Paris — voyage retour — jour 1

Les pneus de notre avion touchent le sol parisien et le pilote met les freins. Je sens la pression qui me pousse vers le siège devant moi. La ceinture qui me retient se resserre un peu plus. Par le hublot, je vois défiler des bâtiments. Rien ne m’indique que nous avons atterri au bon aéroport. Puis le pilote nous souhaite la bienvenue à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. La météo offre 13 °C, sous un ciel totalement bleu. Je respire mieux !

Toute l’anticipation que j’ai ressenti face à ce voyage depuis des semaines s’éclate dans mon corps et les papillons envahissent mon estomac. Cette sensation, face au bonheur de me retrouver enfin à Paris, me paraît étrange. Rien ne va assez vite. Je voudrais me retrouver sur le boulevard Saint-Michel tout de suite ! Mais l’humain n’a pas encore inventé la téléportation comme dans Star Trek. L’impatience me gagne et je trépigne.

Il est 9 h 30, à Paris, bien sûr. Rapidement, les passagers se placent dans le couloir entre les rangées de bancs, prêts à quitter l’appareil qui les a confinés pendant plus de six heures de vol. Mes jambes sont raides, coincées trop longtemps dans un espace restreint. Je fais comme les autres. Je place mon sac à dos sur mes épaules. Je jette un coup d’œil à mon conjoint. Nous sommes prêts pour un séjour de sept jours dans la Ville lumière.

Mais d’abord, les procédures de débarquement. Au terminal 3, ça se passe quand même rapidement. En premier, la douane française. L’agent me regarde pour vérifier que ma face est bien celle sur mon passeport. Il étampe une page, ce qui marque officiellement mon arrivée en sol français. Il ne sourit pas. Moi, non plus.

Mon cell marque 10 h. Une fois que nous avons récupéré nos bagages marqués de bandes colorées pour les repérer plus rapidement, nous marchons vers la sortie où nous retrouvons notre chauffeur. Nous avions pris la précaution de commander d’avance un transfert d’avance, entre l’aérogare et l’hôtel. L’homme nous apprend que le trajet durera 90 minutes, à cause des bouchons sur plusieurs des artères que nous devons emprunter. Nous sommes déçus, bien sûr. Nous avons hâte de respirer l’air de la ville et de fouler les trottoirs de Montmartre.

Je lance un sourire en coin à mon conjoint, qui vient de me rappeler que nous devrons aussi nous habituer, à nouveau, au brouhaha du trafic et au « pin pan » des véhicules d’urgence. Ouais… je m’en souviens aussi. S’ajoute le son des Klaxons utilisés par les conducteurs frustrés par les manœuvres déroutantes de notre chauffeur. Je note aussi les bruits plutôt dérangeants des motocyclettes qui passent à quelques pouces de ma portière. C’est ça Paris ! Elle est bruyante et grouillante.

À notre arrivée à l’hôtel, notre chauffeur nous met en garde : « Attention aux vélos ! » En effet, dans les rues remodelées de Montmartre, la ville a aménagé des pistes cyclables entre le large trottoir et les voies pour les automobiles. Le chauffeur stationne son véhicule à la gauche de la piste cyclable… que nous devrons traverser pour nous rendre à notre hôtel ! Ces conducteurs ne sont pas plus gentils que ceux derrière le volant des autos ! Et merde ! Tenant fermement ma valise à roulettes, je jette un coup d’œil à ma droite. Trois vélos et une trottinette électrique filent devant moi sans s’arrêter et frôlent mes genoux. D’autres les suivent de près sans s’occuper de nous. Soudain, un espace entre deux groupes de cyclistes me permet de traverser… à la course !

Il est midi quand nous plaçons nos bagages en consigne, le temps que notre chambre soit prête. N’en pouvant plus du confinement imposé par le voyage, nous sortons de l’hôtel. L’étonnement marque nos visages. Quel bruit ! Comment traverser la rue en toute sécurité ? Personne ne respecte le feu rouge !

Debout sur le trottoir, en face de notre hôtel, nous restons un bon moment à regarder autour de nous. Pour le moment, Les maisons de cinq ou six étages, collées les unes sur les autres, cache le soleil. Difficile de s’orienter. Nous ne savons pas où se trouve l’est, l’ouest, le sud ou même le nord. Les sons assourdissants d’une ambulance et de deux véhicules de la Gendarmerie nous inquiètent. Un accident grave ? Un vol de banque ? Une manifestation ? On ne le saura jamais. C’est Paris, c’est tout.

Du coup, nous sommes contents que les fenêtres de notre chambre ouvrent sur une cour intérieure. La chaufferie générale nous paraît maintenant si silencieuse !

Rapidement, nous reprenons nos repères. Les hautes bâtisses abritent de minuscules appartements aux niveaux supérieurs et des commerces au rez-de-chaussée. On y trouve surtout des restos, pour répondre à la manière parisienne de vivre dehors. Il y a aussi des pharmacies, des épiceries de quartier, des boulangeries, des librairies, des merceries et bien d’autres.

En quelques heures, nous retrouvons nos aises. Nous marchons dans le quartier, le reste de l’après-midi. À 18 h, nos habitudes parisiennes reviennent. C’est l’heure de l’apéro. Nous échangeons nos impressions de la journée. Le dîner (souper pour le Québec) se prend vers 19 h, parfois un peu plus tard.

Une fois de retour à notre hôtel, les oreillers nous attirent comme un aimant. Le décalage nous rentre dedans et nous glissons dans le rêve qui nous rappelle les détails de cette journée bien remplie.


Une réponse à « Paris — voyage retour — jour 1 »

  1. […] Jour 1 (30 septembre 2025) — L’arrivée à Paris […]

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