Les scientifiques et les philosophes débattent de l’IA depuis très longtemps. Le consensus actuel définit l’intelligence comme : l’ensemble des processus que l’on retrouve dans des systèmes plus ou moins complexes qui permettent d’apprendre, de comprendre et de s’adapter à des situations nouvelles.
Pour ma part, je ne crois pas que l’humanité ait réussi à créer une vraie IA. Il s’agit plutôt de logiciels remplis d’algorithmes puissants qui peuvent aider à l’analyse peut-être, mais c’est tout. Pour la solution de problème, on repassera.

Une grande question demeure : faut-il être obligatoirement humain pour qu’on applique la notion d’intelligence citée précédemment ?
Sans contredit, la définition proposée est basée sur des capacités que l’on retrouve chez les humains. Par contre, on admet facilement qu’un chien ou un chat domestique acquiert des compétences et les utilise pour résoudre des problèmes simples. Quand un propriétaire déclare que son animal de compagnie est le plus intelligent, ça nous fait sourire, mais on reconnaît que ces animaux s’adaptent à de nouvelles situations. De nombreux exemples dans la littérature scientifique rappellent les mêmes capacités chez les loups, les chimpanzés et bien d’autres espèces. Donc, l’intelligence, telle que définie plus haut, s’applique à eux.
Un programme informatique peut-il être intelligent ?
Je résiste… Surtout avec l’expérience désastreuse de ChatGPT-4, de Bing et de leurs semblables.
Le logiciel Antidote de Druide analyse mes textes et m’indique les erreurs en fonction d’informations que les développeurs ont mises dans ses algorithmes. Il le fait très bien, parfois mieux que moi. Par contre, je demeure la seule responsable de trouver les manières d’améliorer mon récit.
Les domaines de la santé et de la recherche scientifique proposent d’excellents exemples. Ces logiciels comparent de milliards de renseignements pour aider les médecins à établir les diagnostics et les experts à calculer rapidement les données accumulées durant un projet. Encore une fois, chaque spécialiste accepte les résultats des logiciels, mais il développe lui-même la solution.
J’admets la pertinence des logiciels analytiques, mais ça demeure des programmes bourrés d’algorithmes qu’on a remplis d’informations. Utiles, vrai ! Mais intelligent ? C’est comme affirmer que la Bibliothèque nationale du Québec est intelligente parce qu’elle contient plus de livres que ce que nous pourrons jamais lire dans toute notre vie.
Ridicule !
Revenons à la littérature.
Plusieurs prétendent que des logiciels de type ChatGPT-4 peuvent écrire comme un humain. Chaque semaine, des émissions telles que Décrypteurs (Radio-Canada) démontrent qu’ils en sont toujours incapables. Plutôt, ces logiciels développent des contenus totalement erronés. Pire encore, ils les défendent, même quand on leur fournit la preuve de leur bourde.
Pire, ils se servent des informations trouvées sur l’internet sans aucun discernement. Ils ne valident pas. Ils ingurgitent n’importe quoi, puis ils le régurgitent. Il ne distingue aucunement le vrai du faux, le sérieux de la farce et encore moins le ton narquois d’un récit.
Ce n’est pas de l’intelligence, mais de l’incohérence qui mène à de la désinformation.
Plusieurs groupes de recherche ont examiné les textes produits par ce genre de logiciel et les ont trouvés de piètre qualité. Aligner des mots, même quand ils ont un sens grammatical juste, n’a rien à voir avec l’écriture d’un bouquin.
Dans les faits, ces outils sont démunis d’émotions et demeurent incapables de réflexion, deux caractéristiques humaines qui permettent d’inventer des romans passionnants et captivants.
Un jour lointain, on arrivera à créer des programmes qui pourront réfléchir, poser un jugement sur la validité d’une information ou proposer des solutions à de nouveaux problèmes. Ils réussiront peut-être à émuler les émotions des humains. D’ici, là, je poursuis ma résistance : je n’utiliserai pas le terme d’intelligence artificielle pour n’importe quoi.
En conclusion, je vais continuer de recourir à ces merveilleux algorithmes qui m’aident à faire mon travail plus efficacement. Mais je ne demanderai jamais à un tel outil d’écrire à ma place. J’aurais l’impression de vendre mon âme au diable. Une tromperie qui rebuterait mes lecteurs.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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