Monsieur le ministre, madame la ministre

Vous accomplissez des tâches ingrates dans un contexte complètement débile. Vous n’avez jamais assez d’argent pour accomplir ce qu’il faudrait faire. Vous prenez des décisions importantes pour l’avenir de notre société, mais on ne vous dira jamais merci. Plutôt, on examinera cette décision sous toutes ses coutures pour trouver le moindre défaut.

Lorsque vous agissez, certains vous accusent d’aller trop loin, d’autres de ne pas aller assez loin. Certains vous accusent de ne pas aller dans la bonne direction.

Il vous est complètement impossible de faire plaisir à tous vos citoyens, car ce que vous donnez aux uns, vous devez le refuser aux autres. Chacun de nous sait ce qu’il ferait à votre place mais aucun de nous ne veut votre job.

Quelques grands principes sous-tendent les résultats de vos années en politiques :

  • si on vous aime, on ne parle pas de vous;
  • si on ne vous aime pas, on parle beaucoup de vous;
  • vous voulez agir mais on vous place dans une mélasse politique et médiatique qui vous empêche d’avancer.
  • vos actions apportent la critique;
  • votre inaction apporte la critique.

Tous les journalistes, les citoyens aussi, n’attendent que vous fassiez un faux pas, qu’il soit le produit d’une jambette ou d’une maladresse. On se rappellera plus longtemps d’un faux pas et en parlera plus souvent que tous les bons coups que vous aurez accomplis en carrière.

Pour garder votre emploi il vous faut garder vos citoyens satisfaits même ceux qui ne le méritent pas, composer avec les détestables et aller chercher le vote de ceux qui s’en foutent.

Vous vivez dans une bulle de verre où tous vos gestes et paroles sont examinées, commentés déchirés, disséqués, interprétés …

Vous appartenez à une population qui rit quand les journalistes vous bardassent.


Une réponse à « Monsieur le ministre, madame la ministre »

  1. Comme on dit en anglais: Everyone's a critic. Et les gens ne s'en privent pas.

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