Tu vends sur Amazon ? T’as pas honte ?

J’ai reçu ces commentaires des centaines de fois depuis un an. Pourquoi ? Parce que je fais de la publicité sur Amazon… et que je deviens de plus en plus visible. Voilà ! Je trouve ça bizarre parce que quelques-uns de ces commentaires viennent d’écrivains ou d’écrivaines qui ont publié avec des maisons d’édition… qui ont inscrit leurs livres sur Amazon. Peut-être que ces auteurs ne le savent pas… Regardez donc dans votre cour avant de critiquer ce qui se passe dans la cour du voisin. 

Curieusement, je parle rarement de ce volet de mon métier. Comment l’ont-ils su ? Peut-être que ces gens achètent des livres sur Amazon. Qui se rend le plus coupable d’encourager un GAFA, ici ? L’éditeur qui offre ses livres sur Amazon ? Celui qui achète un livre autrement qu’en librairie ? 

Pourquoi Amazon ? Pour répondre à des demandes répétées de mes lecteurs qui ne résident pas au Québec. Mon but est également d’élargir ma clientèle en Europe, au Canada français et ailleurs dans le monde. J’utilise l’outil intégré «Amazon Ads» pour mieux me faire connaître, pour donner une plus grande visibilité à mes livres et, vous le comprendrez, pour augmenter les ventes. 

Tu te rappelles que c’est l’un des GAFA ? Bien sûr ! L’acronyme correspondant à Google – Apple – Facebook – Amazon. Un jour, un client européen m’a écrit « J’ai acheté le premier livre de la collection du Pays de la Terre perdue lors d’une visite au Canada, mais je ne peux pas avoir les autres en France. Je suis tellement déçu.» J’ai cherché la meilleure manière de répondre à sa demande sans que ça me coûte plus cher en livraison que l’édition de ces livres… À la suggestion de plusieurs Français, Amazon devenait le moyen idéal pour leur permettre d’obtenir mes livres.

Tu encourages un GAFA ? En fait, je fais travailler Amazon pour moi. Je m’en sers comme d’une librairie universelle pour rejoindre des lecteurs partout sur la planète. Est-ce que j’ajoute à la menace que peut engendrer la présence d’Amazon dans l’univers du livre au Québec ? Non, bien sûr. Mes livres sont disponibles en librairie. 

Tu lâches les libraires au Québec ?  C’est de loin la question qui m’étonne le plus. D’où vient cette idée qu’on ne peut choisir qu’une seule manière de faire les choses ? Au Québec, si tu places tes livres ailleurs, chez Costco, par exemple, on interprète tout de suite que tes livres ne sont plus en librairie et tu passes pour un traitre. J’ai une bonne nouvelle pour les gens aux idées monolithique : on peut placer nos livres à plusieurs endroits en même temps ! OUI ! Mes livres sont vendus en librairie ET sur ma boutique en ligne. Ils sont disponibles aussi sur Amazon ET sur Kobo.

Sylvain est un homme intelligent. Il a rapidement compris qu’au Québec, une promotion sur Amazon se transforme souvent à des ventes en librairie. Parce que les Québécois, ils aiment leurs libraires. Ils font du lèche-vitrine sur Amazon pour consulter les banques de livres, mais ils achètent en librairie, sauf si ça prend trop de temps. Parce qu’avec le programme «Prime» d’Amazon, le client reçoit son livre le lendemain. Mais ça, il appartient à nos libraires d’améliorer les choses… 


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