Samedi – 26 juillet 2003

Les îles de La Madeleine sont à 1340 kilomètres de notre lieu de résidence. Ça prend d’abord deux jours en auto pour traverser une partie du Québec, le Nouveau-Brunswick et l’Île du Prince-Édouard. Puis, le traversier nous amène aux îles en quatre heures ou plus.
Ce voyage allait durer presque trois semaines. Quand nous sommes partis de la maison ce 26 juillet 2003, il était déjà presque 9 h. Nous nous étions levés plus tard que prévu. Un peu trop fatiguée, en dépit de la journée de congé la veille, et l’excitation du voyage aidant, j’avais mis le cadran pour 7 h, mais j’avais oublié de le partir. Ça ne commençait pas très bien.
La journée était maussade et il a plu durant une bonne partie du chemin entre Kirkland et Lévis. La chaleur humide et accablante nous faisait apprécier la climatisation dans la voiture. Ce temps allait apporter son lot de moustiques en tous genres et nous étions contents de pouvoir éviter leurs morsures en restant bien au sec dans notre petite roulotte qui dorénavant sera appelée « Cadet » dans mes textes.
La musique des Chieftains, ce groupe Irlandais que nous avons connu en visitant l’ile émeraude, remplissait l’habitacle de l’auto. Nous sentions le stress de l’année se dissiper un peu plus avec chaque kilomètre de route.
Trois heures plus tard, nous étions contents d’arriver à Lévis, le lieu de notre premier arrêt, là où des amis nous attendaient pour dîner. Nous avions fait bonne route malgré le retard. Ce n’était pas si mal.
Puis nous avons suivi cette route 20 qui longe le fleuve. C’est à ce moment que nos âmes autant que nos corps ont réalisé que nous étions vraiment en vacances. Voici quelques photos. C’est beau, malgré le temps moche.



En milieu d’après-midi, juste avant Rivière-du-Loup, nous avons repris la route pour Edmundston, au Nouveau-Brunswick où le camping Panoramic de St Jacques nous attendait. Quelques jours plus tard, ce sera le festival des Brayons (voir publication suivante) et la ville sera remplie de bruits de toutes sortes et, bien sûr, de fêtards. Mais, au moment de notre passage, la ville était plutôt calme.

En 2003, réserver un terrain de camping tenait souvent du hasard. L’époque ne connaissait pas encore les pages web avec photos et visite guidée virtuelle. Il était donc difficile de bien s’assurer que les facilités étaient acceptables. Le camping Panoramic était plutôt grand, avec plus de 160 places, mais il nous a semblé que plus des deux tiers des places étaient occupées par des saisonniers. De plus, le terrain donnait toutes les allures de préparation à la festivité. C’était le samedi et nous nous attendions à subir un party le soir venu, même si les informations fournies indiquent que la musique et tous les bruits doivent cesser à 23 h. Bon, nous n’étions là que pour un soir et nous n’avions pas l’intention d’y souper ni même d’y déjeuner.
Juste pour compliquer les choses, les facilités, tout de même propres, étaient très rudimentaires. Les douches étaient tellement petites que j’avais peine à y prendre place et m’y retourner, encore moins me pencher pour me laver les pieds. Il n’y avait même pas de place pour se changer. Ce que nous aurions dû faire en plein air, devant tout le monde. Je sentais déjà sur moi les regards de certains curieux et j’étais encore tout habillée. Bon, nous mettrons nos costumes de bain dans la roulotte avant de nous rendre aux douches.
Quand nous voyageons entre deux points précis du voyage, et que le trajet est long, nous mangeons aussi dans des restaurants locaux. Alors, une fois la roulotte installée, nous sommes partis pour la ville chercher un endroit pour nous sustenter. Le repas était plutôt fade, mais nous nous y attendions. Nous ne sommes pas à notre première visite dans ce lieu. Nous savions donc que la nourriture sans épice était caractéristique de cette région du Nouveau-Brunswick. C’était la première fois que je voyais Denis ajouter du poivre sur son steak de bœuf, qui d’ailleurs était médium alors qu’il l’avait demandé « bleu ». Il a même mis du poivre sur ses pommes de terre en purée. Le menu indiquait que tous les fruits de mer étaient servi en panure. J’ai donc demandé un steak de saumon, mais il était plutôt sec.
À notre retour au camping, la fête allait bon train dans le voisinage. À notre grand désarroi, ça se passait juste en face de notre espace de camping. Le propriétaire nous a garanti qu’il ferait cesser le party à 11 h. Il a tenu sa promesse et nous avons dormi du sommeil du juste toute la nuit.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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