En ce 17 novembre 2014, j’observe du coin de l’œil l’imprimante qui crache, une par une, les pages de la version 9 de mon manuscrit « Le Retour ». C’est le cinquième de la série « Le Pays de la Terre perdue » et mon cœur se remplit d’appréhension. Je me sens si fébrile. Comment se fait-il, qu’après quatre romans fort réussis, j’aie encore des doutes ?
Depuis des mois, je répète à mes lecteurs qu’ils n’auront pas à attendre longtemps avant de prendre possession de la collection complète de la collection où il n’y a aucune civilisation ni de technologie. Chaque fois, mon visage exprime une certitude qui rassure.
Depuis 8 h ce matin, je tente de me raisonner. Je sais que mes livres se vendent bien. Ils plaisent et les exemplaires en bibliothèque sont rarement en rayon alors qu’il y a une liste de personnes qui veulent les lire. Les libraires les écoulent facilement. Mes lecteurs attendent impatiemment que le prochain sorte pour l’acheter. Pourquoi ces papillons qui me coupent l’appétit ? Ma tête me répète que tout va bien se passer, mais la boule dans ma gorge me dit autre chose.

Est-ce que mon tome cinq est bon comme les quatre premiers ? Est-ce que les tournures spéciales que j’ai ajoutées pour captiver l’audience seront à la hauteur ? Est-ce que Marie, mon éditrice, acceptera celui-là aussi facilement que les autres ? C’est fou, je le sais.
Merde ! Je pensais qu’écrire ces quelques lignes, pendant que le manuscrit s’imprime, m’aiderait un peu à descendre ce stress. Non ! ma nervosité a plutôt monté d’un cran ! Je change de tactique. Je ferme les yeux et je cherche au fond de mon âme. Une grande satisfaction fait lentement surface. Me voilà rendu comme Nadine avec des émotions contradictoires ! La peur et la joie tentent de faire bon ménage… ça peut devenir explosif !
Je savoure cette sensation de bien-être qui m’enveloppe. Quel chemin parcouru depuis le début de cette aventure exceptionnelle dans le monde de la littérature québécoise ! Quand le cinquième bouquin sortira des presses, j’aurai créé, écrit, corrigé un million de fois, subi du coaching et publié cinq romans en deux ans. Wow ! La fierté remplace le doute. Je laisse l’énergie qui en découle me dynamiser. Ça va marcher ! C’est sûr que le tome cinq est encore meilleur que les autres.
Je me souviens de l’angoisse ressentie quand, discutant avec mon éditrice Marie Brassard, le premier plan de travail a vu le jour. On se proposait de terminer la publication de la série de six romans en octobre 2015. Nous étions en novembre 2012. J’œuvrais déjà sur ce projet depuis avril 2011. Je ne voulais pas céder à la panique qui m’étouffait. J’avais des sueurs froides sur tout le corps. Si je trouvais géniale l’idée de produire les six livres en trois ans, j’hésitais à promettre à mes fans une chose aussi époustouflante. Ayant appuyé ma carrière (celle d’avant celle-ci…) sur l’éthique professionnelle, cette fois j’avais peur de m’y perdre. Puis, en dépit de mon cœur qui battait la chamade, j’ai plongé dans l’action. Les heures furent longues, les journées interminables, les mois remplis d’une crainte viscérale de ne pas y arriver. Quand l’affolement me faisait trembler, je serrais les dents et je travaillais plus fort.
Aujourd’hui, je sais que je tiendrai ma promesse. Le cinquième bouquin sortira en mars 2015 et le sixième, déjà écrit et corrigé, sera en librairie en octobre 2015. Rien d’étonnant que la fierté soit au rendez-vous ce matin…
Mais ? Est-ce que les lecteurs vont aimer ce tome 5 ? ASSEZ ! CESSE DE T’EN FAIRE ! PLONGE !
OK ! Il me reste à mettre le manuscrit dans l’enveloppe. Mes mains tremblent d’excitation. Je suis certaine que mes yeux brillent. Je le donnerai à Marie dans quelques jours. C’est reparti… ouf !
Je vous donne rendez-vous en février 2015 dans un Salon du livre, en librairie dès le premier mars 2015.
GO ! GO ! GO !
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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