les fais changer d’avis. Je […]

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  3. […] La publication de livre au Québec La publication à compte d’éditeur La publication à compte d’auteur La publication en autoédition […]

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  4. […] d’édition de livre au Québec : Le compte d’auteur, le compte d’éditeur et l’autoédition. Elles ont chacune leur valeur propre et elles offrent des défis différents pour l’auteur. […]

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