Dernièrement, j’ai écouté en rafale, les quatre saisons de la série télévisée Les Tudors. Une belle série qui présente la vie de Henri VIII d’Angleterre. J’ai bien aimé la série, même si j’ai trouvé ce personnage désagréable.

Son règne a duré près de 38 ans de 1509 à 1547. Mais ce n’est pas pour cela que l’on se rappelle facilement de ce roi.
L’histoire européenne se trouvait entre la fin du médiéval et le début de la renaissance. C’était le temps de la musique baroque, des peintures au tons colorés, des robes décolletées, des vêtements et bijoux flamboyants et de la vie trépidante à la cour. On rivalisait d’opulence entre la cour de Henri VIII d’Angleterre, de François 1er en France et de Charles Quint de l’empire germanique romain.
Mais Henri VIII ne nous rappelle pas l’époque où il a vécu. On s’en souviendra pour ses six femmes et la création de l’Église d’Angleterre.
Six femmes. Hum!
Il a fait coupé la tête de Anne Boleyn, sa deuxième épouse, qui aura donné une fille à l’Angleterre en Élisabeth Tudors. L’Histoire raconte qu’Anne n’arrivait pas à lui donner un fils. Élisabeth deviendra Reine d’Angleterre après sa soeur, Marie.
Il a fait le même traitement à Catherine Howard, sa cinquième femme, supposément pour trahison. On raconte que le roi n’était pas certain que les enfants, s’il en engendrait, seraient les siens. Lui avait de nombreuses maîtresses et personne ne lui a coupé la tête pour ça. Sa femme, elle, c’est une autre histoire.
Henri a écarté deux femmes par l’annulation de mariage. Il y a eu Catherine d’Aragon, la première, parce qu’elle avait été la femme de son frère. Le fait qu’elle lui a donné cinq enfants morts en bas âge. Seule Marie Tudors, une fille, a survécu. L’absence de fils a grandement contribué à l’annulation du mariage. Cette Catherine a été écartée de la cour et séparée de sa seule enfant vivante, Marie Tudor. Cette dernière sera couronnée reine après son frère, Edouard.
La quatrième s’appelait Anne de Clève. Apparemment plutôt laide et peu forte de la tête, le roi n’en voulait pas. Il prétendait ne pas être capable faire « son devoir » avec cette femme. Elle obtiendra une rente et gardera sa tête attachée à ses épaules. Cependant, le chancelier Cromwell, responsable d’avoir berné le roi en prétendant la « beauté » de cette femme, lui, il perdra la sienne.
Il ne faut pas oublier Jane Seymour, la troisième, morte en couche. Elle est la mère de Édouard, fils de Henri VIII, qui succèdera à son père en tant que roi d’Angleterre. Jane était aimée de tous. Elle aurait fait une excellente reine.
Puis, il y a eu Catherine Parr, la sixième, qui survivra, de justesse, au roi.
Le Roi se disait « malchanceux » en amour. De ce que je comprends, il était plutôt malchanceux pour les gens qu’il choisissait dans son entourage. Il aura subi l’influence de lords, ou de chancelier de son royaume, pour trois de ces femmes. Deux en perdront la tête. De plus, à l’heure où il crée son « Église d’Angleterre » et qu’il pourchasse les protestants, il réussit à épouser cinq femmes, d’affilée, avec de forte allégeance au protestantisme. Deux de ses enfants étant de fervents protestants.
Malchanceux? Non. Seulement maladroit. Ce roi choisissait plus souvent en fonction de ce qu’il y avait entre ses deux jambes que ce qu’il avait dans la tête. Si on en croit les historiens, son pénis comme sa tête étaient affectées par la Syphilis.
Ces six femmes, il les a épousé. Mais il y en a eu plusieurs autres qui furent soit de passage ou des maîtresses « officielles ».
Église d’Angleterre
Au moment de se débarrasser de Catherine D’Aragon, rendue trop vieille pour lui donner d’autres enfants, Henri VIII demande l’annulation du mariage au pape. Trois éléments empêchent le pape de prendre une décision favorable à l’annulation:
- l’annulation rendrait Marie Tudors « bâtarde ». Ça brisait son statut de princesse et son droit au trône d’Angleterre. À ce moment, Marie était la seule descendance du roi, le pape hésitait à placer le royaume dans une position qui pourrait déclencher une guerre civile.
- Le mariage entre Henri et Catherine avait reçu une dispense papale pour permettre à Henri de marier la femme de son frère, généralement interdit par la loi de l’église. Comment Paul III pourrait-il défaire ce que son prédécesseur a lié?
- Ensuite, il y a la politique. Le pape réside sur le territoire de Charles Quint, le neveu de Catherine d’Aragon. ,François 1er et Charles Quint influencent la décision du Pape, quitte à le retenir de force et à réduire ses privilèges.
Bref, Henri n’obtient du pape que des promesses et il finit par en avoir assez. Il force alors tous les évêques de l’Angleterre à lui donner leur totale allégeance. Le fait que le roi menace de couper quelques têtes ou d’en brûler un ou deux, pour hérésie, a convaincu les évêques à se soumettre.
Ainsi, Henri devient le roi de tous les Anglais et leur chef spirituel. Il a donc pu annuler lui-même son propre mariage avec Catherine D’Aragon pour épouser Anne Boleyn. Ainsi naquit l’Église d’Angleterre que l’on connaît aussi sous le titre d’Église Anglicane dont le chef spirituel est le roi d’Angleterre (ou la reine comme c’est le cas présentement) et non le Pape.
Son règne
Je ne pense pas que Henri VIII ait été un grand monarque. Il n’a pas été préparé à cette lourde tâche qu’il a reçu par la mort prématuré d’Arthur son frère aîné. Henri était fougueux, colérique et narcissique. On dit qu’il avait la syphilis, ce qui expliquerait en grande partie l’absence de progéniture viable et ces crises de folie furieuse.
Il n’était pas un monarque fort et capable de régner sur son royaume. Il s’en remettait donc à des individus, parfois des lords, parfois issus du peuple, parfois des religieux. Tous ont réussi à le manipuler et plusieurs en perdront la tête parce que d’autres manipuleront pour les faire tomber. Il combattra la rébellion par le feu et le sang, faisant tuer hommes, femmes et enfants sans discernement et sans jugement.
Ses trois enfants lui succèderont comme monarque. D’abord Edouard VI qui mourra jeune, Marie I ne règnera que 5 ans. Élisabeth I règnera pendant 44 ans. Aucun d’entre eux n’aura de descendant. Pour sauver son royaume, Élisabeth a désigné son cousin James IV d’Écosse pour héritier, ce qui s’éteindra la lignée des Tudors.
Voilà pour l’histoire d’Angleterre…
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Suzie Pelletier, écrivaine
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