Une expédition dans l’ouest de l’île

En ce moment, je suis assise dans McDo avec un café et muffin. Ça m’a coûté $1,39, comme le dit l’annonce à la télé. J’ai déjà mangé de meilleurs muffins mais le café est chaud et cela me fait du bien.

De plus cela me rappelle tellement les voyages faits, avec mon conjoint, en Europe. À défaut de vendre des repas convenables, ces McDo avaient la particularité d’avoir l’internet sans fil gratuit. Pas ici, par exemple. Je peux écrire cet article pour mon blogue, mais je devrai attendre le retour à la maison pour le publier.

Mais revenons à la raison pour laquelle je suis ici, avec une dizaine d’autres têtes grises et blanches, en ce matin froid et sans couleur.

Ce matin, à la suite de deux journées dans la maison à attendre qu’il fasse beau, j’avais un besoin viscéral de me retrouver dehors. Impossible de jardiner, tant il y a de l’eau sur le terrain. Même l’entraînement chez Énergie Cardio ne me tentait pas.

Alors j’ai décidé d’aller marcher. Comme j’ai patrouillé presque toutes les rues au nord de l’autoroute 40 dans un rayon de 5 km, j’ai décidé de me rendre au sud de la 40. L’excuse ? En ai-je vraiment besoin d’une ? Non bien sûr. Je « vais en profiter » pour aller faire quelques achats au Dollarama, ou peut-être chez WalMart. Je cherche de petites choses qui pourront s’insérer dans les oeufs que nous utiliserons pour une « chasse au Trésor » pour nos petites-filles, la fin de semaine prochaine.

Alors je suis partie dehors. Il faisait 4° C avec un temps ressenti de -2° C. Je porte un bon chandail et, en ce temps incertain, mon imperméable. Pour éviter le froid, je porte des gants. Le premier kilomètre m’amène sur une route que je connais bien, jusqu’au coin de Brunswick et St-Charles. Le bruit assourdissant du trafic me rappelle pourquoi je n’aime pas marcher sur le boulevard St-Charles.

Lorsque que je tourne en direction sud sur St-Charles, le vent froid vient de loin par ce bout de terrain vague me frappe de la droite. La grisaille du ciel donne un air lugubre à cette journée d’avril qui ressemble plus à une journée de novembre. Mais il ne pleut pas et je continue.

Quand on demeure dans l’Ouest de l’île de Montréal, peu importe où on veut aller, la route est presque toujours coupée par une autoroute ou un boulevard très achalandé où il est dangereux de marcher à pied. L’Ouest de l’île est conçu pour les auto. Les marcheurs et les cyclistes doivent être très prudents et se méfier de ces chauffeurs, pour ne pas dire chauffards.

Ce matin, sur ma route, je dois traverser la 40. Bien sûr, il y a un trottoir piétonnier qui longe Saint-Charles, l’artère perpendiculaire à l’autoroute. Pour me rendre à ma destination, Je décide donc de suivre de façon précise les instructions de Denis afin de traverser vers le secteur sud de la manière la plus sécuritaire possible.

  • D’abord, je traverse la bretelle d’accès à la 40.Pas une voiture ne s’arrêtera pour me laisser passer. J’attends donc patiemment que le trafic cesse. Je traverse le plus vite possible; ouf! la première étape est passée!
  • Je me rend à la lumière suivante. Denis a raison. Si j’essaie de traverser à un point précis, alors que la lumière est rouge sur St-Charles, je profite d’une sécurité relative. Je note que les automobilistes empressés ont arrêté leurs véhicules exactement là où je dois passer. Quelques pare-chocs sont vraiment très près de mes genoux. L’étape 2 est aussi passée avec succès.
  • Sur l’échangeur, au-dessus de la 40, le bruit est assourdissant. Et le vent qui siffle à mes oreilles est glacial. Je regrette de ne pas avoir porté une tuque ou du moins, un cache-oreille.  Mes pantalons coupe-vent n’auraient pas été de trop non plus. Bref il fait froid et je me rentre la tête dans mon capuchon.
  • Il me reste à traverser les deux voies d’accès à la 40 accessible sur l’échangeur. J’attends sur le coin, bien en vue. Personne n’arrête et je ne fait pas confiance à ces automobilistes qui, la plupart du temps, n’utilisent pas leurs clignotants. Par chance, ce n’est pas l’heure de pointe et j’arrive à franchir cette troisième étape sans trop de difficulté.

Un peu plus loin, c’est le coin Hymus et St-Charles. J’observe un peu la situation, puis, lorsque que la lumière tourne au rouge pour la circulation sur Hymus, je m’engage dans l’intersection pour traverser cette rue achalandée.

Au milieu de l’intersection, je réalise que l’automobile sur le coin, face à moi, est placée pour s’engager sur Hymus. Pas de clignotant ! À quoi ça sert sinon d’informer les autres de ses intentions. Crétin ! Le véhicule est aligné pour tourner juste devant moi. Il est conduit par une femme qui me regarde intensément. Sachant qu’elle m’avait bien vue, j’en ai déduit qu’elle me permettait de passer et j’ai continué mon chemin. Mais non! Elle était en train de calculer s’il y avait assez de place entre mes genoux et le trottoir pour passer avec son auto! Idiote! J’ai dû arrêter de marcher car elle aurait eu le choix entre mes genoux et le trottoir. Je ne veux même pas penser à ce qu’elle aurait choisi!

La femme ne m’a pas regarder! J’aurais été un poteau de téléphone qu’elle se serait demandé ce que je faisais au beau milieu de l’intersection. Mais un piéton, ce n’est pas important.

J’avais besoin d’un café. J’ai décidé de me rendre dans un McDo pas loin. Je peux m’y rendre sans traverser une rue quelconque.

Tantôt, je vais retourner chez moi. Je referez le chemin inverse. Je pourrais prendre un taxi. Ça serait plus sécuritaire, mais j’ai encore besoin de prendre l’air. J’aurai les doigts et les oreilles gelées. Le souffle court à surveiller les automobiles. Je serai très contente de ce temps passé dehors.

La vie est belle même si quelque peu dangereuse quand on demeure dans l’Ouest de l’île de Montréal!


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