Paris — voyage retour — jour 5

En matinée, le temps est pluvieux et venteux. Nous observons l’atmosphère sombre à travers la grande fenêtre qui longe la salle à manger. La pluie colle les feuilles mortes, tombées à cause du vent fort, sur le sol de ciment et d’asphalte. Les bourrasques incitent les marcheurs à attacher leur manteau pour éviter le froid et à camoufler leur tête sous un capuchon. Ça les protège quand les branches lourdes déversent leur récolte mouillée. Les Français avancent lentement, se méfiant des tas de feuilles gorgés d’eau qui rendent la chaussée glissante.

Dans le hall de l’hôtel, c’est le ballet des arrivées et départs. Ceux qui arrivent ont l’air fatigués. Probablement un long vol en avion ou en train. Ceux qui partent jettent un coup d’œil inquiet vers l’extérieur. Attendent-ils un taxi ? Le cœur serré, je me souviens que ce sera notre tour dans quelques jours.

Aujourd’hui, nous allongeons notre petit-déjeuner. Une rôtie et deux cafés de plus. Nous passons de la tablette pour consulter La Presse à nos liseuses pour lire un chapitre ou deux de nos romans numériques. D’un commun accord, aucun de nous ne regarde dehors. Rien ne presse. Notre destination d’aujourd’hui, le musée Grévin, est située à moins de 100 mètres de notre hôtel.

Le ciel se dégage enfin, mais le vent reste intense. Les manteaux sont de mise. Les Parisiens ont sorti leurs gants et leur tuque. Nous nous contentons d’un simple coton ouaté. Quelqu’un fait la remarque que nous allions geler, dehors. La préposée à l’accueil se contente de dire : « Ils sont Québécois ! » Ça dit tout sur notre réputation.

Nous sortons de l’hôtel en riant. Nous traversons la rue, puis nous marchons jusqu’au musée Grévin. La visite nous fait passer d’une salle d’exposition à l’autre, en suivant la foule relativement importante. Les bouchons se créent quand plusieurs personnes veulent se faire photographier avec un personnage quelconque. Elvis Presley a encore la faveur du public, comme John Lennon. Le tour dure un peu plus d’une heure. Nous nous sommes bien amusés. J’ai pris quelques photos, mais j’ai dû attendre à plusieurs reprises quand Denis se transformait en Kid Kodak.

À un moment donné, mon conjoint s’est installé devant un groupe de figures en cire. Il attendait que la foule se disperse. Je savais que ça durerait plusieurs minutes. Je me suis retirée dans un coin et je suis restée bien tranquille. J’aime beaucoup m’installer, comme ça, presque invisible, à regarder les gens agir. Je ne comprends pas toujours ce qu’ils disent, mais leur expression faciale et leur comportement nourrissent mon imaginaire. Ils ne le savent pas, mais tout ça se retrouvera, d’une manière ou l’autre, dans l’un de mes romans.

Quand une personne rousse venant du nord de la France (j’ai noté son accent) s’est approchée de moi, au point de me toucher, je l’ai laissé faire. J’aimais mon invisibilité… Elle a demandé à son amie où se trouvait la sortie. J’ai étiré le bras pour pointer à ma droite et j’ai dit : « C’est par là ! » La dame rousse a hurlé à pleins poumons et les surveillants se sont amenés à la course. « Je suis désolée, j’ai cru que vous étiez une statue ! » m’a-t-elle dit.

Wow ! Mon imagination un peu trop fertile m’a fait aussitôt inventer une petite plaque sur laquelle on aurait mis sur le mur avec l’inscription : « Suzie Pelletier, écrivaine québécoise aux multiples talents ! ». Bien sûr, ça n’arrivera pas, mais ça m’a fait plaisir pendant quelques secondes.

Voici quelques photos prises au cours de ce circuit intérieur. Je vous laisse deviner de qui il s’agit…

À la sortie du musée, nous marchons dans le quartier. Le 9e arrondissement est truffé de ruelles où on a installé un toit. Les brocanteurs s’y sont installés. On y trouve aussi des ateliers de peintures, des boutiques de numismates et des librairies. Nous avons même vu une épicerie express et une pharmacie. Plusieurs abritent des restaurants. C’est très charmant.

Sans hésiter, nous entrons dans une galerie couverte. Il y fait moins froid et nous trouvons facilement un petit resto pour prendre un café et déguster une pâtisserie. Le reste de l’après-midi, nous visitons plusieurs de ces allées. Vers 17 h, le temps de l’apéro nous amène à la porte de Montmartre. Il fait 16 °C et le vent est tombé. Nous choisissons une table près de la rue. Tout en dégustant le vin (Denis) et un mocktail (moi), nous faisons comme les Parisiens : nous regardons l’activité dans la rue et nous faisons des commentaires.

Quand l’heure du repas arrive, la température a baissé sous les 10 °C. Nous demandons une table à l’intérieur du restaurant.

Notre journée plus relaxe se termine ainsi. À demain, Paris !


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