Ecuador – De retour

Cela fait déjà deux jours que nous sommes revenus de notre voyage et j’écris en ce moment la première publication depuis notre retour. Pour la boulimique de l’écriture que je suis devenue, c’est inhabituel.

Dans les faits, je suis revenue avec 118 pages noircies dans mes carnets de notes. Plusieurs de ces pages ont aussi des notes dans les marges pour que je n’oublie rien.  Je sais aussi qu’il y autant de notes non-écrites dans ma tête.  Quelques idées d’articles nécessiteront des recherches un peu plus poussées.

Parce que ce voyage m’a profondément marquée. Une marque profonde que je ne comprendrai vraiment qu’au fil des prochains mois. Je sais que j’ai besoin d’intégré les images et les mots qui bouillonnent dans ma tête afin de pouvoir les transposer dans un article cohérent, sensible et collé à notre histoire.

Quand je suis finalement sortie de l’aéroport pour prendre le taxi qui nous ramènerait à la maison, j’ai remarqué l’air froid de la nuit. La sensation que l’hiver, ici, n’est pas fini. Après avoir vécue deux semaines en altitude, ou dans la chaleur de l’Amazonie, cela m’a fait du bien de sentir mes poumons se remplir facilement de l’air de chez nous.

Observant par la fenêtre du taxi, j’ai remarqué que les deux dernières semaines avaient laissé plus de neige que ce que tout l’hiver avait laissé, avant que je parte.

Arrivée chez nous, je me suis sentie bien. Dans mes affaires ! Enfin ! J’ai fait lentement le tour de la maison.

Quand j’ai pris ma douche, j’ai laissé longtemps l’eau chaude sur mon corps. J’ai senti la fatigue du voyage glisser par le trou du bain.  Oui, l’eau chaude m’a beaucoup manquée, en Équateur.

J’ai dormi.

Puis, quand je me suis levée, j’ai voulu prendre de l’eau froide. J’ai ouvert le réfrigérateur pour réaliser que le pot d’eau Brita était vide. Bien sûr, nous l’avions vidé avant de partir, et à notre arrivée hier, j’ai oublié de le remplir. Un peu fâchée d’avoir à attendre que l’eau se débarrasse des éléments minéraux qui lui donnent un mauvais goût, j’ai fait la moue.

C’est quand j’ai ouvert le robinet de cuisine que le choc m’a frappé. J’étais presque fâchée parce que je devais attendre? Et l’eau qui coule du robinet? Elle était nette et potable, pourquoi ne pas la boire directement?

C’est là qu’une image des enfants de Chilcapamba m’est parvenue. Deux enfants qui, de leur petite main, étaient en train de boire de l’eau dans le réseau de canalisation en eau qui sert à arroser les champs et abreuver le bétail . Leurs petites bedaines démontraient la présence de vers et de parasites ….

Une larme a coulé le long de ma joue. Mais au matin du 2 mars 2012, j’ai pris un grand verre d’eau directement du robinet. L’eau goûtait le chlore mais je savais qu’elle était potable et que je n »attraperais pas de parasites.

J’étais fière de ce qui nous avions fait à Chilcapamba. Les jeunes avaient passé deux jours à creuser les canalisations pour passer les tuyaux qui serviront à alimenter le village en eau potable. Le projet sera long à faire au complet dans le contexte de l’Équateur, mais je souhaite de tout coeur qu’ils réussissent.

Oui, j’étais très fière. Je garderai mon pot Brita. Parce que je l’ai. Parce que cela fait partie de notre vie au Canada.

Mais je n’oublierai jamais les enfants de Chilcapamba. Tous m’appelaient abuela. Je les tous adoptés.

Je reviens sur mon désir de dévelloper des articles sur notre voyage. Je m’y mettrai bientôt. Et je laisserai mon âme s’imprégner des images et des apprentissages que j’ai recueillis, là-bas.  Je laisserai ma perception de la vie se changer encore. Je laisserai mon esprit refaire ses priorités.

Hasta Luego


Laisser un commentaire