22 février 2012
C’était une après-midi tranquille. Il faisait nuageux et nous portions nos imperméables. Parfois il y avait un petit crachin qui nous incitait à remettre nos capuchons.
Nous avons d’abord visité l’atelier communautaire situé tout à côté de la maison d’Alfonso. Nous connaissions bien l’atelier où plusieurs d’entre-nous avons trié et préparé les dons pour la communidad de Chilcapamba. Puis, il y avait plusieurs filles qui y avaient leurs chambres.

Antonio Morales, le frère d’Alfonso, nous a parlé de l’économie locale. Les membres de la communidad ne voit pas le terme « économie » en terme d’exportation, d’importation, de rendement financier ou même de « $ ».
Pour eux, l’économie répond aux besoins de la communidad et il y a trois types d’économie, l’agriculture, l’artisanat et l’élevage des animaux de fermes.
Leur économie principale est l’agriculture. Tous les paysans possèdent leur lopin terre et tous la cultivent. Il s’agit plutôt d’une monoculture très visible par l’ensemble des champs de maïs. En y regardant un peu plus, comme ce fut le cas pour notre cueillette d’hier, on trouve les plants de haricots et les plants de Quinoa. (la publication de la cueillette de haricots.)
Bien sûr, au village, on retrouve aussi des citronniers, des plants de tomates, des concombres, des mûres et probablement d’autres plantes que nous n’avons pas vues. Il y a de nombreuses sortes de papas, ou pommes de terre, qui est cultivée dans les Andes depuis 8,000 ans. On les sert frites, en soupe, pillée, rôtie, en pâte.



La deuxième économie de la région, c’est l’artisanat. Les activités principales sont le tissage fait à l’atelier communautaire, ou sur des métiers traditionnels quechuas.

Antonio a expliqué les étapes de la tonte des moutons jusqu’à la production de petits tapis décoratifs qui décrivent la vie dans les Andes. Comme à Chilcapamba l’artisanat se fait surtout quand il pleut, un artisan habile peut prendre de deux à trois semaines, quelques heures par jour, pour produire une pièce de 70 X 100 cm.


Puis, nous sommes partis à pied dans le village, le long des canaux d’irrigation pour atteindre la maison d’un artisan qui fabrique des chaussures avec des fibres d’aloès. Il est un des derniers du village à utiliser cette technique. Si aucun de ses petits-enfants ne veut l’apprendre, la technique se perdra à jamais.
Voici quelques photos prises lors de sa démonstration en trois étapes::
- 1) Retirer les fibres des feuilles d’Aloès;
- 2) Puis, une fois que les fibres sont séchées, l’artisan les tresse pour en faire des cordages;
- 3)Puis, une fois qu’il a 20 mètres de fibres tressées (chaque feuille d’aloès donne un mètre environ), il peut faire une paire de sandales. Ainsi, s’il ne fait que cela, il pourrait fabriquer 2 paires de sandales par semaine.
Je remercie Frédérique, l’une des étudiantes du groupe pour les photos:



Comme c’est long, le commerce s’est ajusté et on peut maintenant trouver des sandales équatoriennes dont les semelles ne sont pas en fibres d’aloès. C’est plus facile à trouver mais, selon les indigènes, beaucoup moins confortables.

La troisième économie vient des animaux qu’ils élèvent. Bien sûr, ils élèvent des poules, des cochons et des vaches pour leur propres besoins et très peu de ces animaux sont vendus pour faire un profit. Nous avons aussi vu des chevaux. Tous ces animaux sont élevés tant pour la nourriture qu’ils peuvent fournir mais aussi pour leur peau, leur laine, le lait, les oeufs etc. Il y aussi des cochons d’inde … dont je parlerai dans une prochaine publication.
Voici quelques photos d’animaux de ferme que j’ai prises au cours de mes marches.




Cette publication aujourd’hui est un peu longue, mais il y a tant à dire sur l’économie locale d’un village andin. J’ai à peine réussi à l’aborder.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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