Gaspésie – Le Pic du Brûlé

Ces prédictions étaient loin de nous décourager. Nous avions rendez-vous avec les Chic-Chocs. Seuls les éclairs et les orages violents nous auraient tenus loin de nos bottes de montagne, mais il n’y en avait pas au programme.

Habillés confortablement pour la météo, nous avons pris la route vers notre destination d’aujourd’hui, le lac Cascapédia. Nous empruntons la 299, une route nouvellement rénovée, jusqu’à la route 11, en gravelle, que nous suivons sur six kilomètres, en montée constante, pour nous rendre au Lac Cascapédia.

La piste du Pic du Brûlé, d’une longueur de 13,2 kilomètres, est en boucle. Dans le guide du parc, on l’identifie comme difficile. Il y a une dénivellation de plus de 430 mètres, du début de la piste jusqu’au sommet de Ernest Ménard, qui trône à 850 mètres d’altitude. Le fait que la piste grimpe dans de la roche et que la piste est remplie de souches et de racines aide à identifié le degré de difficulté élevé. Elle est aussi difficile à descendre qu’à monter.

Nous savons que les guides recommandent de faire la boucle dans le sens des aiguilles d’une montre. Ainsi les gens grimpent le pic du brûlé d’abord puis se rendent au mont Ernest Ménard pour faire les derniers quatre kilomètres dans la descente infernale. Mais je sais que pour moi, ce genre de descente est extrêmement pénible et difficile. La douleur au genou me vole mon énergie. Alors, comme je suis plus habile en montée, nous avons décidé de faire le chemin à l’envers et de redescendre par le Pic du Brûlé ce qui, dans nos souvenirs est une pente beaucoup plus facile.

De gros nuages flottaient dans le ciel. D’où nous étions, cachés derrière la crête, nous ne sentions pas le vent fort qui poussait rapidement les nuages vers l’ouest. Nous portions des pantalons longs et un chandail léger, aussi à manche longue, pour nous protéger autant du vent froid que des insectes.

Nous avons gravis sans encombre les 4,4 kilomètres de montée abrupte jusqu’au mont Ernest-Ménard. J’étais fière de ma stratégie.

Voici quelques photos prises dans la montée:

Les prochaines photos ont été prises sur le rock qui sert de sommet au mont Ernest-Ménard. Sur celle de droite, on voit Denis qui se prend pour une chèvre de montagne. S’il n’avait pas ses bottes de marches dans les pieds, ses orteils flotteraient dans le vide.

À partir de ce point, une randonnée de 3,2 kilomètres nous amenait jusqu’au Pic du Brûlé lui-même. La piste en montées et en descentes sans fin, nous oblige à faire le tour des roches et des souches. Nous devions aussi éviter les racines à fleur de sol et les pierres branlantes qui jonchent le chemin. En plus, il y avait ce petit crachin froid qui nous tombait dessus.

En bordure du Pic du Brûlé, nous avons trouvé un endroit un peut moins exposé pour nous reposer et manger. En montagne, nous n’arrêtons jamais très longtemps. Quelques minutes plus tard, nous enfilions nos imperméables coupe-vent pour affronter la traversée du Pic du Brûlé, cet endroit exposé au vent froid qui vient du fleuve et qui frappe de plein fouet. Deux kilomètres plus loin, j’avais hâte que ce soit fini. Contrairement à Denis, j’ai le vertige. Alors, quand la piste s’est approchée de la falaise, à me forcer de marcher à moins d’un mètre du précipice de 250 mètres, seule la peur qui crispait mes muscles m’a empêché de courir pour finir ce bout de piste rapidement. Heureusement, les bourrasques de vent nous poussaient vers la montagne et non pas vers le précipice.

Voici quelques photos. Remarquez que j’ai pris des photos quand je me sentais un peu plus en sécurité, lorsqu’il y avait une clôture ou que je pouvais me tenir un peu plus loin du bord …

Une fois le Pic du Brulé traversé, je savais que le pire était passé. Il ne restait plus qu’à descendre 5,6 kilomètres jusqu’à l’auto. 50 mètres plus loin, nous avons retiré nos imperméables. Nous étions déjà derrière la crête et nous marchions dans la forêt qui bloquait le plus gros du vent.

La fatigue me rattrapait. En plus, la descente pénible brûlait mon énergie. Nous nous sommes arrêté au Lac Gouache où, à l’abri du vent, j’en ai profité pour retirer mes bottes et masser mes pieds. Ouf! cela a fait du bien.

Nous avions une belle vue et, comme vous le constaterez, nous avions enfin du soleil. Nous n’avions qu’une seule déception. Il n’y avait aucun orignal.

Je savais qu’il nous restait encore un peu plus de quatre kilomètres à marcher. Mais nous connaissions bien cette route qui nous ramenait au lac Caspédia, par un chemin coupe-feu plutôt égale. Nous avons pris la route d’un bon pas.

Malheureusement, un kilomètre plus loin, la route facile était barrée. J’étais déçue de voir soudainement la piste remontée en forêt pour retrouver, un kilomètre plus haut, la descente infernale que je ne voulais pas faire.

C’est ainsi que notre marche s’est terminée sur deux gros kilomètres en descente à pic, à travers les roches, les souches, quelques escaliers installés, non pas pour aider les marcheurs, mais pour protéger l’environnement.

Les derniers cent mètres étaient en terrain presque plat. J’étais si fatiguée que, si je n’avais pas poussé avec mes bâtons de marche, je ne suis pas certaine que mes jambes seraient arrivées toutes seules à me faire avancer. J’étais épuisée. Je marchais comme un gars soul et j’avais mal, mais j’étais très contente de ma journée.

Une fois au gîte, nous avons repris notre souffle, masser nos muscles endoloris et pris une bonne douche chaude à jets puissants. Puis nous avons marché, lentement cette fois, les 300 mètres entre le Gîte et le centre des découvertes pour aller manger le hamburger dont nous avions parler plusieurs fois le long de la route. Nous l’avions mérité.

C’est la plus longue randonnée que je ferai cette semaine. Alors, cela m’indique que je choisirai les autres en fonction de leur degré de difficulté et selon ma condition physique.

Il faudra cependant voir, demain matin, comment la randonnée d’aujourd’hui aura ankylosé les muscles de mon corps.


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