Cette publication s’inscrit dans une suite de textes par lesquels je discute de diverses questions qui me sont posées régulièrement lors de rencontre avec les lecteurs. Pour plus d’information sur cette série, vous pouvez consulter mon billet « mes aventures dans le monde littéraire » sur ce blogue, publié le 14 octobre 2014.
La question en titre est venu de plusieurs lecteurs.
Je reçois souvent cette question lors de mes séances de dédicace. L’interrogation me laissait perplexe au début. Après tout, je n’ai pas d’étude dans le domaine littéraire. Par contre, mon expérience des deux dernières années me permet de développer une réponse basée sur mon apprentissage. Elle s’établit donc en trois temps :
1) L’expérience de la vie.

Je précise. Il n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir 90 ans avant de prendre son crayon. Il suffit d’avoir été suffisamment influencé par des évènements pour avoir quelque chose à partager.
Qu’on publie ou pas, l’écriture est une passion qui transcende l’être. À titre d’exemple, noter mes impressions sur ce qui m’entourait a toujours fait partie de mon existence. On peut lire mon billet « l’écriture, une aventure, un roman » sur le sujet.
Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé écrire. Dès l’adolescence, l’écriture, tout comme le dessin, est devenu une manière de digérer mes émotions un peu trop fortes. Puis, l’habitude est restée au passage à l’âge adulte.
Si cet engouement a pris une place plutôt effacée au cours de mes études et de ma carrière, c’est l’arrivée de ma retraite qui m’a permis de renouer avec le plaisir de raconter sur papier ce qui touche le coeur et l’âme.
D’abord, ce fut le blogue « La vie est belle 54 » créé en août 2010 sur le site de Blogger, un produit de Google. depuis son ouverture, j’y ai publié plusieurs centaines d’articles sur les voyages, le plein air et l’écriture. Depuis le 10 décembre 2023, ces articles ont été transférés sur ce blogue intitulé Les défis de Suzie, sur le site WordPress. Par contre, si je m’éclate régulièrement avec ces billets fort variés de moins de 500 mots et truffés de photos, j’ai besoin de bien plus.
En 2011, la vie m’a bousculée à nouveau. La découverte d’une tumeur dans une jambe m’a rappelé que je n’étais pas immortelle. Si la courte bataille s’est terminée en ma faveur, la réflexion profonde qu’elle m’a imposée s’est traduite dans un roman fort intense qui est devenu une série en six tomes, Le Pays de la Terre perdue.
2) Le travail acharné est aussi important que l’expérience.

Si j’aime par-dessus tout la partie de l’écriture qui se passe entre ma tête, le clavier et l’écran, j’ai été étonnée des difficultés rencontrées pour percer dans le monde littéraire.
Les défis s’accrochent au choix d’une maison d’édition, la présence nécessaire dans les Salons du livre, le marketing des bouquins et de l’autrice, le plan de communication, le fait d’être ignorer et même, la bouderie. Ouf ! Le travail est énorme, mais, pour l’aventurière que je suis, chaque écueil est une colline que je dois grimper pour voir ce qui m’attend de l’autre côté. Au fur et à mesure que j’apprenais de l’expérience, j’ai compris qu’entre les verbes « vouloir » et « réussir », il y avait un monde à conquérir avec détermination et discipline. La distinction est presque aussi complexe qu’entre les mots « rêver » et « agir »…
3) La prise de risque

À un moment précis de cette belle expérience littéraire, j’ai eu un recul, un haut-le-coeur même. Quand j’ai compris que Le Pays de la Terre perdue se transposait en roman, j’ai secoué la tête me disant que de créer un bouquin n’était pas pour moi.
Trop long. Trop compliqué. J’ai même mis le texte dans le fond d’un tiroir. Mes discussions avec des gens qui veulent écrire m’ont convaincue que c’est de loin le plus gros frein à devenir auteur. Celui de refuser de prendre le risque. Il parait que c’est un blocage normal basé sur la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas réussir, de faire rire de soi ou que notre œuvre ne plaise pas. La crainte de tomber ou de se planter complètement empêche une personne de faire le premier pas et fait obstacle à transformer ses rêves en action. En ce qui me concerne, la puissance de l’idée et mon caractère rebelle m’ont forcé à pousser l’expérience jusqu’à la publication et, je le comprends aujourd’hui, bien au-delà de cette étape. D’autres histoires prennent déjà forme dans ma tête.
Alors qu’on a choisi de plonger dans l’inconnu, il ne reste qu’à trouver les outils qui nous aident à développer son style littéraire pour atteindre son potentiel. Pour moi, ce fut le retour à l’université, le coaching, le contact avec des collègues auteurs, les rencontres avec les lecteurs.
En somme, pour devenir écrivain, il faut avoir une expérience de vie qui nous permet de partager un point de vue, prendre le risque et travailler dur. La suite n’est qu’une simple question d’apprentissage et de volonté de se laisser influencer. L’expérience de chacun se transposera de façon différente dans la vie, dans les choix de partager tout comme dans l’apprentissage qui nous faisons. C’est ainsi que l’on participe au développement d’une littérature québécoise riche et très diversifiée.
Allez ! Prenez le crayon ! Commencez par tracer un mot et la phrase suivra, tout comme le paragraphe. Le temps de travailler, vous aurez un roman. Bonne écriture !
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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