Quand as-tu décidé de devenir écrivaine ?

Parmi les questions reçues lors de mes rencontres avec les lecteurs, celle-ci est la plus fréquente. Elle génère de belles discussions qui me permettent d’expliquer mon métier.

J’associe cette question à un autre commentaire que je reçois souvent. Combien de fois ai-je entendu la phrase «j’aimerais devenir écrivain ou écrivaine » ? Une sorte de rêve… même si on n’a pas pondu la moindre ligne. On rêve de gagner le million et ne plus travailler. On rêve de trouver l’âme sœur pour vivre le grand amour.

Rêver de devenir écrivain ou écrivaine ? Ben, pourquoi pas ? Les gens veulent obtenir le titre sans effort. On parle ici de la pensée magique. C’est fréquent.

Ces gens déambulent dans les Salons du livre, chaque année. Les yeux pleins d’étincelles, ils s’imaginent être à la place des auteurs, discutant avec les lecteurs, tout sourire. Le métier leur paraît glorieux et invitant. Quelque part, ils recherchent la célébrité. Pourtant, la réalité est tout autre.

Quand on me pose la question, je prends le temps d’expliquer l’énorme boulot qu’un écrivain doit accomplir avant d’avoir son bouquin dans ses mains.

Le métier d’écrivain demande beaucoup d’énergie et de travail : la recherche, la planification, l’écriture, la revue et la correction. Et on recommence le cycle jusqu’à ce qu’on soit satisfait du résultat. Et ce, avant même de commencer le processus d’édition. Le moment de s’asseoir derrière une table de dédicace pour discuter avec les lecteurs n’est que la fin d’un processus qui a duré parfois plusieurs années.

Cette question reçue du public mérite une réflexion approfondie. La réponse n’est ni courte ni simple.

Commençons par le début : suis-je écrivaine ? Voici quelques définitions :

  • Le Larouss: une personne qui compose des ouvrages littéraires ; homme, femme de lettres.
  • Wikipédia : À l’origine, un écrivain ou une écrivaine est une personne qui est habile dans l’art d’écrire ou qui en fait son métier. Par la suite, le terme a désigné l’auteur ou l’autrice d’ouvrages littéraires.
  • L’Office québécois de la langue française : une personne qui écrit des œuvres littéraires.

Depuis douze ans, j’ai publié de nombreux romans, des récits de voyages et des recueils de nouvelles. L’écriture est devenue une activité essentielle dans ma vie. J’en ai fait un métier. Je suis donc une écrivaine.

Ai-je choisi le métier ? Pour moi, « être écrivaine » est un résultat. Ce n’est pas un but ni le fruit d’une décision. J’ai créé des histoires, je les ai publiées, donc je suis écrivaine. Non pas l’inverse.

Ne pas écrire ! Ma réaction immédiate est physique. Un frisson parcourt mon corps et ma respiration bloque. Je ferme les yeux, un moment, pour chasser le malaise. Pour moi, l’écriture est un besoin fondamental, viscéral.

Je ne décide pas d’écrire. J’ai besoin d’écrire. Pour vivre pleinement.

Vrai. Commençons par expliquer que le mot « écrivaine » est d’abord et avant tout une étiquette que le public me donne. Pour lui, je suis écrivaine. Pourtant, je ne me définis pas comme ça. Je suis Suzie Pelletier qui, entre autres, exerce le métier d’écrivaine.

Au bout de compte, un jour j’ai eu le goût de partager mes écrits avec d’autres. Je voulais voir mon livre sur les rayons des libraires. J’ai donc décidé de les publier. C’est arrivé en janvier 2012. C’est à partir de ce moment que le statut d’écrivaine s’est collé à ma personne. Elle me définit dans le monde littéraire.

  • L’écriture est essentielle à mon bien-être et à ma vie. J’en ai besoin.
  • Un jour, j’ai eu envie de partager mes œuvres avec le public. J’ai décidé de publier mes livres.
  • Devenir écrivaine est une conséquence des deux premiers éléments : un résultat, donc.

J’aime ces questions qui viennent du public et qui me font réfléchir. N’hésitez pas à m’en envoyer d’autres !


4 réponses à « Quand as-tu décidé de devenir écrivaine ? »

  1. J’aime ce que tu écris 💖

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  2. J’aime cette réponse honnête et directe. Merci. Une question, en passant : avez-vous des habitudes, des rituels ? Pour écrire. Pour donner corps et vie aux personnages.
    Quelle est une journée type pour vous ? Comment et quand naissent les idées ? Pour les noter, plutôt carnet, application ou ordinateur ?
    Bon, j’avoue, ça fait plus qu’une question. Les autres sont venues avec la première. Désolée.
    Joyeux dimanche.

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    1. Ne soyez pas désolée par vos questions ! Elles m’énergisent. On me les pose souvent. Il est temps, je crois, d’y répondre par mon blogue au fil de l’année. Juste pour vous, je réponds à la première. Je n’ai pas de rituel particulier. Par contre, le matin est mon meilleur moment pour écrire. J’ai déjà écrit un chapitre d’un livre dans une auto (je ne conduisais pas !), entre Montréal et Québec. Je me suis déjà retirée d’un party pour pondre un bout d’histoire. Quand la réponse à une question difficile vient, c’est trop puissant pour la négliger. Pour à vos autres questions, elles méritent une réflexion, car, dans ma vie d’artiste, il n’y a rien de simple.

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