De la vraie littérature ?

En participant aux Salons du livre, on discute avec toutes sortes de personnes. Généralement, ces rencontres sont fort enrichissantes, que l’on aime ou pas mes livres ou mon genre d’écriture. Le processus de croissance, en tant
qu’autrice, prend toutes sortes de formes et la séance de dédicaces en est une
que j’aime beaucoup.

Parfois, une rencontre devient quelque peu curieuse. C’est ce qui m’est arrivé à Sherbrooke en octobre 2013. J’étais assise devant ma table de dédicace, avec une pile du recueil « Un bouquet de roses » devant moi. Un large sourire exprimait toute ma fierté de présenter ce magnifique bouquin au public. 

Puis, une personne s’approchant de ma table m’a fait perdre mon sourire. Son allure hautaine m’a fait grincer des dents avant même que notre conversation
débute. Puis, ses propos m’ont complètement bouleversée. La dame voulait faire une plainte aux organisateurs. Elle trouvait qu’il n’y avait pas assez de « grande littérature » dans les présentoirs. Imaginez les lèvres pincées de la dame et son nez en l’air.

Quand je lui ai demandé de préciser ce qu’elle cherchait, elle m’a répondu qu’il y avait trop de livres pour enfants dans les kiosques. Pour exprimer ce qu’elle recherchait, elle m’a nommé des auteurs américains comme Stephen King et Danielle Steele, mais je n’ai pas tout retenu. Elle aurait aimé rencontrer Alice Munro, celle qui vient de gagner le prix Nobel de la littérature de 2013. J’ai donc affirmé qu’il n’y avait pas beaucoup de livre en langue anglaise dans le Salon. Je lui ai parlé de Louise Penny, une autrice anglophone établie en Estrie.

Madame s’est fâchée ! Elle ne lit pas l’anglais ! Elle lit des traductions ! J’ai préféré me taire…

Je dois avouer que je ne savais pas quoi lui répondre. Mes idées étaient
diamétralement opposées aux siennes. Les Salons ne visent-ils pas à promouvoir le livre québécois  et régional ? Puis, j’adore voir tous ces petits bouts choux assis par terre avec un livre dans les mains… 

Alors, j’ai poussé un peu, tant qu’à l’avoir dans ma face. Je lui ai parlé du livre que j’avais dans les mains, « Un bouquet de roses », un beau collectif d’auteurs québécois connus et bientôt connus. Une belle cause caritative. La dame a levé la main dans les airs pour m’arrêter de parler. Le nez retroussé et les yeux en l’air, elle m’a répliqué sèchement : « C’est de la vraie littérature que je cherche, des gens connus… »

Je me suis contentée de la diriger vers un bénévole qui l’aidera à trouver
un administrateur du Salon. Peut-être que celui-là sera mieux outillé que moi
pour répondre à sa plainte.

Heureusement, les autres visiteurs des Salons du livres sont beaucoup plus charmants, souriants et intéressés à la très grande variété de lectures que nous offrons collectivement.  


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