Trente bouquins ! Vas-tu arrêter bientôt ?

Récemment, je racontais avec fierté que j’ai publié mon trentième bouquin au cours de l’été 2025. Les yeux grands et les sourcils en pointe, mon interlocutrice m’a demandé: « Vas-tu arrêter bientôt d’écrire ? »

J’étais estomaquée ! Sur le coup, je ne savais pas quoi répondre. Puis j’ai simplement dit : « J’espère que non.»

L’homme est parti vers un autre kiosque. Je pense que ni l’un ni l’autre n’était satisfait de ma réponse.

L’idée mérite réflexion. Pourquoi une autrice ou un auteur arrêterait de créer ? On entend souvent parler de la « page blanche », du manque d’idées ou d’un fait majeur dans la vie qui provoque un blocage. Je suis chanceuse, car je n’ai jamais vécu une telle expérience.

Mais, est-ce que pourrais décidé d’arrêter d’écrire ? À priori, ça me semble impossible !

Mes souvenirs me racontent que j’ai déjà dit d’une autrice qu’elle devrait arrêter de publier des romans. Je trouvais que ses livres devenaient répétitifs, comme si elle utilisait la même formule d’un bouquin à l’autre. Elle ne se renouvelait plus. À mon avis, ses derniers livres manquaient de punch. Mon commentaire n’était pas très gentil, je sais. Je l’ai laissé gérer sa carrière et ses écrits à sa manière. Pour ma part, j’ai décidé de lire d’autres auteurs dont les romans me stimulent plus.

Et moi ? Trente livres, est-ce assez ? Est-ce trop ? Hum…

Quand j’ai commencé à publier des livres, je me suis dit que j’arrêterais aussitôt que je perdrais le goût d’écrire. Or, ce besoin m’habite depuis si longtemps. Ça ne s’arrêtera pas demain, en tout cas. En ce moment, un trente-et-unième roman, le dernier de la collection Noémie et Maxime en voyage, est en processus d’édition. Deux recueils de nouvelles flottent dans ma tête. Quatre romans aussi… Donc, ça se peut que je me rende à trente-cinq bouquins.

Pour bien étoffée ma pensée, je fait une distinction entre les deux pôles de ma carrière : celui d’écrivaine et celui d’éditrice. Ils ont la même importance dans ma vie et ils m’apportent autant de plaisir.

Quand la vie me bouscule, je réduis le nombre d’heures consacrée à l’écriture. Mais aussitôt que la situation se stabilise, la création littéraire reprend sa place dans mon quotidien. On m’a posé plusieurs questions pièges dans les dernières années. Voici quelques-unes de mes réponses souvent très spontanées:

  • Si je perdais la vue ? Je prendrais un traitement de texte qui s’active à la voix. J’apprendrais le braille aussi.
  • Si je ne pouvais plus utiliser mes mains ? Encore une fois, l’activation des logiciels par la voix deviendrait l’outil privilégié.
  • Si je perdais l’ouïe ou/et la parole ? Peut-être que j’écrirais encore plus…
  • Si je tombais très malade ? Ça ralentirait mon écriture, mais ça ne l’arrêterait pas.

Pour moi, la création littéraire répond à un besoin viscéral. Il se peut que les contraintes de la vie réduisent ma capacité à écrire. Je produirais moins de romans. Je choisirais peut-être de mettre mon énergie sur le métier de nouvelliste. Ça se pourrait aussi que mon blogue prenne plus de place.

Bref… même paralysée, je pense que je continuerais de me raconter des histoires dans ma tête.

Bien sûr, il y a d’autres manières de publier et les éditeurs sont nombreux. L’autoédition est très stimulante, mais les contraintes de la vie pourrait m’empêcher de poursuivre cette manière qui demande plus d’énergie et de temps.

Au cours des années, j’ai utilisé les trois formes d’édition de livre au Québec : Le compte d’auteur, le compte d’éditeur et l’autoédition. Elles ont chacune leur valeur propre et elles offrent des défis différents pour l’auteur. La production de mes propres livres s’arriment bien avec mon caractère lié à l’entreprenariat.

Par contre, si les circonstances m’y obligeaient, je réduirais le rythme de production et je changerai mon modèle préféré pour un autre qui conviendrait mieux à la situation.

L’écriture est un besoin essentiel à ma vie et à mon équilibre mental, C’est un excellent moyen de réfléchir et d’intégrer ce que l’univers nous garroche chaque jour… chaque minute, je devrais dire. Je n’arrêterai probablement jamais de pondre des textes.

Or, la publication de mes livres pourrait s’arrêter n’importe quand, si la vie me l’imposait.

Je me promets tout de même de poursuivre la publication de ce qui est déjà en forme dans ma tête… Peut-être que je me rendrai à quarante…


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