Jeudi le 31 juillet 2003
L’île d’Entrée n’est accessible que par bateau ou par avion. Nous avions donc quelques options pour s’y rendre, y compris celui d’un traversier quotidien qui partait à 8 h et revenait à 16 h. Mais notre choix s’est porté sur l’entreprise «Excursions en mer » qui proposait un voyage de cinq heures comprenant des explications par un guide durant la traversée.

Le départ en bateau était à dix heures et le retour, également avec le bateau, était prévu à 16 heures. Cette excursion avait l’avantage de nous laisser le temps de dormir le matin, histoire de récupérer un peu de la fatigue des derniers jours. La randonnée nous présentait aussi l’opportunité de grimper sur le Big Hill.
Les deux billets coûtent $24 chacun (prix de 2003), avant taxes bien sûr. Nous avons embarqué sur le Pélican blanc, un petit bateau qui pouvait transporter une vingtaine de passagers vers l’île d’Entrée.
Bien assis sur le bord pour tout voir, nous avions déposé nos sacs à dos à nos pieds. Avant de partir, le Capitaine et notre guide Louis-Charles nous a expliqué la randonnée en mer et les consignes de sécurité. Ce jour-là, il faisait beau et notre capitaine n’était pas inquiet. La traversée serait courte et facile. La mer était comme un miroir et le vent glissait sur notre peau comme un bout de soie. Nous avons appris un peu plus sur cette île en discutant avec notre jeune guide. Les habitants sont anglophones. Leurs ancêtres, pêcheurs de métier, se sont installés sur cette île après avoir quitté leur Irlande natale suite à la famine qui y a sévi lors de la crise des patates dans ce pays.
L’île de trois kilomètres de diamètre est occupée par 130 personnes (2007). La majorité des résidents sont de langue anglaise et d’origine écossaise ou irlandaise. L’île possède deux magasins, un bureau de poste, une église, une école primaire, un CSLC, un restaurant, un musée et, en été seulement, un gîte touristique.

La randonnée en mer entre Cap-aux-Meules et l’île d’Entrée a pris environ une heure. Nous sommes débarqués au petit port de l’île vers 11 h 30. Nous avions une période de temps de 3 heures 30 minutes pour visiter un peu le coin.
D’abord, nous voulions grimper Big Hill, la plus haute colline du coin. Il fallait donc nous rendre au pied de la colline.
Un chemin de terre bien aménagé nous y a conduits. Il y a peu d’automobiles sur cette île, mais certaines que nous avons rencontrées étaient conduites par des chauffeurs peu soucieux de sauvegarder leur économie touristique. J’ai presque vu l’un d’entre eux sourire en nous voyant nous étouffer dans l’air sec et poussiéreux que son auto avait fait lever du sol. La plupart des autres faisaient attention et nous saluaient de leur ton qui avait gardé des accents d’Irlande.
Soudain, nous sommes arrivés au bout d’un champs. On se croirait en Écosse, où pour accéder à la montagne, il fallait passer chez l’habitant.
Puis, la deuxième partie de notre randonnée nous a conduits à travers champs, parmi les chevaux et les vaches, en haut de la butte qui a l’allure d’une bosse très ronde et où aucun arbre ne pousse. Cette bosse de la nature, de 170 mètres au-dessus du niveau de la mer, est recouverte d’herbes courtes et garder irrégulières par le broutage des animaux.
Il a fallu également passer par-dessus une clôture, par le biais d’un escabeau installé pour les bénéfices des marcheurs et pour la protection des animaux. Cette clôture divise l’île en deux parties. Celle des humains comprend la partie basse et couvre environ le tiers de l’île. On y retrouve l’ensemble des maisons . De l’autre côté, c’est le paradis des animaux, surtout les vaches et les chevaux.
Voici quelques photos de cette randonnée :





À notre arrivée au le sommet de Big Hill, nous avions une vue incroyable tout autour de l’île. Les photos suivantes démontrent à peine la beauté des lieux.



J’ai trouvé l’île tellement paisible que je me suis mise à rêver. J’aurais aimé y passer du temps, une fois la retraite arrivée, pour dessiner et écrire. Je rêve de ce coin tranquille où je pourrais me cacher quelque temps, pour faire l’ermite… avec mon iPad, mon iPhone, des tas de papiers et beaucoup de couleurs…
Puis, nous avons retrouvé notre capitaine et le bateau. Les yeux brillants de bonheur, nous avons fait la traversée sans vraiment le réaliser. Nos âmes flottaient dans l’air pendant que nos corps se sentaient ballotter par le rythme de l’eau sous la coque.
Une belle journée.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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