voyage – 6 juin 2017
Les voyages forment la jeunesse, mais fatiguent les plus vieux…
Deux Québécois (Suzie et Denis) arrivent à Prague, un endroit qu’ils ne connaissent pas, du moins pas encore. Le manque de sommeil et le dépaysement leur donnent un air hagard plutôt drôle. Ils s’arrêtent à tout moment pour examiner ce qui se passe autour d’eux sans vraiment trouver ce qu’ils cherchent.
Il faut donc être patient avec eux, le temps que leurs repères s’installent. Ils sont surpris qu’on leur demande d’où ils viennent quand ils passent la sécurité, surtout quand la question arrive d’abord dans une langue qui leur est totalement étrangère. Le réflexe de répondre « what ? » fait des miracles et la
question revient dans une langue qu’ils reconnaissent.
Quelques minutes plus tard, nos touristes peinent à repérer leurs bagages tant les lieux ne leur sont pas familiers. Heureusement, les tapis à bagages sont exprimés en chiffres tout comme les vols d’avion. Pour le reste, c’est du chinois comme disait ma grand-mère. Ou plutôt du Tchèque. Ouf !
Au cours du transport en bus entre l’aéroport et l’hôtel, les deux touristes tentent de comprendre leur nouvel environnement où ils vivront pour quelques jours. D’abord, il y a les panneaux de signalisation. Bien sûr, ils ressemblent à ceux qui se trouvent chez eux. Des flèches indiquent les directions, mais la question est de savoir où mènent les flèches. Il n’y a pas moyen de mettre ensemble les noms que les touristes observent sur une pancarte et les mots que prononce la guide. « Ce ‘c’, là, je crois qu’elle vient de le prononcer en ‘ tch ‘… merde, il n’y a rien à y comprendre ! » se dit la femme.
Épuisé, l’homme s’essuie le front, écoute attentivement les instructions
qui n’entrent plus dans sa cervelle. « Mais, qu’est-ce que je fais ici ? » exprime
son visage pendant un moment.
La situation se complique quand, à l’arrivée à l’hôtel, un membre bien
intentionné du personnel essaie de brosser le topo des environs, dans un Anglais fort accentué, à nos touristes fort fatigués et dont le cerveau est saturé d’informations. Bien sûr, leur chambre ne sera pas prête avant au moins trois heures et on les encourage à commencer leur visite toute de suite. « Vous n’avez pas un lit quelque part où l’on pourrait dormir trois heures ? » se demandent les touristes sans prononcer un mot.
On leur montre une carte des environs. Curieuse, la femme pointe du doigt
une rue dont le nom contient un peu trop de consonnes : Vrchlického.
— Ça se prononce comment ? demande-t-elle.
— ⚡️◎€ ¢~° ©⁉, répond l’employé.
— Ah bon, réplique la femme qui n’arrive pas à mettre ensemble la prononciation et le mot sur le papier.

Le couple décide donc de faire un tour dehors. Munis d’une carte bilingue (anglais – tchèque), nos touristes trouvent finalement le chemin de travers dont leur a parlé l’employé de l’hôtel pour emprunter la rue Lidická. Les trams sont partout et de toutes les formes. Certains sont modernes, d’autres plus anciens.
Au fil de leur marche, ils trouvent un magasin Tesco. Aussitôt, un repère s’installe. N’est-ce pas le tout premier magasin de grande surface qu’ils ont visité lors de leur première incursion en Écosse en 2001 ? Eh oui ! Les touristes sont heureux. Ils se sentent un peu chez eux.
Une demi-heure plus tard, après avoir longé trois rues de trop, ils trouvent la station métro, qu’ils cherchaient en préparation de leur journée du lendemain. Rassurés, nos touristes rentrent à l’hôtel pour récupérer leur chambre et roupiller une heure ou deux avant de ressortir à la recherche d’un restaurant pour leur souper.
Ils respirent mieux et leur regard paraît moins hébété. Le fait d’avoir dormi ? Le Tesco ? Peu importe ! Ils sont à Prague ! Bien sûr, ils en ont encore beaucoup à apprendre, mais ils savent maintenant qu’ils y arriveront.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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