D’où viennent vos idées ?

La source de mon écriture vient de partout. L’idée d’un texte part d’un fait divers dans le journal, d’un événement qui s’est passé dans ma rue, d’un incident vécu en voyage, d’une marche en nature, d’une discussion de groupe ou n’importe quoi d’autre. En fait, toute situation qui m’émeut a le potentiel de devenir un roman, une nouvelle, un billet sur mon blogue ou une simple note que j’utiliserai plus tard.

Il y a de ça plus de 50 ans, lors d’un cours de français au cégep, le professeur nous a proposé une écriture dirigée, à partir de mots tirés d’un bocal. Il exigeait 250 mots. J’ai pigé « tête d’épingle » et j’ai pondu un texte de près de 800 mots. Un jour, en Salon du livre, un homme m’a dit : « Si je te montrais une tasse remplie de café, tu arriverais à écrire un roman de 500 pages, je suppose… » Son ton était narquois, bien sûr, mais il n’avait pas tout à fait tort… même sur le nombre de pages.

Quand je voyage, mon besoin d’écrire devient viscéral. Tout devient un stimulus : une odeur, une lumière particulière, une scène incongrue ou une ruelle quelconque. Lorsque je trouve une scène étrange, il vaut mieux m’offrir une bonne explication. Sinon, mon cerveau part en vrille pour créer deux, trois explications en quelques heures.

Mon recueil de nouvelles, intitulé « Pot-pourri de voyages », présente une vingtaine de situations qui m’ont incitée à créer des histoires courtes, se terminant souvent en chute. Bonne lecture !

En situation de voyage, mes carnets de nouvelles se remplissent rapidement. Souvent, ça nourrit ce blogue, autrement ça devient des nouvelles ou une partie de roman.

Il a 15 ans, j’ai appris que j’avais un cancer. La science a sauvé ma jambe et ma vie. J’ai voulu savoir ce qui arriverait si, un matin, en claquant des doigts, je perdais tout ce qu’on peut appeler « science » et « technologie ». La collection « Le Pays de la Terre perdue », qui se déroule en six tomes et un recueil de nouvelles, est née de cette réflexion. Une femme se retrouve seule dans un pays sans civilisation qui ressemble à nos paysages québécois. Nadine et Lou, le louveteau qu’elle a adopté à la naissance, apprendront à survivre dans cette contrée sans technologie, en harmonie avec la nature.

Publiés entre février 2013 et novembre 2016, ces romans humanistes ont captivé des milliers de Québécois et font maintenant leur chemin à travers le monde.

La collection des Pirates du Web provient d’un récit véridique, raconté par ma professeure de français, au cégep… en 1972. À l’époque j’avais consigné par écrit cette histoire qui m’avait impressionnée et je l’avais serrée quelque part. Trente ans plus tard, je l’ai retrouvée. Je l’ai modernisée. La novella « La vengeance d’Amélie » est née ainsi. Deux suites logiques, « La fuite Emma » et « Le destin de Nancy », ont rapidement pris forme dans ma tête, quelques mois plus tard. Ces trois histoires sont connues comme étant la « Trilogie des Martineau ».

L’écriture de cette trilogie m’a aidé à développer l’équipe des « Pirates du Web ». Ce groupe est composé d’informaticiens chevronnés, dont un homme riche aidé de collaborateurs internationaux… plutôt des espions. Ce groupe cherche à neutraliser les monstres narcissiques et mégalomanes, qui veulent contrôler en tout ou en partie l’humanité. Une deuxième trilogie est née de ce concept.

L’idée de « Danger : Fentanyl » vient d’un article de journal qui relatait la mort d’un homme, dans mon quartier, à la suite d’une dose de cocaïne pimentée au fentanyl. « Meurtres en cascade » et « Péril au Honduras » dérivent naturellement du premier, pour composer la trilogie sur le trafic de la drogue.

Une prochaine trilogie est en écriture. Elle s’inscrira dans le monde des complots, plus particulièrement la conspiration mondiale, la fraude internationale et la manipulation de masse.

Un jour de l’automne 2015, je participais au Salon du livre de la Péninsule acadienne, à Shippagan. Une dizaine d’enfants de la maternelle s’émerveillaient devant la grande affiche de Lou, un personnage important de la collection « Le Pays de la Terre perdue ». Ils n’étaient pas si turbulents, mais j’avais peur que les adultes, qui marchaient un peu trop vite, en accrochent un et le blessent. Je me suis installée par terre, tenant l’illustration de Lou dans mes mains, et je les ai invités à s’asseoir autour de moi.

Pendant la demi-heure suivante, j’ai capté l’attention de ces bambins en leur racontant des mésaventures de Lou, un loup gris adopté par Nadine, quand il était un louveteau.

La collection « Les aventures de Lou » venait de naître. Elle s’adresse à une clientèle de 7-8 ans.

La collection « Le Pays de la Terre perdue » a engendré d’autres produits littéraires dérivés de l’intrigue principale.

Cette façon de développer mes idées à partir d’autres textes est régulière dans mon style d’écriture. Une nouvelle m’invite à créer un roman sur le même thème. Un personnage sort d’une collection existante, pour se définir sa propre vie. C’est le cas du livre « Alfred, choisir la vie ».

L’homme de 90 ans décide de changer sa vie pour mieux la savourer.

Mes textes de voyages, sous la forme de billets sur mon blogue, de nouvelles ou de récits, ont servi de toile de fond pour une autre collection qui comprendra onze tomes. Mes idées se sont transformées en romans pour ado et préado. La collection « Noémie et Maxime en voyage » sera terminée à l’hiver 2025-2026.

En résumé, mes idées d’écriture viennent de partout. Il me suffit de décider d’écrire sur le sujet. Par la suite, ça va vite. Un personnage s’impose pour bien passer mes messages, d’autres s’ajoutent rapidement. Un plan d’écriture se définit avec des scènes particulières, des enjeux complexes et des émotions vives.

Je ne sais pas… Pour ma part, ça ne m’est pas encore arrivé. Mon degré de difficulté est plutôt de devoir retarder des romans, pour en laisser d’autres aboutir.

Mais, si ça m’arrivait, je crois que je prendrais du temps pour observer ce qui se passe autour de moi, peu importe où je me trouve. J’aime discourir sur l’âme humaine, qu’elle soit belle, noire ou malmenée. Ce qui m’entoure est rempli de cette vie humaine trépidante, bousculée, pénible ou simplement douce.

Je trouverais quelque chose, un sujet d’écriture. C’est certain. Parce qu’écrire est vital !


Une réponse à « D’où viennent vos idées ? »

  1. Avatar de La Fontaine Nicole
    La Fontaine Nicole

    Bravo Suzie

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