Même le roman le plus fantaisiste doit être crédible. Pour capter l’intérêt, les informations contenues doivent avoir du sens.
Quand je parle d’écriture avec les lecteurs, le sujet de la recherche revient fréquemment. « Tu es autrice et ton imagination est sans limite. Tu peux inventer tout ce que tu veux ! Pourquoi dépenser toute ton énergie à fouiller YouTube, les bibliothèques et l’Internet ? », me demande-t-on.
Ma réponse est généralement fort simple : je tiens à ce que les intrigues de mes romans soient réalistes. Ça passe par de l’information détaillée, juste et crédible.
Voici quelques exemples de recherches qui permettent de vérifier des détails qui en apparence semble anodin, mais qui prenne tout leur sens dans un roman qu’on veut crédible:
Dans « Péril au Honduras », mes personnages affirment que le Honduras est l’un des « pays le plus violent de la planète ». J’ai trouvé cette information sur plusieurs sites qui font références à des indices de criminalité proposés par l’ONU. Le ministère Affaires mondiales Canada en tient compte dans ses conseils aux voyageurs canadiens.

Dans ce même livre, j’aurais pu dire qu’ils utilisaient des « mitraillettes » pour se défendre. Ça aurait été plus facile. À partir de sites Internet de vente d’armes, j’ai pu choisir celles qui m’apparaissaient les plus intéressantes comme des Uzi ou des Mach. Lire sur ces armes m’a permis d’intégrer quelques détails qui rendaient le texte encore plus… meurtrier.

Dans un autre livre, mes personnages voyagent de Paris à Vaison-la-Romaine en huit heures. L’information vient de Google Maps qui indique sept heures 15 minutes pour 673 kilomètres. J’ai calculé au moins un arrêt pour manger et faire le plein d’essence. Si j’avais placé le périple le premier samedi du mois d’août, j’aurais dû ajuster le temps en fonction des nombreux bouchons provoqués, parfois sur onze kilomètres, par les Français du nord qui partent en vacances dans le sud… tous en même temps.

Quand c’est nécessaire, je consulte aussi des spécialistes de divers domaines pour valider les données et, même, ajouter quelques points qui amélioreront votre roman.
J’utilise également mon vécu quand je développe un livre. Par exemple, pour la collection du « Pays de la Terre perdue », je comprenais environ 70 % des renseignements pertinents comme la survie, la marche en forêt et la solitude. Par contre, pour « Alfred, choisir la vie », je connaissais très peu le sujet traité. La recherche a donc été plus longue.
Dois-je tout vérifier ?
Ben oui ! Pour moi, cette étape est cruciale dans l’écriture d’un roman. Le principe fondamental qui soutient ma démarche est le suivant : tous les lecteurs ensemble possèdent plus d’informations que moi toute seul, sur un sujet quelconque. Une donnée erronée trouvera au moins une personne qui sait la véritable information. Elle décrochera du livre avec un « eurk » bien sonné. La plupart du temps, elle ne me dira pas la faute que j’aurais commise, mais elle ne feuillettera plus mes livres. Point.
Quand je développe un roman, il m’appartient de présenter le texte le plus juste possible, même si j’ai inventé une histoire. J’aime mieux chercher des informations que je n’utiliserai pas plutôt que d’oublier de vérifier un détail minuscule qui pourrait rebuter un seul de mes lecteurs.
La recherche est une partie importante de l’écriture. Il ne faut surtout pas la négliger.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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