Le 10 août 2010 – Reims – prononcez « rince »
Quand nous arrivons dans une grande ville, notre priorité est toujours de trouver un stationnement. Clio nous mène au centre-ville, mais il faut vraiment trouver le stationnement par nous-mêmes.
Reims ne fait pas exception. Nous arrivons au centre-ville de Reims et nous suivons les indications pour le « parking de la cathédrale ». Nous roulons 10 minutes dans la ville sans apercevoir cette Cathédrale Notre Dame que nous savons l’une des plus grosses de l’Europe.
Sortis du stationnement, nous identifions quelques repères qui nous permettront de retrouver Clio à la fin de notre visite. Toujours pas de cathédrale en vue.
Nous suivons les indications pour la trouver. Nous longeons des bâtiments du 20e siècle, construits pour la commodité plus que pour l’art (traduction: pas très beaux). Toujours pas de Cathédrale en vue.
Soudain, il n’y a plus d’indication. C’est à gauche que nous la trouvons, Nous restons figés sur le coin de rue pendant quelques secondes. Nous l’avons juste regardée, admirée. Puis, d’une seule voix, nous l’expression préférée de nos petites-filles: « WOW »


Elle est à 100 mètres de nous et nous la voyons de face. Même avec les travaux de rénovation, elle est magnifique; il nous faut quelques minutes juste pour pour voir tous les détails de l’entrée. Une splendeur ! Que de détails !
Construite à partir de 1211, ses tours de 81 mètres de haut seront terminées deux siècles et demi plus tard. Détruite et brûlée plusieurs fois au cours des guerres, on l’a toujours reconstruite.
Joyau de la France, elle a 138 mètres de long et 38 mètres de haut. Clovis, le roi des Francs y a été baptisé. Les rois de France y étaient sacrés. De grands évêques y ont résidé.
Comme mon conjoint visite les tours et qu’il n’est impossible d’y monter, je m’assois quelque part dans la nef centrale pour écrire.
On a pas besoin d’être fervent catholique pour en comprendre la sérénité des lieux. D’ailleurs, j’observe sur le visage de tous les visiteurs la même expression d’ébahissement. Ils sont européens, chinois, Sikh, québécois et autres, mais ils restent subjugués face à l’immensité et la beauté des lieux.
Les églises romanes et gothiques, qu’on retrouvent partout en Europe, restent les seuls témoins du travail des artisans de l’époque médiévale. À une époque rude où l’on mourrait jeune, où la guerre tuait autant que la peste et la famine, l’Église a commandé ces grands ouvrages. Ça a permis à des millions de gens de survivre.
Au moyen age, tout gravite autour de l’Église. Les rois ne règnent pas sans être sacrés. Les troisièmes fils de famille deviennent moine ou prêtres. Les jeunes filles ont trois choix dans la vie: se marier, rentrer dans les ordres ou devenir prostituées. Les Églises et les Abbayes reçoivent énormément d’argent, par testament, quand les grands hommes veulent expier leurs péchés pour avoir droit au ciel.
À cette époque, il y a toute une industrie autour des églises et des cathédrales. Des artisans y travaillent toute leur vie. On achète du pain, des victuailles, des tissus etc. On a besoin d’auberge pour les voyageurs et les pèlerins. Bientôt les villes se développent autour des églises et des abbayes. Chaque journée est dictée par les offices religieux et le son des cloches.
C’était une autre époque.
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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