21 février 2012
Je ne peux pas penser à cette activités sans entendre dans mes oreilles, les paroles de Thierry qui, avec son accent encore français, nous répétait sans cesse : « Non! ce ne sont pas des beans! Ce ne sont pas des fèves! ce sont des haricots! »
La veille, quand il a réalisé à quel point les jeunes étaient fatigués du travail des derniers jours, Alfonso leur a offert de se reposer ce matin, plutôt que de ramasser des haricots. Ainsi, disait-il, au programme de la journée, il n’y aurait que le match de foot en après-midi et les jeunes seraient plus reposés. Mais il n’a pas vraiment eu le temps de compléter sa phrase et s’est à l’unisson que les jeunes ont répondu qu’ils voulaient aider aux champs. Ils étaient fatigués certes, mais personne ne leur enlèverait la moindre parcelle de ce voyage humanitaire.
J’étais très fière d’eux. Je voyais aussi cette fierté briller dans les yeux de Lyne et de Denis.
C’est comme cela que nous sommes partis vers 8 h, en file indienne, à la suite d’Alfonso pour nous rendre au bout du village et grimper un tout petit peu dans la montagne. Puis nous avons cueilli des haricots… dans le champs de maïs. Bizarre vous direz? C’est leur façon de cultiver de façon plus écologique. La culture principale de la région est le maïs, mais ce dernier a besoin de beaucoup d’azote. Or, les plants de haricot apportent cet azote dans le sol. En plus, les e haricots sont des plantes grimpantes et ils ont besoin de tuteurs pour pousser. Ainsi, en les semant entre les plants de maïs, ces derniers leur servent d’appuis être le moindrement déranger dansleur croissance. Ici et là, on peut voir des plants de Quinoa. Selon les indigènes, cette plante repousse naturellement plusieurs parasites du maïs.
A priori, cela semble ingénieux. Cependant, ces trois plantes dans le même champs appauvrissent le sol trois fois plus rapidement qu’un seule d’entre elle. Ainsi, les indigènes doivent mettre leurs champs en vachère, plus souvent que s’il faisait une monoculture.
Voici quelques photos prises au cours de cette journée.






Ce fut une avant-midi beaucoup plus facile que les autres journées. Le plus difficile fut de rapporter les gros sacs de jute plein de haricots, au village. Nous en avons ramassé assez pour nourrir trois ou quatre familles pendant quelques jours.

Ernesto fait un dernier tri. Un autre exemple de leur style de gouvernement « démocratie directe ». Ernesto est peut-être le président de la communidad, mais il travaille tout autant que les autres. En fait, il travaille possiblement plus pour donner l’exemple.
Nous avons apprécié la fraîcheur de cette journée passée dans un site enchanteur où le soleil, qui sortait souvent la tête des nuages, nous faisait voir des paysages dignes de carte postale.


Aujourd’hui, nous étions moins incommodés par l’altitude. Notre peau cachée sous une épaisse couche de crème solaire, nous avons laissé la chaleur du soleil glisser sur nous.
Est-ce que l’on peut rester quelques jours de plus pour profiter de tout cela plus longtemps ?
Malheureusement, toute bonne chose a une fin. Notre voyage à Chilcapamba se terminera le lendemain. Je voyais déjà des visages qui exprimaient le chagrin.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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