Comment notes-tu tes idées ?

Quel sujet intéressant ! J’ai souvent écouté mes collègues expliquer leur technique de prise de notes, de sténographie ou d’étranges manières d’écrire rapidement. La plupart des écrivains gardent avec eux un calepin. Là encore, la grosseur varie entre le bloc-notes et le cahier scolaire. Souvent, je ne sais pas vraiment comment intervenir dans la discussion. J’ai le goût de répondre quelque chose entre « je ne prends pas de notes » et « toutes vos réponses sont bonnes ».

Pour moi, ça se passe autrement. Dès mon adolescence, j’aimais marcher et j’emportais toujours un carnet avec moi. Je m’arrêtais le long d’un sentier pour contempler un environnement captivant et paisible, comme un ruisseau ou le sommet d’une colline. Je m’assoyais sur une roche ou une buche pour avaler des noix et quelques gorgées d’eau. Ensuite, mes yeux gavés par la scène bucolique, je sortais mon crayon à mine de plomb, puis j’ouvrais mon carnet. Je restais immobile quelques secondes, le temps de clarifier mes idées. Je ne savais jamais d’avance si mon cerveau créatif allait commencer l’ébauche d’un nouveau récit ou celle d’un dessin.

* * *

J’avais peur de perdre un détail important de l’aventure de Nadine… Je ne voulais rien échapper. Ainsi, je traînais un calepin partout où j’allais. Je le trimballais dans mon sac à dos ou dans ma sacoche.

Le soir, l’outil trônait à côté de ma lampe de chevet. Dans les faits, je n’ai perdu que du sommeil. Me lever et consigner une idée me réveillait complètement.

Au fil du temps, j’ai compris que je n’ai pas besoin d’un carnet pour noter mes idées quand elles se déclenchent dans ma tête. Je ne les perds pas. Mieux encore, elle mature parfois des semaines, voire des années, avant que je l’intègre dans l’un de mes romans.

J’ai aussi réalisé que cette manière d’écrire des bouts de texte, un peu n’importe comment, ne me convenait pas. Prendre le temps de noter l’idée brise l’émotion de ce que je vis dans le moment présent, qu’elle soit douce, euphorique, désastreuse ou brutale. Bien plus que les mots, ce sont ces émotions qui rendent mon écriture performante. J’ai besoin de bien les intégrer AVANT de les écrire. Ça prend du temps. Des semaines, parfois des mois. En échange, l’idée se précise et prend de la force.

Des fois, l’idée se dégonfle et perd son charme. Je décide de ne pas la garder. C’est correct, ça aussi.

Aujourd’hui, je ne prends des notes que pour consigner des points précis : une adresse, une description, une odeur, une couleur, un nom, un lieu ou une date. Depuis plusieurs années, mon cellulaire me sert de carnet de notes. L’appareil photo de mon téléphone me permet de consigner les détails et les couleurs, par exemple.

Ne vous méprenez pas ! J’ai toujours un carnet avec moi.

Au fil du temps, j’ai écrit des bouts d’histoire sur le sommet du mont Sutton, sur un sentier en Gaspésie, en voyage dans le sud ou simplement dans un centre commercial. Vous aurez compris que j’écris partout. Je me sers d’un calepin quand je suis loin de mon ordinateur et que j’ai le goût d’écrire.

C’est particulièrement évident lors de mes voyages. Combien de fois, me suis-je assise à une table, face à une rue européenne, pour savourer un café ou une bière, et écrire ? Je ne compte plus…

Comme vous le voyer sur les photos, mon « carnet d’écriture » peut prendre différentes formes. Tout est bon pour que je puisse écrire sur mon blogue ou sur Facebook. Autrement, je consigne un bout d’histoire qui fera partie d’un roman ou d’une nouvelle. Par la suite, je transfère tous ces textes dans mon ordinateur pour les avoir à ma portée durant mes séances d’écriture plus concrète.


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