Le 13 août 2010
La journée est ensoleillée et fraîche. On croirait une douce journée d’automne au Québec, sans les couleurs bien sûr.
Notre route ce matin nous mène à traverser la très belle campagne de Normandie, avec les fermiers qui ramassent le blé et le foin dans leurs champs. La route de 80 kilomètres prend plus d’une heure et demie parce que nous traversons de nombreux petits villages, tous très mignons, où il faut conduire à 50 parfois 45 km/h. Il faut aussi suivre des camions lourds, des tracteurs de ferme et des touristes qui se demandent où aller. Il faut donc oublié le 90 km/ h permis sur cette route. Cela nous donne le temps de regarder et de savourer.
Aujourd’hui, un immense parc marque l’endroit d’où est partie l’offensive canadienne qui a permis de capturer la crête de Vimy. On s’y promène paisiblement à pied, allant du musée vers les positions canadiennes du début avril 1917, ou du monument aux canadiens morts vers le cimetière. Les clôtures électrifiées autour des champs et les pancartes rouges qui indiquent « DANGER entrée interdite munition non explosée » donnent froid dans le dos.




Apparemment, une quinzaine de personnes perdent la vie chaque année dans les champs (hors du parc de Vimy) en raison de l’explosion de mines ou d’obus qui refont surface, chaque année. Les tracteurs qui labourent les champs sont renforcés pour résister aux explosions. Heureusement, les moutons qui « broutent » le gazon de ces champs ne sont pas assez lourds pour faire sauter ces vieilles bombes.
Le 9 avril 1917, les hommes de quatre divisions canadiennes (40,000 hommes) attendaient, tapis dans les tranchées ou dans les tunnels avec leur barda de survie sur le dos. Les canons finissaient leur travail destructeur avant qu’ils puissent avancer. Les lignes canadiennes s’étendent sur six kilomètres de long.
La bataille de la crête de Vimy a duré trois jours. Les troupes canadiennes ont su y démontrer tout leur savoir faire. L’artillerie a su anéantir les positions ennemies avec beaucoup de précision. L’introduction de tir de barrage « roulant » dans la stratégie canadienne a été efficace. Au cours d’un tel tir de barrage, l’artillerie fait un tir de barrage 50 mètres devant les fantassins pour désorganiser l’ennemi, puis les troupes avancent de 100 mètres alors que le tir de barrage d’artillerie se déplace de 50 mètres en avant des nouvelles positions de l’infanterie. Le manège continue jusqu’à la prise de la position.
Le plan de bataille, développé à l’époque où les communications avec le front se faisaient par estafettes ( pas de radio batterie à cette époque), a été exécuté à la lettre. Les stratégies de campagne développées et exécutées par les Canadiens sont devenues le fondement de l’art militaire moderne.
Dorénavant, les Canadiens avaient leur place de choix sur l’échiquier politique international. Les Allemands ont appris à craindre les soldats canadiens en raison de leur efficacité. Les Canadiens font d’ailleurs plus prisonniers que les autres, car les Allemands refusent de leur faire face.
Les volontaires canadiens, qui se battaient pour la première fois en tant que pays, et non pas dans un corps expéditionnaire britannique, ont perdu 10,000 soldats dont presque 3,600 sont morts.
Je n’ai que des félicitations à faire pour Anciens Combattants Canada pour l’entretien du site. Les guides bilingues, parfois trilingues, sont accueillants et connaissent des faits d’armes canadiens. Ils partagent leurs connaissances avec enthousiasme avec les touristes. Nous y avons passé un peu plus de trois heures.

Selon les informations, Hitler aurait été une estafette allemande à Vimy lors de la guerre 14-18. Il n’aurait pas participé à la bataille de Vimy parce qu’il était blessé. Lors de la deuxième guerre, alors que les Allemands occupaient la France, il aurait visité Vimy et il en aurait tellement été touché qu’il a fait surveiller le site par sa propre police secrète pour le protéger. Hum!
À partir de demain je vous parlerai surtout de la Seconde Guerre mondiale qui a tué tant de monde entre 1939 et 1945.
Je m'abonne au blogue Les défis de Suzie
Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
Laisser un commentaire