Le 13 août 2010
La Somme 1916 : un million de morts en cinq mois. Des Allemands, des Français, des Britanniques, des Canadiens, des Australiens, des Africains et d’autres s’y sont battus ici.
C’était une offensive des Alliés pour libérer le territoire français des envahisseurs allemandes.
Le 1er juillet 1916: 60,000 morts la première journée,
Le résultat final de la bataille : les alliés ont gagné quelques kilomètres de terrains boueux remplis de cratères. Y survivent à peine des arbres calcinés ainsi qu’une dizaine de villages rasés.
Quel gâchis !
Nous avons fait la route du souvenir qui nous a fait voir les monuments laissés par les pays alliés pour marquer les emplacements de leurs troupes et souligner les hommes morts au combat. Cela nous a montré la dimension du front de combat qui s’étendait sur plus de 80 kilomètres.
On peut imaginer les tranchées creusées dans cette terre d’argile qui, gorgée de la pluie de l’automne, devenait une boue visqueuse et froide. Tout cela s’accompagnait du bruit des canons qui tonnaient des deux côtés, du bourdonnement des obus qui éclataient sur la région, du sifflement des balles qui trouaient la peau. S’ajoutait le froid et la faim qui tenaillaient les entrailles, tout comme les cris des camarades blessés ou mourants.

Nous avons vu Courcelette, là où les Canadiens se sont battus comme membres de divisions de l’armée britannique. On voit des tombes des hommes aux noms français du 22e bataillon, aujourd’hui un régiment d’envergure au Canada.
A Thiepval, un immense monument, que l’on peut voir à des kilomètres à la ronde, nous rappelle ces 72, 000 disparus. Ils sont dans des tombes anonymes. Souvent, leur corps est resté enseveli sous plusieurs mètres de terres ou dispersé de façon répétée aux cours des combats violents successsifs. 72,000 soldats rapportés « disparus au combat, présumés morts ». Autant de famille qui ne sauront jamais ce qu’il est advenu de leur fils.

Aujourd’hui, nous ne voyons que des monuments et des cimetières entourés de champs fraîchement coupés ou encore verts. Sous le soleil et les nuages blancs, il est difficile d’imaginer l’enfer que ces hommes ont vécu. Un fermier en train d’étendre du fumier sur son champ en friche nous rappelle que la vie a poursuivi son cours, malgré l’horreur qu’ont vécue ces hommes qui ont piétiné ce coin de terre.
Pourtant, il faut s’en souvenir… un million de fois …
Partout dans les champs fraîchement labourés ou au travers les plantes, les coquelicots poussent. Un million de coquelicots…
En visitant ces villages, nous voyons des rues larges et des maisons style art déco. Même les églises ont été reconstruites. C’est également une autre indication de la dévastation causée par la guerre. Ce qui n’a pas été détruit par l’artillerie, a été rasé lors du retrait des troupes allemandes.
Ce que nous voyons aujourd’hui dans ces villes a été bâti entre 1918 et 1940,juste à temps pour recommencer le massacre.
Demain nous allons à Vimy.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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