Ecuador – Chilcapamba – Alfonso Morales

18- 22  février 2012

Dès notre arrivée à Chilcapamba, j’ai tout de suite remarqué l’importance de l’indigène qui nous héberge. Les habitants de Chilcapamba le saluent chaleureusement, serrent sa main longtemps, lui demandent conseil et l’écoutent d’une oreille attentive quand il parle. Lors des travaux communautaires, qu’ils appellent la minga, les participants laissaient même tomber un peu leur principe de démographie directe pour écouter Alfonso. Lors de notre visite à Cotacachi, et quand il est venu nous voir à Otavalo, les gens l’arrêtaient dans le rue pour lui parler et le remercier. J’étais impressionnée.

Plusieurs fois, au cours des discours ou lors de nos conversations, Alfonso a affirmé qu’il n’avait pas étudié très longtemps mais qu’il faisait tout ce qu’il pouvait pour aider sa communauté. 

Bien sûr, il y a longtemps que je fais la différence entre les diplômes, qui ne donnent rien si tu n’as rien dans la tête, et l’intelligence qui permet de réfléchir et de prendre une place intéressante dans la société. Alfonso est intelligent. De plus, il met son intelligence au service de sa communauté. Il est bon et généreux. Il a à coeur la survie de la culture quechua.

Dès mes premières conversations avec lui, il a gagné mon respect. Son calme et la profondeur de ses propos m’ont touchée. Je voulais en savoir plus sur lui.

Pendant mon séjour, même s’ils sont très peu vantard, même pour leurs concitoyens, j’ai réussi à glaner quelques informations sur ce personnage fort intéressant.

 Il a déjà été président de Chilcapamba, juste avant Juanita, pendant trois ans. J’ai su qu’il a occupé d’autres postes pour la communidad de Chilcapamba et les autres communidades autour. Quand j’ai voulu avoir quelques détails, il a refusé de me les donner en riant en faisant signe de la main que ce n’était pas important. Puis il a poussé la conversation vers les gens de son village, les artisans, les agriculteurs, le projet d’eau potable. J’ai apprécié son humilité et j’ai respecté son désir de ne pas parler de lui.

En ce moment, Alfonso est président du projet de l’eau potable pour la région, ce qui regroupe une dizaine de communautés. Notez qu’il y a probablement un président qui s’occupe du projet à Chilcapamba mais je n’ai pas retenu le nom.

Il a aussi occupé le poste de conseiller à la mairie de Cotacachi et le maire actuel, qui fera l’objet d’une prochaine publication, semble le tenir en haute estime.

Tout cela était déjà très intéressant. J’ai aussi compris qu’il avait récemment représenté les indigènes au Conseil des Droits de l’homme à l’ONU.  Il fallait que j’en sache plus. Une recherche sur internet m’a donné quelques rencontres du conseil au cours duquel Alfonso a pris la parole :

Bien qu’il n’en parlait presque pas, je suis certaine qu’Alfonso a très bien représenté son pays et son peuple au Conseil des droits de l’homme à l’ONU. Il était plus à l’aise de discuter de sujets associés à Chilcapamba, aux indigènes d’Équateur, à son projet sur l’eau potable et à la nécessité de garder la tradition indigène vivante. Quand à l’environnement ainsi que l’agriculture écologique et équitable, il était intarissable.

Ha! j’allais oublier! Alfonso est aussi président de l’Association pour la protection de la réserve naturelle Cayambe Coca qui regroupe plus de 40 communidadesCayambe est un des nombreux volcan actif, haut de 5 785 mètres, situé dans la province du Pinchicha, à 70 kilomètres au nord-est de Quito. Il est situé sur la ligne équatoriale. Nous n’avons pas visité ce volcan et le ciel couvert nous a empêché de le voir, même de loin. Voici tout de même une belle photo tiré de Wikipédia. Cela donne envie d’y grimper. Vous trouvez pas?

Alfonso est également le président du club de sport de Chilcapamba. D’ailleurs, dans nos bagages, nous apportions de nombreux ballons de football, notre soccer, et des chandails pour les équipes de foot de la communidad.

Comme vous pouvez le constater, Señor Alfonso Morales est un personnage pour le moins intéressant. Cet homme est déjà grand dans ce monde qui affiche le comportement humble et paisible, commun à tous ces peuples des Andes.

Bravo aux Alfonso de ce monde qui permettent à des gens comme moi, et nos jeunes québécois, de se ressourcer et de mieux comprendre nos origines. Parce qu’avant, les Européens avaient la même finesse sociale et humaine. C’est passé où ça? Est-ce que cela pourrait revenir un jour en se frottant un peu plus sur les Alfonso, les Juanita et les Ernesto de ce monde?

Peut-être. Mais ce serait long et cela nécessiterait un temps d’arrêt pour mieux y réfléchir et se laisser influencer.  Il faudrait abandonner notre comportement capitaliste pour adopter la recherche du bonheur et du bien-être pour tous. Notre société, qui vit trop rapidement, ne fait pas de place à ce genre de réflexion. Au moins, avec notre voyage, 27 jeunes et trois adultes se sont laissés influencer et développeront un regard neuf sur la vie et la société.

Merci Alfonso!


2 réponses à « Ecuador – Chilcapamba – Alfonso Morales »

  1. Nous avons eu la chance de séjourner chez Alfonso Morales en juillet 2011 et je partage entièrement l'opinion de Plume.

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  2. […] projet est mené par Alfonso qui est le président du comité de […]

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