Ullapool juillet 2001
NDLR 4 janvier 2024 : ce texte a été modifié pour refléter la réalité d’aujourd’hui.
Ce texte fait partie d’une collection qui s’intitule « Deux Québécois en vadrouille en montagne » qui fait partie de quatre séries de textes, écrits et réunis avant l’ouverture de ce blogue:
Deux Québécois en vadrouille en Écosse
Deux Québécois en vadrouille en Irlande
Deux Québécois en vadrouille à Paris
Deux Québécois en vadrouille en montagnes.
Ces livres ne sont publiés qu’en version numérique et disponible uniquement sur Amazon et Kobo.
Meall Mhor est le récit de la grimpée d’une simple colline qui surplombe le village de Ullapool en Écosse. J’ai effectué cette randonnée en 2001, mais, comme à mon habitude, voulu faire un retour sur ce périple.
Mon nez se rappelle encore de l’odeur de varechs qui s’associait à celle des plantes alpines. Je ne parlerais pas d’harmonie, par exemple. Pour ce premier voyage en Écosse, nous avions gardé les Highlands pour la fin. L’arrêt à Ullapool devait nous permettre de reprendre un peu notre souffle. Nous sommes tombés en extase dans ce petit bled cantonné entre la montagne et la mer.

Ullapool est un petit village qui, à son origine, avait la pêche comme principale industrie.
Les odeurs de poissons qui flottent dans l’air, tout comme les nombreux bateaux qui sont presque couverts de mouettes criardes, nous indiquent que cette activité de mer reste un métier largement présent encore aujourd’hui, pour les villageois. Par contre, le tourisme devient de plus en plus important alors que les traversiers vers les autres îles, les Hébrides extérieures, et vers l’Irlande partent et reviennent au port tous les jours.
En Écosse, aucune clôture ne vient restreindre les droits de randonnée pédestre. Il s’agit d’un principe fondamental qui date de leur origine picte et qui est gardé aussi jalousement que la vie elle-même. S’il y a eu de nombreuses guerres de clans dans les Highlands, on y dénote aucune chicane de clôture.
Curieusement, le début du sentier est installé juste au bout d’une rue résidentielle. Cet état de fait démontre encore une fois à quel point la montagne fait partie de la vie de tous les jours en Écosse. Les villageois prennent tellement leurs collines au sérieux que les pistes partent dans le fond de leur cour ou celle du voisin. Nous rencontrons d’ailleurs plusieurs habitants du coin qui s’empressent de nous sourire et nous dire bonjour. Ils sont accueillants, ces Écossais. Peut-être que leur rictus est un peu narquois parce qu’ils nous voient gravir cette butte alors que nous sommes habillés comme si nous montions une Monroe (montagnes dont la cime est à plus de 900 mètres) et qu’il pleut de plus en plus.

La nature est capable de nous présenter des scènes d’une grande beauté. Ce jour-là ne faisait pas exception. Une fois que les nuages se furent vidés de leur humidité, le soleil a repris du service:
Le soleil se couche très tard dans les Highlands. La position de cette contrée au nord de la planète, ainsi que sa proximité de la mer, étire longuement les heures où la lumière oblique borde le paysage de tons ocres, orange et jaunes. Nous en profitons donc pour rester quelque temps au sommet du mhor pour admirer les environs sous tous ses angles. Denis prend une série de photos, je gribouille dans mon calepin. Puis, tout en nous émerveillant devant cette nature, nous planifions notre journée du lendemain.
Les voyages forment la jeunesse, ainsi que les plus vieux. C’est ainsi que nous avons assisté, bien malgré nous, à la naissance des séries de téléréalité. La série Big Brother a pris sa source au Royaume-Uni en 2001. Le résultat a été fulgurant alors que ce concept de voyeurisme se propage à travers le monde à la vitesse de l’éclair. Malgré l’enthousiasme collectif, je suis toujours aussi étonnée par le nombre de ces émissions qui continuent de captiver les gens.
Notre toute première impression reste mémorable. Une image farfelue se fige en permanence dans notre histoire de marche en montagne : nous voyons pour la première fois, sur grand écran direz-vous, l’émission anglaise « Big Brother ». Nous sommes sceptiques, même si les Britanniques autour de nous semblent apprécier, baver presque. Nous sommes un peu atterrés par cette bêtise humaine qui pousse 15 personnes tout à fait inconnues avant le début de la série, à s’enfermer dans une maison pendant trois mois pour éliminer un à un les amis qu’elles viennent de se faire. Est-ce que cet exercice de compétition fort malsaine vaut vraiment un demi-million de livres sterling ?
Si la version complète de ce texte, ainsi que les autres sur la marche en montagne, n’hésitez pas à le commander sur Amazon. Son coût est de 1,49 S ca.
Bonne lecture !
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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