Le 3 juillet 2011
Pour visiter le Parc de la Gaspésie, il faut d’abord s’y rendre.
800 kilomètres sépare notre résidence et le Gîte du Mont Albert, où nous demeurerons pour cinq nuits. Selon Google, Ça prend 10 heures pour faire la route. Ça me fait sourire. C’est le temps équivalent pour se rendre à Paris, temps d’attente en aéroport inclus, pour 5758 kilomètres. La route vers le Parc de la Gaspésie se fait en auto et non pas en avion.
Bref, le chemin est long, autant en kilomètres qu’en temps. Heureusement, l’application « Québec411 » démontre que les travaux routiers sont concentrés autour de Montréal. C’est bon, ça ! Il suffit de sortir de Montréal et le tour est joué. Ouais ben, il faut d’abord se rendre en Montérégie. Là, c’est compliqué.
Cette fois, nous avons décidé de couper le voyage en deux. Nous nous rendons à Québec, le samedi. Ça nous a permis de passer une belle soirée et de déjeuner avec Mu et Ed. Ça c’est un bonus!
De Québec, il reste 500 kilomètres jusqu’au Gîte du Mont Albert. Google nous indique que cela devrait nous prendre à peu près sept heures. Ed, qui fait la route souvent, nous a rassuré. Un temps de cinq heures sera suffisant. D’ailleurs, ses informations sont très précises : deux heures pour se rendre à Rivière du Loup; une heure pour se rendre à Rimouski; une autre heure pour se rendre à Matane; et une dernière heure pour se rendre au Gîte du Mont Albert. Il avait raison, à quelques minutes près!
Nous avons fait les premiers deux heures sur une autoroute bien aménagée qui longe le fleuve Saint-Laurent. La météo était maussade, mais il ne pleuvait pas encore. Ça, c’était le chemin facile …
Les trois autres heures suivantes se sont montrées plus compliquées. Nous avons emprunté la route 132, qui n’est pas une autoroute. Les endroits pour dépasser les plus lents sont limités. C’est la seule route qui descend en Gaspésie, ou presque. Le trafic était plus lourd sur cette route, même un dimanche: des camions de toutes grosseurs, des touristes en auto, d’autres avec des roulottes en tous genres et de tous formats, des vélos, même.
Ce jour-là, il y avait aussi ces conducteurs que nous appelons « les chauffeurs du dimanche ». L’expression sort de mon enfance. Mon père qualifiait ainsi ces conducteurs qui ne sortent leurs automobiles que le dimanche pour aller faire une lente balade quelque part sur une route du Québec. Plus lent que cela, tu marches à pied!
Bref, il faut s’armer de patience, écouter une musique qui calme les nerfs et s’assurer que le climatiseur fonctionne bien.
La route traverse tous ces petits villages qui sont tout aussi charmants les uns que les autres. Sur les pancartes routières ont retrouvent des noms comme: L’Anse-au-Persil, Cacouna, Bois-des-Bels, Trois Pistole, l’Île-Verte, Saint-Éloi, Saint-Simon, le Parc du Bic, Saint-Fabien, Rimouski, Pointe-au-Père, Mont-Joli, Sainte-Flavie, Grand-Métis, Métis sur mer, Les Boules, Rivière blanche, Matane, Cap à la Baleine, Grosse Roche, Les Méchins, Capucins, Sainte-Anne-des-Monts.
C’est très beau et ça sent la mer, même si la grisaille cache le fleuve.
J’ai préféré la dernière heure de conduite. Nous longions le fleuve dans un paysage montagneux qui nous offrait un avant-goût de la Haute-Gaspésie. Dès que nous avons dépassé Matane, la route a suivi les crêtes qui bordent le fleuve, en tournant, grimpant, descendant et tournant à nouveau. Les paysages étaient magnifiques.
Puis nous sommes arrivés à Sainte-Anne-Des-Monts. Nous disons au revoir à la route 132, cette route principale qui traverse le Québec en largeur au sud du St-Laurent, pour emprunter la route 299 qui mène au cœur du parc de la Gaspésie. Nous avions déjà le sourire au lèvre et le stress des derniers mois commençait à s’estomper.
Puis, alors que nous quittions le village de Cap Seize, dans un des multiples détours de la route qui force à tenir le volant à deux mains, les crêtes sont apparues. Hautes de 600 mètres, elles marquent la frontière ouest du parc. Elles sont immenses. En cette fin d’après-midi maussade, elles étaient noires et on devinait à peine ces côtés rocailleux. De gros nuages gris se tenaient juste au-dessus d’elles, un avertissement certain que nous aurions de la pluie dans l’heure.
Quelques minutes plus tard, nous sommes arrivés au Gîte du Mont Albert. Une fois les bagages rangés dans la chambre, nous étions pressés de nous retrouver dehors, même sous la pluie. Un petit souper au bistro du coin, à 300 mètres du Gîte, et nous avons terminé la soirée au bar pour tenter, difficilement, je dois dire, d’accéder à l’Internet. Ici, nous sommes au fond d’une vallée profonde, une sorte de cuve intérieure face au Mont Albert et les téléphones cellulaires ne fonctionnent pas. Aucun d’entre-eux. Il y a l’Internet dans le bar et la réception. C’est gratuit, si tu peux accéder. Et c’est lent. La tour de communication cellulaire, c’est pour l’an prochain, peut-être.
Comme nous disons chez nous, c’est « creux » ici. Mais c’est un creux que nous adorons car il est rempli de plein air, de sérénité, d’odeur d’épinette, de chants d’oiseaux, du vrombissement de la rivière et de la vue du Mont Albert. Et puis, les gens sont fort sympathique.
Et pour le blogue ? S’il le faut, j’écrirai mes articles ici et je les publierai de l’Ouest de l’île!
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Suzie Pelletier, écrivaine
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