Paris — voyage retour — jour 8

Les jours de départ, dans n’importe quelle ville du monde, se déroulent généralement dans le chaos. Il faut apprendre à se laisser aller dans le flot des situations imprévues qui perturbent les meilleurs plans. Ce jour-ci ne fait pas exception. Sachant que nous ne reviendrions pas à Paris de sitôt, j’essaie de me concentrer sur chaque instant pour en profiter au maximum. Dans quelques heures, mes pieds cesseront de fouler le sol français.

Comme d’habitude, mes émotions sont mixtes. Mon sourire rappelle ma satisfaction face à ce voyage. Mes sourcils froncés montrent que chaque étape de la journée avant que l’avion décolle pourrait mal se dérouler. Je respire à fond, me demandant quelle autre destination nous attirera la prochaine fois.

6 h — le cadran sonne. Nous complétons nos bagages et nous les vérifions une dernière fois.

7 h — assise à une table de la salle à manger, je n’ai pas très faim. Mon estomac est plutôt rempli de papillons. Je choisis un jus et des rôties avec de la confiture. Le café goûte bon.

8 h — de retour à l’étage, nous roulons nos bagages jusqu’à l’ascenseur. Le document de sécurité indique que le cubicule peut contenir quatre personnes. Vraiment ? Pourtant, il n’y a rien à faire. Nos sacs à dos sont accrochés à nos épaules et, pour que nous puissions faire ce « voyage » à deux, il vaut mieux placer une valise sur l’autre.

Nous pouffons de rire au souvenir d’un autre hôtel où nous avons pris l’ascenseur quatre fois, à notre arrivée. En premier, je me suis rendue seule à l’étage prévu. Par la suite, mes bagages sont arrivés. Le troisième voyage portait les valises de mon conjoint. Ce dernier a monté en quatrième, seul dans l’habitacle trop petit pour prendre plus. Vive les voyages !

Nous remettons les clés de notre chambre et payons la dernière facture.

8 h 15 — nous sortons sur le large trottoir pour attendre notre voiture de transfert qui nous transportera jusqu’à l’aéroport. Je frissonne sous le vent froid. Il fait à peine 8 °C. Ce matin, nous trouvons nos chandails en coton ouaté un peu mince. Google Maps m’indique que ça prendra une heure pour se rendre à l’aéroport. Tout va bien.

9 h — notre chauffeur n’est toujours pas là. Une vérification auprès de l’entreprise a confirmé qu’il était en route, mais qu’il était pris dans le trafic. Rien de nouveau, là. Le départ de l’avion est prévu à 12 h 20. Google Maps m’indique que le trajet prendra maintenant une heure vingt minutes. Pas de problème, à priori.

Du coin de l’œil, je vois un homme sortir de son taxi et entrer dans l’hôtel. Il revient, parle à d’autres voyageurs. Il semble chercher quelqu’un. Il s’approche de nous : « Are you Driss? » Je reste toujours surprise qu’on s’adresse à moi en anglais. Je lui réponds en français : « Non, nous attendons notre transfert. »

Nous discutons un peu avec lui pendant qu’il lit sur son téléphone pour comprendre la demande qu’il a reçue. Son visage s’éclaire : « C’est ça ! Je cherche deux Canadiens qui se rendent à Paris-Charles de Gaulle ! C’est vous ! Vous prenez l’avion pour Montréal, n’est-ce pas ? »

Le temps de le dire, nous traversons la voie cyclable en protégeant nos mollets, nos orteils et nos fesses des cyclistes téméraires et irrévérencieux. Les bagages mis dans le coffre du taxi, nous prenons place dans la voiture qui roule rapidement dans les rues achalandées de Paris. Je regarde partout. Je ne veux rien manquer de cette dernière balade dans la Ville Lumière.

10 h 20 — nous arrivons au terminal 3 de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, que nous connaissons bien. Habitués des départs à cet endroit, nous déposons nos bagages que nous avons enregistrés au préalable. Nous passons rapidement la sécurité et la douane. Nous arrivons à la porte 6 avant l’embarquement. Ça nous permet de souffler un peu.

Soudain, rien ne va assez vite pour moi. J’ai des fourmis dans les jambes. Je pense à mes platebandes que j’ai laissées en plan en plein automne. J’ai hâte de revoir ma petite-fille qui habite avec nous durant son cégep. Je m’ennuie de ma mère de 96 ans que nous visiterons demain. Je fais les cent pas dans la salle d’attente pour faire baisser cette tension qui me noue l’estomac.

Puis le moment de l’embarquement commence. Là, tout va trop vite. On trouve finalement notre place et on s’assoit. Pourquoi on ne part pas ? Qu’est qu’il attend, le pilote ? La tension repart en vrille. Je respire lentement. Puis je sors ma liseuse pour m’occuper et calmer mes émotions.

12 h 30 — l’avion quitte le sol français. Prochaine escale : aéroport Montréal-Trudeau. Je ferme les yeux pour mieux savourer le moment. Je reviens avec le cœur léger. J’ai vu tout ce que je voulais revoir à Paris. Chaque journée a apporté son lot d’émotion positive et de satisfaction. Je reviens avec des dizaines de pages de textes pour nourrir mon blogue.

,Je prends le temps de regarder mes photos et j’en vois une qui me rappelle un souvenir dont je n’ai pas encore parlé. Nous étions sur le quai Saint-Michel, là où de petites cabines sont louées à des artistes de rue pour qu’ils puissent vendre leurs produits aux touristes. La scène est particulière. attirante et vivante.

Je ne reviendrai peut-être jamais à Paris. D’autres destinations nous attirent, ailleurs dans le monde.

Je n’ai aucun regret. Paris, je t’aime !


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