21 mars 2013
— Vous avez le numéro 9. Ça ne sera pas long. J’ai deux médecins ce matin, me dit l’infirmière du triage.
Je n’arrive pas à saisir si mon attente sera courte parce qu’il y a deux médecins ou parce que j’ai un numéro sous dix. Je souris, puis, en m’éloignant je secoue la tête. Je suis bien résigner à attendre ce matin. C’est ça l’urgence !Je ne crois pas avoir rien de grave. Des boutons agaçants sont apparus sous ma langue il y a une semaine. Non seulement ne disparaissent-ils pas, mais ils m’empêchent de manger… Ça, c’est grave. Puis, ce matin, la douleur intense est descendue dans la gorge. Assez ! C’est assez!
Je n’aime pas les cliniques sans rendez-vous. Ou plutôt, je déteste être malade. Ce 19 mars, je suis arrivée à 8 h 20 pour m’apercevoir que la clinique commençait à 8 h 30. Quand les portes s’ouvrent, les malades se rendent au comptoir, selon leur rang d’arrivée. Je suis impressionnée, car je m’attendais à devoir défendre ma place, bec et ongle. Mon rang, vous l’aurez deviné, est le numéro 9.
Une première attente; il faut d’abord présenter la carte soleil, à tour de rôle, et écrire pourquoi on a pris le risque de se présenter à une clinique pleine de gens malades. Mon tour passe à 9 h. Je note qu’aucun des clients sans rendez-vous n’a vu le médecin encore.
Une deuxième attente. On m’appelle dans la salle de triage. 5 minutes de discussion avec l’infirmière. Oui, je dois voir le médecin, je ne sais pas lequel. Ce ne sera pas long. Retour dans la salle d’attente. Il est 9 h 40. Tout va bien. Je suis équipée pour l’attente.
Je soupire. Je suis tannée de lire Jacques Poulin, ce livre obligatoire pour mon cours. Je sors mon iPad pour passer le temps. Pourquoi suis-je surprise que mes doigts cherchent le clavier ? Comme toujours.
Il est 10 h. On appelle le numéro 7. Le numéro 8 tousse à se décrocher les poumons. Il ne porte pas de masque. Est-ce que je sortirai plus malade d’ici qu’à mon arrivée? Sur le coup, je n’ai plus mal à la bouche. Seul le souvenir de la douleur intense en me levant ce matin me colle sur ma chaise. L’infirmière se pointe, lui présente un masque qu’il repousse de la main, l’infirmière insiste. C’est obligatoire monsieur. Merci, gentille dame, de protéger notre santé.
Je continue d’écrire, puis je lève la tête. Le numéro 8 n’est plus dans la salle. Est-ce qu’on m’aurait appelée et que, concentrée sur les mots, je n’aurais pas entendu ? Soudain, je suis nerveuse. Je vérifie. Le numéro 10 est encore dans la salle. Ouf ! Je retourne à l’écriture, gardant mes oreilles bien ouvertes.
— Suzie Pelletier !
C’est mon tour. 10 h 15. Une dernière attente. Non, pas vraiment, car je devrai certainement faire un saut à la pharmacie. Ça s’appelle des aphtes. Dans mon cas, résultat probable d’une morsure de la langue dont je ne me souviens. Un récent rendez-vous chez le dentiste. Ça fait mal ! C’est désagréable. Pas de thé, pas de café, pas de nourriture sucrée ni de nourriture acide. pas de fruits ? Merde. Au moins une semaine. L’enfer.
Somme toute, je m’en suis bien tirée avec trois heures, incluant la pharmacie. L’attente n’était pas si pire que ça. Ce matin, il n’y avait pas d’engorgements de la clinique, qui n’avait reçu que 23 patients depuis le début. Parce que la période de la grippe s’effrite. Parce que c’est mercredi. C’est quoi le rapport ? Aucune idée, mais ce que j’ai entendu de l’échange entre deux infirmières. Est-ce que la tempête, ou plutôt le lendemain de tempête a une incidence? Je n’en ai pas la moindre idée.
Mais j’apprécie. Au plus haut point !!!
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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