7 février 2013
Quand l’écrivain(e) écrit une histoire, il(elle) passe d’abord des mois dans son monde de création, sa tête. Des milliers d’heures de plaisir à inventer des personnages et à leur faire vivre des aventures rocambolesques, inimaginables, bouleversantes, stressantes, joyeuses ou enivrantes

Veut-on un monde fantastique ? Une aventure toute en émotion ? Une quête quelconque ? L’auteur(trice) a le choix et il(elle) a le contrôle. Il(elle) développe son histoire, un mot à la fois, une phrase, un paragraphe, un chapitre suivant l’autre. Il(elle) bâtit l’intrigue, attache les bouts de l’histoire à son goût. Il(elle) lit, écrit, relit, réécrit. Il(elle) vérifie, recherche l’information, édite, refait un bout d’histoire et vérifie à nouveau. Puis il(elle) recommence l’exercice dix fois, vingt fois, jusqu’à ce qu’il(elle) soit satisfait(e) de son travail.
Écrire un roman prend des mois, souvent des années. Un travail qu’on effectue seul avec sa plume, son iPad, son ordinateur, des dictionnaires et qui comprend des heures de recherches. Un travail stimulant qui apporte une satisfaction incommensurable. La passion de l’aventure à son meilleur. Une charge d’adrénaline à chaque bout d’histoire. Un voyage intérieur qui change l’artiste.
Puis un jour l’idée lui vient que, peut-être, d’autres personnes aimeraient lire son histoire. L’auteur(trice) sort de sa tête pour entrer dans un monde rationnel difficile à comprendre. La transition est brutale. Il faut travailler dur. Les attentes sont hautes et les résultats pauvres. L’artiste, si confiant(e) dans son œuvre, vit une frustration grimpante au fur et à mesure que les maisons d’édition refusent de publier son œuvre.
Il y a des réponses condescendantes du genre : « Vous croyez vraiment que votre histoire pourrait nous intéresser ? » On entend l’employé, le nez en l’air se dire : « Non, mais pour qui elle se prend celle-là? » Puis il y a la belle lettre : « Merci, nous avons aimé, mais votre histoire ne fait pas partie de nos collections. » Puis on fait revenir le texte papier pour réaliser que cette maison n’a même pas ouvert le manuscrit… « Aimer, vous dites ? »
Cette période de ma vie d’écrivain a duré 10 mois. Pénible. Difficile. Frustrant. Déchirant. D’autres ont cherché dix ans et attendent encore. Seule l’expérience de la vie m’a fait serrer les dents et foncer. Téméraire, j’ai refusé le diagnostic de ces maisons dont les critères étaient plutôt « Est-ce que quelqu’un vous connaît… » que la valeur de l’œuvre. Je comprenais leur besoin de vendre vite et beaucoup, pour survivre dans un monde capitaliste où la clientèle est restreinte.
Je savais aussi que mes talents d’autrice étaient en développement et que j’avais besoin d’aide pour terminer cet apprentissage à la course. Je n’étais pas prête pour l’autopublication, comme mettre son roman sur amazon.com sans aucune édition). L’une de mes plus grandes valeurs dans la vie est celle de grandit par l’apprentissage. Je savais donc que je pouvais pousser mon talent encore plus loin.
Mais je n’allais pas lâcher prise. J’ai exploré les maisons d’édition indépendantes. Elles ne sont pas subventionnées par les gouvernements, alors il faut parfois participer à la mise de fonds. En contrepartie, les droits d’auteur sont entièrement protégés. Ces maisons offrent plutôt un contrat d’édition qui s’apparente à un partenariat; j’étais conquise. J’ai senti le respect de l’auteur et de son œuvre. J’ai trouvé un monde ouvert, compétent, où la passion du livre passe avant tout. Dans le kiosque de l’Alliance des éditeurs indépendants dans les salons du livre, l’énergie circule et la camaraderie s’accompagne de rire et de tapes dans le dos. Pas de compétition malsaine. Je suis à l’aise. Auteurs et autrices, lecteurs et lectrices, tout comme les éditeurs et les éditrices y sont au rendez-vous. Les rôles sont flous, indistincts. Tous ont le même langage… celui de la passion de l’écriture.

J’ai été chanceuse. J’ai rencontré Marie Brassard au Salon du livre de Sherbrooke, ce vendredi 12 octobre 2012. Un hasard. Je lui ai parlé de mon projet. J’ai senti l’intérêt pour l’œuvre. Elle a décidé de prendre le risque. J’ai décidé de plonger dans l’inconnu…
signature du premier contrat en novembre 2012.
Parce que je n’avais pas la moindre idée dans quoi je m’embarquais. Coach en écriture, elle a su guider mes pas. Mon roman a grandi, prenant son envol vers une autre sphère. D’une histoire bien ficelée, nous avons maintenant un roman enlevant, intriguant où se frottent philosophie et émotions pures.

Aujourd’hui, le 7 février 2013, mon roman part pour l’imprimerie. Je flotte. J’ai les larmes aux yeux. De joie. J’ai mal au cœur. De sensibilité. J’ai peur. De l’inconnu. Comme toujours, je fonce tête baissée dans l’aventure. L’adrénaline circule dans mon corps à une vitesse virtigineuse.
Maintenant, c’est au tour des lecteurs de décider… Une autre aventure commence. Des rencontres enrichissantes, des Salons du livre.
Pour plus d’information sur cette aventure ou sur les endroits où vous procurez le livre, visitez les sites web suivants :
Au sujet de l’autrice, Suzie Pelletier
Au sujet du Pays de la Terre perdue
NDLR : décembre 2023: Ce premier livre a été suivi, à l’automne 2013, par le deuxième tome, l’Hiver. En 2014, les tomes 3, la mer, et 4. les visiteurs, ont été publiés. Les tomes 5, le retour, et 6, Emmanuel, ont parus en 2015. En 2016, à la demande des lecteurs, un recueil de nouvelles, intitulés des nouvelles du Pays de la Terre perdue, a été publié. Les lecteurs peuvent obtenir de plus amples informations en naviguant sur le site https://editionsdudefi.com
Cette collection, le Pays de la Terre perdue, n’est qu’un jalon important d’une aventure extraordinaire, celle de l’écriture. De ce blogue à des récits de voyages, est ressorti ce dont j’avais besoin pour me lancer dans une nouvelle carrière, à l’aube de ma retraite. je n’ai aucun regret.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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