Publication à compte d’éditeur

La maison à compte d’éditeur assume entièrement les frais de production et de commercialisation du livre. Selon certains critères, la maison à compte d’éditeur est éligible à l’agrément livré par le Ministère de la Culture et des Communications.

L’auteur fournit un manuscrit et accorde à l’éditeur les droits nécessaires à l’exploitation de son œuvre en contrepartie de somme versée à titre de droits, de redevances ou de montant forfaitaire par l’éditeur. Les revenus de l’éditeur proviennent de la vente du livre et de l’exploitation des droits accordés au contrat d’édition.

Tenant compte de ce qui se dit au sujet de ce modèle d’édition, je tiens à rectifier certaines affirmations qui m’apparaissent erronées:

  • On appelle parfois ce modèle « l’édition professionnelle ». Or, l’obtention d’un agrément ne garantit pas que le travail effectué est professionnel. Il suffit de visiter une bibliothèque, une librairie ou un salon du livre, et de mettre le nez dans quelques livres. On comprend vite que certaines maisons agréées n’exécutent pas un travail de qualité.
  • On qualifie aussi ce modèle « d’édition traditionnelle ». À mon avis, ce terme fait plutôt référence au processus d’édition lui-même qui propose toutes les étapes d’édition (sélection, révision linguistique, illustration, mise en page, correction d’épreuves, impression, etc.) par des gens dont c’est le métier.
  • Selon certains éditeurs, le processus de « sélection » les distingue avantageusement des autres types d’édition. On prétend ainsi que seuls les meilleurs textes sont publiés. J’en doute ! D’abord, plusieurs éditeurs procèdent par « coup de cœur ». Ensuite, nous savons que l’auteur déjà connu (à la télé, par exemple) verra son livre accepté avant ceux d’autres auteurs. En fait, ces entreprises sont à buts lucratifs. Dans certains cas, on paiera un écrivain fantôme pour faire la biographie d’une personnalité publique qui ne sait pas écrire ou qui n’a pas le temps de la rédiger. Ainsi, pour la « sélection des meilleurs », on repassera.

On retrouve d’excellentes maisons à compte d’éditeur au Québec. Plusieurs d’entre elles sont agréées. On les reconnaît par le respect qu’elles accordent à l’auteur, par la rigueur de leur processus et par la qualité des livres publiés. Par contre, certains éditeurs abusent de leur pouvoir. Quand ça arrive, ça fait beaucoup de tort à l’auteur et à son œuvre.

Beaucoup d’écrivains veulent qu’une maison à compte d’éditeur s’occupe de leur livre parce qu’elle paie entièrement la production et la mise en marché. Ça évite de débourser des sous. Ces auteurs acceptent de ne recevoir que 10 % des prix de détail des livres vendus.

Voici quelques informations importantes concernant le compte d’éditeur :

Les points positifs :

  • Les maisons bien établies apportent de la notoriété et du prestige. Le milieu du livre (les critiques, les Salons du livre, l’ANEL, les journaux, la télé et les libraires) donne un avantage aux maisons à compte d’éditeur. Ça favorise la présence de leurs livres dans les salons et à la télé, par exemple.
  • Vous avez le droit à de l’aide financière de la CALQ pour continuer votre carrière (pour la formation et pour faire de la recherche, entre autres).
  •  Ne comporte aucun risque financier pour l’auteur.

Les points négatifs :

  • À peine 3 % des manuscrits présentés à ces maisons d’édition seront sélectionnés pour publication. 
  • L’éditeur choisit en premier le livre qui lui garantit un meilleur revenu. À qualité égale, les personnes qui ont déjà une notoriété publique (la télé, par exemple) voient leur livre plus facilement accepté par de grandes maisons.
  • Vous avez peu de contrôle sur les décisions prises (couvertures, titre, caractère du texte, etc.).
  • La longévité du livre est très courte. La première année, on vous invite dans les Salons du livre. Lors de la troisième année, votre livre pourrait bien être pilonné (détruit).
  • Le délai de réponse à la suite de la présentation de votre manuscrit est généralement très long, de l’ordre de six à douze mois.
  • La plupart du temps, vous ne recevrez pas d’accusé de réception ni de réponse. Si le délai indiqué sur le site Web est dépassé, considérez que votre manuscrit n’a pas été accepté. 
  •  Les redevances sont dérisoires…

En résumé, le compte d’éditeur est un modèle efficace pour certains auteurs. J’en connais plusieurs qui s’accommodent très bien de ce que proposent ces maisons d’édition. Par contre, d’autres personnes sont restées désabusées et amères de leur expérience.

Il convient de faire une bonne analyse de ce que proposent ces maisons, avant de signer un contrat. Il est facile de communiquer avec quelques auteurs de la maison pour leur poser des questions sur le paiement des redevances, la manière dont on les traite, le contact avec l’équipe de direction, etc. La plupart d’entre eux vous raconteront facilement leur expérience. D’ailleurs, si on ne vous répond pas… prenez ce refus comme une alerte.

Rappelez-vous que l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) offre d’analyser votre contrat avant la signature, afin de vous aider à prendre une bonne décision. Le service est offert aux membres et aux non-membres. Profitez-en ! C’est gratuit !

Bonne chance !


4 réponses à « Publication à compte d’éditeur »

  1. […] modèles de publication présents au Québec sont le compte d’éditeur, le compte d’auteur et l’autoédition. Je m’attarderai à chacun d’entre eux dans des […]

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  2. […] Bien sûr, le milieu colporte des inepties à propos de ce modèle d’édition. La pire touche le fait que l’auteur-éditeur publie n’importe quoi parce qu’il n’est pas en mesure de « sélectionner » ses œuvres. Je rappelle que la notion de «sélection» par les maisons d’édition est elle-même… élastique, disons. Pour en savoir plus, consulter le texte «publication à compte d’éditeur». […]

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  3. […] publication de livre au Québec La publication à compte d’éditeur La publication à compte d’auteur La publication en […]

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  4. […] utilisé les trois formes d’édition de livre au Québec : Le compte d’auteur, le compte d’éditeur et l’autoédition. Elles ont chacune leur valeur propre et elles offrent des défis […]

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Répondre à Édition professionnelle ? Quoi ? – Les défis de Suzie Annuler la réponse.