Je navigue sur Facebook depuis ma retraite, c’est-à-dire depuis bientôt 14 ans. À l’époque, sachant que je revenais vivre dans la région de Montréal, j’ai voulu garder le contact avec mes amis de la région de Gatineau. L’expérience m’a tellement ravie que, pour me faire plaisir, j’ai cherché mes cousins et mes amis d’enfance.
Quand j’ai commencé ma carrière dans le monde littéraire, j’ai trouvé que Facebook m’offrait une belle manière de créer une voie d’échange avec les lecteurs, d’autres auteurs et les médias. J’ai donc ouvert un compte dit «professionnel » sous le titre de «Suzie Pelletier, écrivaine». Celui-ci est public et tout le monde peut m’y suivre. Ainsi, je garde mon compte personnel… privé. Aucune personne n’y a accès si je ne la connais pas. Une « poignée de main » ou un « bonjour » dans un salon ne se qualifie pas pour que je l’ajoute à ma liste privée d’amis.
Mes publications sont généralement limitées à «mes amis». J’y place mes photos de voyage et parfois des commentaires. Par contre, lorsque j’écris un billet qui touche ma carrière, ou un sujet d’intérêt général, je mets cette publication publique, pour permettre le partage.
Récemment, cette formule moins privée m’a apporté de curieux commentaires qui proviennent généralement d’hommes, du moins les comptes sont associés au visage d’un homme mûr (cheveux grisonnants, belle barbe, beaux yeux, belle carrure…). Ils prétendent vivre en France, en Belgique ou ailleurs. Ils me disent que je suis belle et très intelligente. Je trouve ça plutôt drôle comme approche. Tous ceux qui me connaissent savent que c’est la pire manière pour m’attirer. Je n’en ai rien à cirer de ce genre de propos.
Bien sûr, ils me demandent de les inviter à devenir amis Facebook. Je n’hésite même pas… Ça me prend moins de 30 secondes pour bloquer l’imbécile et faire disparaître son commentaire.
Récemment, dans une recherche pour un prochain livre, j’ai écouté le reportage «Sombrer en amour» de la série Enquête de Radio-Canada (28 octobre 2021). J’ai aussitôt soupçonné que ces hommes, qui m’approchent sur mon compte de manière aussi imbécile, essaient d’entrer en contact avec moi dans le but de m’arnaquer. La GRC a même donné des noms à ce genre d’opération : l’arnaque à l’amour ou la fraude aux sentiments. En 2020, ce stratagème aurait volé à des Canadiens, hommes ou femmes, 18 millions de dollars.
Au-delà de l’escroquerie, l’émission Enquête montre à quel point cette méthode résulte en une violence psychologique importante envers les personnes vulnérables, qui à leur tour, hésitent à raconter leur histoire, tant la honte les ronge.
J’ai décidé de les dénoncer en montrant qui font ça tout comme leur manière d’entrer en contact avec moi. Je suis certaine que d’autres en reçoivent aussi, des pareils ou d’un autre modèle. Plus on en parlera, plus les gens se méfieront de ces stratégies malicieuses.
Voici donc quelques exemples des demandes que j’ai reçues.
James Gibson prétend être un chirurgien orthopédiste et militaire retraité. Il aura étudié à l’université Stanford. Il habiterait Los Angeles et il serait veuf.

Thomas Bouvier prétend avoir étudié à Marseille, à Bordeaux et à Toulouse. Il habiterait Toulouse et son statut l’identifie comme divorcé. Son mur n’affiche aucun ami.
Ce Thomas a communiqué avec les algorithmes de Méta… sans s’en apercevoir. Ah ben ! Coudonc ! Le système envoie une réponse automatique chaque fois que je reçois des commentaires via mon compte « Suzie Pelletier écrivaine ». Un algorithme simple. Donc, ce monsieur Bouvier, du moins c’est le nom qu’il utilise, a reçu une réponse informatisée à son premier courriel. A-t-il vraiment cru que je lui répondais moi-même ? Il a renchéri pour recevoir une réponse automatisée identique à la première. Il a répondu une fois. L’énergumène serait-il arnaqueur ? Peut-être pas, mais nono, certainement.
La conversation aurait pu durer longtemps. Malheureusement pour lui, j’ai fini par voir son intervention non désirée et je m’en suis occupé.

Philip Adam ne s’est pas aperçu que mon site est uniquement en français. Celui-là, a quand même six amis. Son profil ne contient aucune information. On n’a aucune idée de son lieu de résidence, véridique ou faux, ou de sa profession. Par contre, Facebook a jugé bon d’ajouter une note : « Cette personne a créé un nouveau type de profil qui n’utilise pas nécessairement le nom qu’elle emploie au quotidien. » Oh! Oh! Mon signal à l’arnaque sonne fort !

Je dois ajouter ici que j’ai bloqué chacun de ces individus. Et ça n’a pas pris de temps !!!
Chers lecteurs et lectrices, faites attention à vous ! En ce début d’année, je vous souhaite tous mes voeux de bonheur et de joie pour 2024 !
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Suzie Pelletier, écrivaine
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