1er novembre 2013
Au Salon du livre de l’Estrie, qui se tenait du 17 au 20 octobre 2013, j’ai participé à une table ronde avec trois autres auteurs (Michel Jean, Micheline Duff et Élizabeth Tremblay). La question était fort intéressante : « Est-ce que tout ce qui est écrit mérite d’être lu ? » J’ai réfléchi un bon bout de temps avant
l’événement, puis, comme c’est mon habitude, l’idée s’est accrochée à mon cerveau, même après la fin du débat.
Bien sûr, une table ronde ça ne dure que 40 à 45 minutes. C’est bien peu de
temps pour bien interagir. Alors, ce matin, le sujet ne sort pas de ma tête, au
point de déranger mon travail si essentiel, la révision du tome 3 « l’Hiver » de la saga « Le Pays de la Terre perdue. » Vaut mieux que je sorte ça de mon corps si je veux que la journée soit un peu productive…
D’abord, ce jour-là, je suis entrée en scène avec une idée bien à moi. Encore frais à ma mémoire, se trouvaient tous les échelons que j’ai dû gravir pour qu’on accepte de publier mon roman. Ma pensée s’exprimait donc ainsi : « Dès qu’une personne prend le risque de coucher sur papier ses idées, le texte mérite d’être lu même si l’auditoire est restreint… » Hum… j’étais fière de moi ! C’est
ainsi qu’une lettre personnalisée sera lue par un seul lecteur, qu’un récit de
voyage sera consulté par un groupe restreint et qu’un livre trouvera des lecteurs passionnés.
Puis, le débat s’est porté sur l’angle de la lecture comme passe-temps. Nous étions d’accord à peu de chose près. Un lecteur a le droit de ne pas tout lire… on a même émis l’hypothèse que la vie est trop courte pour terminer un roman qu’on n’aime pas. Je suis d’accord. En principe. Mais le lectorat est très large et très varié. Qui suis-je pour dire qu’il n’y a pas de place pour une œuvre que je n’aime pas. Entre autres, je ne lis jamais de romans d’horreur… pourtant, les livres de Stephen King se vendent par milliers d’exemplaires. Je conviens donc que, à titre de lecteur, j’ai le droit fondamental d’aimer ou ne pas aimer un livre. De le lire ou de ne pas le lire.
Par contre, si un bouquin ne m’intéresse pas, il a non seulement le droit d’exister, mais, comme société, nous avons une certaine obligation de le
diffuser. Car il répond au goût, ou même au besoin de quelqu’un d’autre. Qu’en
est-il alors du monde de l’édition ? Je pense que nous devons adopter le mandat de promouvoir bibliodiversité. Je suis entièrement d’accord, mais, comme les autres, j’ai quelques réserves. Si j’étais éditrice et que j’acceptais de publier les livres des autres, je refuserais des romans ou des textes qui font la promotion néonazisme, du racisme, qui rabaissent les femmes, ou la diffamation, par exemple.
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que tout ce qui est écrit mérite d’être lu ?
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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