Europe – De Vienne à Budapest

Si nous avions eu une journée de plus à Vienne, nous l’aurions acceptée
avec joie. Bien sûr, nous avions visité tous nos points d’intérêts, mais
Vienne restera dans ma tête la ville où l’on peut déambuler d’une rue à l’autre
en écoutant de la musique.

Bref, le forfait prévoit que nous partions pour Budapest aujourd’hui. J’ai
profité du voyage en train pour commencer cet article afin de présenter un peu la Hongrie, le pays où nous allons, et Budapest, la ville où nous passerons trois jours.

La Hongrie est un pays de
l’Europe centrale sans accès à la mer. On y parle le hongrois et la monnaie est le forint

Le territoire a d’abord été habité par les Celtes, puis envahi par les Romain, les Huns, les Slaves, les Gépides, et les Avars. On peut s’imaginer que ces conquêtes successives ne se sont pas faites sans bains de sang. Elle devient la Hongrie au 9e siècle. Elle fut soumise par les Turcs et attachée à l’Empire ottoman de 1541 à 1566. Puis, elle fut régie par l’Autriche (l’empire austro-hongrois) du temps des Habsbourg.

Elle acquit ses frontières actuelles en 1920 par le traité de Trianon qui lui fait perdre 71 % de son territoire. Elle s’est rangée du côté des nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, elle a connu la répression russe d’après la guerre. Elle ne reprend sa souveraineté véritable qu’avec la chute du bloc soviétique dans les années 80-90.

La ville de Budapest a été créée en 1873 par la réunion des villes de Buda,
d’un côté du fleuve, et de Pest, de l’autre. Du temps des Celtes à aujourd’hui, la ville a été occupée par les Romains, les Mongols, les Magyars, les Turcs et, bien sûr, les Autrichiens, les Allemands et les Russes. S’étant retirée du giron communiste soviétique, Budapest a pris sa place comme l’une des capitales les plus attrayantes. Pour la présenter, les guides touristiques parlent d’une quantité importante et variée de sites et de styles excitants et élégants. Tous les visiteurs devraient y trouver leur intérêt.

Nous sommes arrivés à Budapest par la gare de l’est, toute petite et vieillotte. Budapest est considérée comme l’une des plus belles villes d’Europe, ce qui n’est pas mon point de vue, mais qui suis-je pour contester ce dire ? D’ailleurs ma première image de Budapest n’est pas élégante.

Bien que le chauffeur de taxi nous ait vanté l’éclat de sa ville, j’y ai d’abord vu la crasse, la pauvreté et j’y ai senti un mélange de poussière persistante, d’urine, de sueur, de pot d’échappement, de bière rancie et de cigarettes. Mes oreilles se sont remplies du son incessant des sirènes de polices et d’ambulances qui hurlaient de jour comme de nuit. Ça n’arrêtait pas. L’humidité et la chaleur nous écrasaient.

Arrivés à l’hôtel tôt en après-midi, nous avons décidé de nous rendre au
parc le plus près, histoire de marcher un peu dans la ville. Les rues que nous avons empruntées ne sont pas dans les circuits touristiques. Elles sont sales. Le pavé est rempli de taches foncées encore dégoulinantes (je vous laisse deviner !), de crottes de chien et de mégots de cigarette. Nous tentions de les éviter, ce qui nous empêchait, peut-être, de voir la beauté de cette ville.

Les gens assis sur leur bout de trottoir, parfois sur une chaise branlante, par terre, ou appuyé sur un mur décrépi et sale, une bière d’une main et une cigarette de l’autre, ne nous inspirent pas confiance. D’ailleurs, on nous
observe avec méfiance. La rue pour se rendre à la gare, le point central de ce
quartier, est à peine plus invitante.

La température humide de 35 °C ajoute à notre désarroi et nous avons décidé de rentrer à l’hôtel, nous promettant d’attendre au lendemain pour infirmer,
nous l’espérons, ce jugement sévère que nous posons sur la ville de Budapest.

Peut-être que la ville historique nous impressionnera. Qui sait ?

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