Écriture — est-ce que mon livre plait ?

Cette fois, la question vient d’autres auteurs. Ça fait aussi partie de tous les doutes qui assaillent les écrivains, pour chacun de leur livre. Si on pond un roman surtout pour répondre à un besoin viscéral très personnel, l’édition de notre histoire l’amène dans les mains des lecteurs. il est parfois difficile de savoir si notre style est apprécié. Pourtant, cette facette de la vie d’écrivain est beaucoup plus importante que le nombre d’exemplaires qui circulent. La rédaction et la publication prennent du temps et, surtout, beaucoup d’énergie et de persévérance. 

Bien sûr, il y a les ventes elles-mêmes qui nous donnent une indication, mais ce ne sont que des chiffres. Si on achète mon roman, ça ne me dit pas si les lecteurs l’adoptent. Quand je me présente en librairie, on connaît le produit et on me reçoit dans la bonne humeur et avec un large sourire. OK ! C’est intéressant en soi…

J’obtiens les appréciations au compte-goutte. Rien ne me fait plus plaisir que la demande expresse : « À quelle date le prochain sera-t-il en librairie ? J’ai tellement hâte ! » Je comprends que certaines personnes attendent la sortie du dernier avant de plonger dans le récit et je respecte cette décision qui leur permettra de lire l’histoire d’un seul coup. Je patienterai pour savoir. Je reçois aussi de beaux messages via Facebook et mon blogue. Ça me fait tellement plaisir. Ça nourrit mon âme.

Cette année, la deuxième de mon aventure dans le monde littéraire, j’ai obtenu d’autres commentaires qui me rendent euphorique. Mes romans se trouvent dans presque toutes les bibliothèques du Québec et il n’est jamais sur le rayon. Wow ! Durant le Salon du livre de Sherbrooke, je me suis présentée au comptoir des bibliothèques de la ville pour demander si on connaissait la série « Le Pays de la Terre perdue ». La réponse est venue avant que je termine ma phrase. Je n’ai même pas eu le temps de m’identifier.

— Bien sûr que nous l’avons ! 

Quelques clics sur le clavier et je vois apparaître l’image du tome I, Le réveil, avec une longue liste de noms. La personne m’informe d’un air soucieux. 

— Par contre, pour l’obtenir, il faudra mettre votre nom sur la liste d’attente, m’indique le commis. 

Une liste d’attente ! Je jubile. Je m’approche de l’écran. 

— Hum ! Comment faites-vous pour savoir qui a lu chacun des tomes ? demandai-je.

On me regarde d’un drôle d’air.

— Cette page ne montre que le tome I ! me répond le commis. Voyez, c’est la même chose pour les autres. La sortie du bouquin n’arrête pas ! Cette liste n’a été constituée qu’à partir d’avril 2014. C’était pareil l’an passé ! Peut-être devriez-vous l’acheter si vous voulez l’avoir tout de suite. 

Mon cœur s’emballe et j’ai l’impression de flotter à quelques pouces du sol. C’est certain que, dans une bibliothèque, les gens ne sont pas obligés de lire mes livres… Le fait qu’ils le fassent, quitte à patienter quelques mois, est une belle indication de la réaction positive, collective même, à l’histoire racontée. La gentille dame place la page du tome IV sur l’écran. Je vois une dizaine de noms écrits en rouge. 

— Pourquoi ces noms sont-ils en couleur ? 

— C’est la liste d’attente. Le livre arrivera au cours des prochains jours.

Je suis retournée à ma séance de dédicaces avec un large sourire, une sorte de ressort dans les jambes et le corps rempli d’énergie. « On aime mon livre… c’est sûr… »  Mon histoire est performante ! Ça fait tellement plaisir ! Merci à tous. 

Puis, il y a eu cette petite bibliothèque d’un village des environs dont la gestionnaire est venue acheter le tome IV « parce que ses membres l’attendent impatiemment ». À Montréal, une autre bibliothécaire a affirmé ne pas avoir lu mes bouquins parce qu’ils ne sont jamais sur le rayon. On me parle d’originalité de l’histoire, de l’engouement pour mon héroïne, de la qualité de l’écriture, de la belle philosophie que contient le roman, la quête de sens. Wow ! Merveilleux ! 

Mes livres plaisent !  C’est sûr ! Cette réalisation me donne du vent dans les voiles. Je vogue allègrement sur cette mer ouverte, l’univers étrange du milieu littéraire. Le résultat de cette deuxième année qui s’achève renouvelle mon souffle qui me fera continuer de vivre dans mon monde créatif.

Longtemps. Il y a d’ailleurs cette idée qui fait son chemin dans ma tête : une nouvelle aventure qui se déroulera en dehors de la série « Le Pays de la Terre perdue ». Mais d’abord, il me reste à publier les tomes V et VI de la collection. 2015 sera aussi bien remplie.

Vous ne connaissez pas encore les aventures de Nadine au Pays de la Terre perdue ? Plonger ! Procurez-vous le premier tome et vous serez conquis ! La collection est disponible en version imprimée et numérique dans les librairies et les bibliothèques.

En résumé. quand on travaille fort, qu’on fait bien les choses, nos livres vont plaire. J’ai été gâté avec cette collection qui a captivé des milliers de lecteurs au Québec. Je sais que ça ne sera peut-être pas toujours la même chose avec les autres livres qui flottent dans ma tête pour les adolescents, les enfants et les adultes. Je devrai travailler pour les faire connaître.

Je me sens tout de même choyer de pouvoir pratiquer le métier d’écrivain.

Merci beaucoup à tous mes lecteurs !


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