Le 7 juillet 2011
Comment visiter le Parc de la Gaspésie sans gravir le Mont Albert?
Cette année, je ne peux pas la grimper et je suis jalouse de Denis qui vient de partir pour la randonnée de 11,4 kilomètres, ce qui comprend une montée ( et descente bien sûr) sur une dénivellation de 850 mètres, sur la face nord de la montagne. Aérobic vous dites? Non, très, très aérobic! Mais la vue là-haut est indescriptible. L’air frais, les caribous, la toundra, la paix, les odeurs de terre, la sensation d’être petit et fragile dans cette mer de montagnes qui nous entoure. Tout simplement magnifique. Il faut l’avoir grimpé pour comprendre.
Il fera beau aujourd’hui, un peu de nuage et un peu plus de soleil. La température restera fraîche, sans pluie, avec un bon vent. Tout pour rester au sec et éloigner les moustiques. Sa randonnée s’annonce belle.
Voici quand même deux photos que j’ai choisi sur Internet. La première est à peu près ce que je vois de la fenêtre du gîte. La deuxième montre un troupeau de caribous qui loge sur le plateau du Mont Albert.


Cette année, je dois me montrer raisonnable, même si c’est toujours difficile pour moi. Quand je suis dans la nature, je veux en profiter au maximum. Cette fois, je resterai en bas. Il y a quelques semaines, fin avril, pour être précis, on a retirer un chondrosarcome de ma jambe et on a installé une plaque. Je me remets bien de ce cancer rare, surtout que la vie m’a gâtée malgré tout. Je n’ai pas eu besoin de chimiothérapie.
Assise dans le bar de du Gîte du Mont Albert, je déguste un cappuccino. Je regarde cette magnifique montagne dont le sommet trône à 1100 mètres. Elle sort tranquillement de la brume matinale. Elle est si belle. Je vois « la saillie », cette crevasse laissée dans la montagne par le retrait des glaces après la dernière glaciation. Ce matin, l’eau, qui coule au fond d’habitude, a apparence de torrent en raison de toute la pluie tombée hier et cette nuit. Je vois aussi cette tâche blanche de neige, tout en haut de la face nord. Je sais que Denis passera tout à côté, peut-être ira-t-il y déposer un pied.
Je sais que de l’autre côté, sur la face sud, il y a cette cuve de la diable, remplie de roches et où presque rien ne pousse. Je suis convaincue que la rivière Diable est très gonflée et coule ‘en diable’ après les pluies diluviennes. Puis, son vrombissement empêchera les marcheurs de parler. Ils devront hurler pour communiquer. La piste traverse la rivière à gué restera-t-elle disponible ? Je suis contente que Denis ait choisi de revenir par la piste nord.
La randonnée lui prendra à peu près cinq heures, peut-être un peu plus, car il restera en haut quelques temps pour admirer le paysage, regarder le troupeau de caribous, prendre des photos, parler avec les autres grimpeurs. Puis il redescendra, contenté de son séjour dans le Parc de la Gaspésie.
Je dois faire un commentaire au sujet du ‘bar du gîte ». Apparemment, certaines personnes pensent que je passe mon temps à boire. Ben non. Le ‘bar’ du gîte est un endroit rempli de tables, de chaises, de jeux de société, de livres, un foyer et des sofas. L’ordinateur mis à la disposition des clients a été installé dans le fond. Bref, Ça ressemble plus à une grande salle familiale où les gens se réunissent pour discuter des prochaines montées, de celles qu’ils viennent de terminer. Ils vérifient la météo, lisent leurs courriels, effectuent une recherche, examinent une carte routière. On y sert aussi des repas légers.
Bien sûr on peut aussi y boire des boissons alcoolisées. Mais, j’ai vu passer plus de tasses de café et de tisanes inuit, dont je vais me rapporter au moins deux boîtes, que de verres d’alcool. Je n’ai pas encore vu personne en état d’ébriété. Le Gîte tient même de la Beck sans alcool et du vin blanc « désalcoolisé » le VIN-O-ZERO. Très intéressant!
Bref, le « bar du gîte » c’est l’endroit où je m’installe pour écrire et lire. Plusieurs serveurs et des clients curieux de me voir écrire sur mon iPad sont partis avec l’adresse de mon blogue. Quelques-uns sont revenus me faire des commentaires positifs. Ça m’a rendue très fière.
Pour moi aujourd’hui, c’est le repos. Pas de marche pour permettre à ma jambe de récupérer des randonnées des derniers jours (une dizaine de kilomètres en tout). J’écrirai, je lirai, je dessinerai et j’admirerai cette belle montagne. Je profiterai quand même de ma dernière journée dans le Parc de la Gaspésie.
Demain, nous retournons à la maison, vers une vie plus vite, plus polluée, plus stressante, mais beaucoup moins intense.
Ce soir, nous mangerons à la table d’hôte du Gîte. Il y a du saumon sur le menu. Peut-être que j’essaierai le gibier.
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Suzie Pelletier, écrivaine
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