La retraite – un an déjà

Je me rappelle encore, aussi clairement que si c’était aujourd’hui, la fébrilité qui m’habitaient ce jour-là.

  • J’étais triste de quitter un travail que j’ai aimé et qui m’a habité pendant toute ma vie adulte;
  • J’étais triste de quitter des collègues devenus amis sachant que, la vie étant ce qu’elle est, je ne les reverrais peut-être plus;
  • J’étais contente de cesser de faire une vie rendue trop dure pour ma condition physique;
  • Ayant travaillé les dernières années à Gatineau, j’avais hâte de revenir à la maison.
  • J’avais hâte de commencer les projets de rénovations;
  • J’avais hâte d’avoir plus de temps pour faire les choses à mon goût: les dessins, l’écriture, le plein air, les voyages, les visites chez les gens que j’aime, etc,;
  • Je voulais me retaper une santé.

Même si je n’en parlais pas trop, j’avais une peur viscérale face à ce changement. On n’arrête pas une activité qui, en soi, vous définit depuis si longtemps sans vivre intensément des craintes. Travaillant en ressources humaines, j’avais vu des gens passer par ces émotions, certains rapidement, d’autres péniblement et pendant longtemps. Quelques-uns, même, ne s’en remettent jamais et en meurent.  Mais tout le monde y passe, même si ce n’est que quelques secondes.

Consciente de ce qui m’arrivait, j’ai passé cette journée du 12 mars 2010 à dire bye aux gens et à profiter de chaque minute: dernier tour du bureau, dernière fois que j’utilise ma carte de sécurité, dernier lunch avec mes collègues, dernière fois que je gare ma voiture dans le stationnement sous-terrain, terminer les procédures de départ, remettre cartes et clés à ma patronne, dernière fois que je sors du bureau. L’émotion était beaucoup plus forte que pour un changement de poste. Je l’aimais beaucoup ce job.

Puis ce fut la retraite. Heureusement, je l’avais bien préparée.

Dans la vie, les choses sont ainsi. On vous demande « que faites-vous dans la vie? » Quand je répondais que je travaillais dans le domaine des ressources humaines, je recevais plus souvent qu’autrement des réponses telles que « ah bon! Ce doit être intéressant!  » Quand on répond qu’on est à la retraite, on reçoit le même « ah bon!  » suivi de « mais qu’est-ce que vous faites si vous ne travaillez pas? »

C’est comme si, en se retirant de la vie rémunérée, on cessait d’être quelqu’un. C’est cela qui me faisait peur … devenir .. rien.

Bien sûr, je suis restée moi-même. Le dynamisme qui m’habitait au travail est toujours en moi et s’exprime encore! Parce qu’après réflexion, j’ai compris que ce n’était pas le travail qui m’habitait, mais plutôt ma personnalité et mes compétences qui s’exprimaient dans mon travail.

Aujourd’hui, un an plus tard, je constate que je n’ai pas vu le temps passé.  Je suis très occupée. De plus, je dois encore planifier. Et oui ! Sinon, je serais incapable de tout faire ce que je veux faire !

J’ai réussi à me retaper une santé. J’ai perdu le poids en trop, je me suis remise à l’entrainement et les suivis médicaux nécessaires sont bien en place.

J’ai voyagé avec mon conjoint et les rénovations dans la maison vont bon train. J’ai un compte sur Facebook pour communiquer avec mes amis. J’écris régulièrement. J’ai ouvert un blogue. J’ai lu beaucoup. J’ai dessiné, même si c’est un peu moins que j’aurais aimé. J’ai décoré la maison. J’ai pris l’air à grande gorgée en jardinant, en marchant beaucoup ou en lisant dehors sur le patio.

Encore plus important, j’ai plus de temps pour les miens.

  •  Il y a ma vie avec Denis;
  • J’adore mes visites à Sherbrooke pour voir mes parents; 
  • Je visite mon frère à St- Jean sur le Richelieu.
  • J’adore quand ma fille « débarque » en fin d’après-midi, après son travail, avec son ‘salut maman! » plein de fraîcheur;
  • Il y a le fiston et ses deux filles. Quel bonheur de voir ce papa plein d’attention pour ses filles jumelles.
  • Il y a nos petites-filles  avec leur « t’aime grand-maman » et qui nous donne de grosses colles.
  • Bien sûr il y a notre gendre et notre bru.(quel mot horrible, il me donne mal au dent!), deux belles additions à notre famille.
  • Et il y bien sûr d’autres personnes qui me sont chères, belle-famille, neveux, nièces, cousins, cousines et de nombreux amis avec qui je reste en contact via des visites, le courriel ou par Facebook.

Je n’ai plus peur. Je sais maintenant que je suis ce que je suis. Ma personnalité et mes habiletés sont bien à moi. Dans le fond, ce n’était pas le travail qui me définissait, mais plutôt que je définissais mon travail.

En somme, je dessine chaque jour cette étape de ma vie qu’est la retraite. Je suis contente de l’avoir prise. Je suis très satisfaite de cette première année et j’ai hâte d’aborder ce qui m’attend dans les prochaines années.

C’est comme si je commençais une nouvelle carrière, celle d’une retraitée active, dynamique et qui est remplie d’habileté et de talent!

Bonne vie à tous!


Une réponse à « La retraite – un an déjà »

  1. Tu me donnes envie de la retraite moi aussi!

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