Cuba — La Havana et la contradiction

Lors de notre séjour à La Havane, nous logions à l’hôtel Iberostar Parque Central, en bordure de la Prado.

Cette rue ressemble à une immense Plaza au sol tuilé qui s’étire sur deux kilomètres entre le parc Parque Central et le bord de mer. 

À deux pas vers le nord, la vieille partie de la ville s’étendait sur plusieurs kilomètres à la ronde. 

Il n’y a pas de Commission sur la santé et la sécurité au travail qui obligerait les propriétaires à protéger ses employés ou les passants. Non. Même les touristes ont accès à tout ! Danger ou pas !

Les travaux d’infrastructures sont d’ailleurs nombreux. Est-ce un effort du gouvernement pour améliorer cette partie de la ville qui se remplit régulièrement de visiteurs étrangers ? Dans un sens, La Habana Vieja nous montre des scènes où se côtoient la pauvreté et la richesse.

Sur la photo, on voit d’abord la couleur bleue d’une bâtisse de type colonial. Mais à la gauche, on note une maison à la façade creuse, sans toit, et fort délabrée.

Les logements qui appartiennent aux Cubains tombent en ruine par manque d’argent. Par contre, on dénombre plusieurs hôtels de luxe et des musées abrités dans de magnifiques maisons coloniales rénovées. 

J’ai constaté que cette contradiction n’est pas unique aux vieux quartiers de la ville. Une balade dans La Havane en autobus touristiques nous a fait comprendre que le phénomène est étendu. Bien sûr, la ville moderne attire le regard. Cependant, à côté du secteur de l’université ou de l’immense place de la révolution, nous avons vu des appartements en désuétudes. Dans une section fort huppée, à une dizaine de kilomètres de La Habana Vieja, des clôtures de trois mètres cachent des bâtisses délabrées et des gens qui vivent littéralement dans la rue. 

Cet état confirme mon impression sur Cuba. Plaçant le tourisme en avant de toutes les autres raisons économiques de l’île, on cajole les visiteurs mieux qu’on ne s’occupe des Cubains. Il n’est pas rare de voir des Cubains faire la queue devant une épicerie en vue d’obtenir les choses essentielles de la vie, comme le lait pour les bébés, qu’on leur vend au compte-goutte tant qu’il en reste sur les tablettes.

Dès qu’ils se présentent, les étrangers sont invités à passer devant les Cubains. Oui ! Sans faire la file. Bien sûr, les transactions seront en Pesos convertibles, équivalent à 1 $ US, au lieu des pesos cubains, qui valent 5 ¢ US, que reçoivent les Cubains pour leur travail. Si on peut être choqué que l’on vende plus cher une brosse à dents aux touristes, il faut se souvenir que les Cubains n’en auront pas à cause de la pénurie, ou ils seront incapables de se la payer.

Devant l’inconvenance de ce système qui permet aux chauffeurs de taxi et aubergistes de faire plus d’argent que les médecins et les physiciens, le gouvernement a annoncé, en octobre 2013, une réunification des deux monnaies. Le processus devant prendre 18 mois, nous n’avons pas vu l’effet au moment de notre visite. 

Sans doute espère-t-on que, au bout de l’exercice, le Cubain moyen devienne mieux nanti. C’est sans compter sur la fin de l’embargo. L’arrivée massive de produits américains inondera tout simplement ce petit marché et éliminera possiblement tous les entrepreneurs ingénieux que nous retrouvons partout à Cuba.

Il faudra y retourner dans quelques années, pour constater le résultat.


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