Le 6 juillet 2011
10 h 45. Je suis assise sur la galerie du gîte « Le Pergélisol », à proximité du lac aux Américains.
Je suis partie du Gîte du Mont Albert vers 09 h 30 et j’ai fait, en auto, les huit kilomètres qui séparent le Gîte du stationnement du Lac aux Américains. Déjà, il y avait apparence de pluie et j’ai mis mon imperméable avant de prendre le sentier très bien aménagé qui mène au lac. La piste, logée au fond d’un cirque glaciaire s’enfonce dans une forêt d’épinettes matures, très droits et bien fournis. La végétation de sous-bois est dense de chaque côté du sentier.

Tel que convenu, je fais une visite au gîte le Roselin pour m’assurer que Denis ne m’y attendais pas. J’en profite pour mettre mon pantalon de pluie car elle tombe maintenant drue. Quelques minutes plus tard, j’arrive au Pergélisol, ma destination aujourd’hui.

Assise sur la galerie pour me protéger de la pluie, je vois, à droite, le lac aux Américains qui se dessine entre les arbres. À ma gauche, le sentier de 1,3 kilomètres qui mène au stationnement. Je surveille le sentier du Mont Xalibu, en face de moi.

J’ai hâte de voir apparaître Denis. Il est parti ce matin du Tétras. À son arrivée, prévue pour 11 h, il aura complété, aujourd’hui, une randonnée de sept kilomètres dont quatre de descente en pente raide avec une dénivellation d’environ 500 mètres. Ça, ça fait mal !
En plus, il pleut depuis près d’une heure. Une pluie soutenue qui tombera toute la journée. Alors Denis devra ralentir, prendre plus de précaution pour éviter les chutes et les blessures.
J’ai hâte de le voir sortir du sentier, de le savoir enfin en sécurité, en bas de la montagne. Elle est belle, Xalibu. C’est l’un des plus beaux points de vue du Québec, du monde je crois. Quand la montagne n’a pas le tête dans les nuages comme aujourd’hui. Xalibu sait aussi être dangereuse. Sous la pluie, le sentier devient un bourbier, voire même un torrent. Les chutes ne pardonnent pas. Les genoux, les chevilles et le dos sont à risque.
Bref, j’ai hâte que Denis sorte du sentier et que la montagne me le rende sain et sauf.
Aujourd’hui, Denis s’est levé tôt. Il a déjeuné de gruau et de pain pita qu’il a accompagnés de café. Il a enfilé ses bottes de marche, son sac de montagne et il est reparti à pied dans la montagne.
Le refuge Tétras, où il a passé la nuit, est à 1000 mètres d’altitude. Le lac aux Américains est à 685 mètres d’altitude. Mais, avant de descendre, il a grimpé 140 mètres de dénivellation sur trois kilomètres, pour atteindre le sommet du mont Xalibu, puis il a entrepris la descente de quatre kilomètres avec 500 mètres de dénivellation, vers le lac. Une descente qui jette du feu dans les jambes, particulièrement avec un lourd sac de montagne sur le dos. Seuls la beauté des paysages et l’air des montagnes compensent les douleurs apportées par la marche difficile sur ce terrain complexe où la marche est entravée par des roches, des branches, des descentes à pic et des montées cardio.
C’est à 11h 45 que je vois finalement sa silhouette se dessiner entre les arbres. Il sourit. Il a l’air heureux de sa randonnée malgré la météo. Quant à moi, je suis soulager de le voir sortir du sentier indemne.
Nous nous rendons d’abord à l’auto où Denis échange son sac de montagne de 30 livres pour un sac à dos plus léger. Puis, il s’engage dans la dernière portion de randonnée de sa journée. Il ne pleut plus, mais il sait que le sentier voyage au fond d’une vallée qui sera très mouillée. Huit kilomètres de boue, de champs de fougères détrempées, de vallées herbeuses et de marécages. il sera au Gîte du Mont Albert vers 15 h.
Quand à moi, je reviens au Gîte du Mont Albert, en auto, contente de ma journée; j’aurai marché un peu plus de trois kilomètres aujourd’hui.
Ce soir, nous irons souper au Bistro ou peut-être Sainte-Anne-Des-Monts.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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