As-tu des habitudes d’écriture ? Des tocs ?

Hum… Le mot « habitude » fait mauvais ménage avec mon caractère rebelle et légèrement hyperactif. L’expression « changement continu » propose un meilleur arrimage. Ceci étant dit, pour bien vivre le métier d’écrivaine, il faut certaines constantes dans la manière de vivre.

Je me réserve du temps pour écrire le matin. C’est connu et mes amis respectent ce besoin. On m’appelle rarement avant midi. De toute façon, je ne réponds pas ! On peut toujours me laisser un message téléphonique ou un courriel.

Je me lève tôt. Un café en main, je lis d’abord La Presse, sur mon iPad, ou un livre sur ma liseuse. Puis j’écris. Je me retrouve souvent dans mon bureau, en pyjama et en pantoufles, à taper sur mon clavier, à sept heures du matin. Une rôtie à moitié mangée sèche à côté du café qui refroidit.

Des fois, je corrige un texte, autrement je suis en mode création. Rien n’a plus d’importance que le prochain mot. Quand j’écris, je perds la notion du temps alors que les idées virevoltent dans les plis de mon cerveau.

J’adore écrire. Mais ai-je un rituel ?

Non. Du moins, je n’ai pas besoin de « préparer » ma session d’écriture pour qu’elle soit efficace. J’écris dans le silence, dans la cohue d’un parc de la ville, dans mon jardin, sur le top d’une montagne, près d’un lac ou d’une rivière, dans la froidure de l’hiver ou lors d’une canicule estivale.

J’ai déjà écrit un chapitre complet, sur mon iPad, dans une auto entre Montréal et Québec. Bien sûr, je ne conduisais pas ! Je me suis déjà retirée d’un party pour pondre un bout d’histoire.

Quand je trouve la réponse à une question difficile à traiter, c’est trop puissant pour la négliger. Je dois l’écrire… sur le champ. Sinon, je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose. Ça crée des scènes hallucinantes.

Imaginez : je suis assise avec trois amis dans un restaurant de fruits de mer un soir d’été, sur le bord d’une marina. L’un d’eux parle avec enthousiasme du prochain film de Villeneuve. Aussitôt, mes amis se voient sur une planète d’épices, domptant d’effroyables bêtes de sable. Moi, j’ai des idées de meurtres qui me trottent dans la tête. J’imagine un magnifique yacht en flammes ou en train d’exploser. Pourquoi ne pas le barbouiller de sang et de cervelle ? Bizarre, vous croyez ?

Vous comprendrez que j’écris des suspenses…

Hum… Disons que la personne qui révise mes textes pourrait vous en parler longtemps. Souvent, j’adopte un mot. Ça peut être un verbe, un adverbe, un qualificatif. Je l’écris partout et j’en utilise chacun de ses sens. Mon logiciel de correction est programmé pour retrouver ces répétitions quand elles sont rapprochées. Par contre, il ne verra pas cinquante fois le même mot dans un texte de 150 pages… c’est frustrant. Pire ! Ce n’est JAMAIS le même mot, d’un livre à l’autre !

Que dire quand c’est une tournure de phrase qui revient ad nauseam ? Comme mettre le complément au début de la phrase… presque à chaque énoncé. La correction devient fastidieuse. J’ai beau réviser mes romans des dizaines de fois, j’en laisse toujours passer. Comme si je ne les voyais plus, à force de travailler et retravailler mes textes.

Le processus de direction de projet et celui de la révision linguistique me permettent d’éliminer ces tocs qui peuvent carrément déplaire aux lecteurs. Merci, Magali !

Certains écrivains ont développé un rituel pour se placer dans l’atmosphère spéciale qui leur permet d’écrire efficacement. Moi, je n’en ai pas. Chacun développe sa méthode qui lui rend service. L’important, c’est de trouver la bonne manière qui permet d’écrire avec son cœur, sa tête et son énergie afin d’en recevoir une grande satisfaction.


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