Le 9 août 2010
Aujourd’hui nous avons visité les champs de bataille de Verdun.
Transportons-nous en 1916. La Grande Guerre stagne et, plutôt que de s’entendre pour un match nul, les généraux Français et Allemands ont cherché, chacun de leurs côtés, une percée décisive. La France et ses alliés préparent l’offensive de La Somme pour repousser les Allemands. Ces derniers veulent Paris en passant par Verdun.
Dès 7 h le 21 février 1916, les Allemands pilonnent les positions françaises. Deux millions d’obus en 10 heures. Les positions françaises ayant été dégarnies pour subvenir aux besoins de l’opération de La Somme peuvent difficilement répondre. Pourtant, lorsque les fantassins allemands donnent l’assaut, les troupes françaises résistent.
La bataille de Verdun va durer 10 mois.
300,000 hommes, français et allemands, perdront la vie sous les bombes ou par les baïonnettes, les balles, la faim, la soif, les blessures infectées etc. L’artillerie sera responsable pour 80 % des pertes.

- 500,000 soldats français et allemands seront blessés.
- Plus de 2 millions de soldats auront participé à cette bataille.
- 9 villages disparaîtront à jamais.
- 17,000 hectares de terres agricoles et de forêts seront défoncées, détruites et rendues dangereuses; on y retire encore du métal et des ossements chaque année.
Au fil du temps, on retrouvera les restes de 130,000 soldats non identifiés.Leurs ossements reposent dans un ossuaire monumental à côté du cimetière national de Verdun.
Tout cela parce qu’il fallait être plus fort que l’autre. Ironiquement, ni la bataille de Verdun ni celle de La Somme n’ont apporté la percée escomptée. Il faudra attendre Vimy pour voir le cours de la guerre changée.
Je ne sais si c’est ma formation de militaire ou parce que je suis humaniste dans l’âme, mais ma visite m’a touchée beaucoup plus que je m’y attendais. Cette guerre ne sera plus jamais des mots et des images dans un livre d’histoire, mais elle sera dorénavant une réalité historique.
On a vu ces champs où sont encore visibles les trous d’obus et ce, même si la végétation a repris sa place.

Nous avons visités ces forts détruits, ces villages fantômes et les ruines encore visibles presque un siècle après la bataille. Des hommes, des femmes et des enfants ont beaucoup souffert et sont morts en 1916.
Pourquoi autant d’horreur ?
Il aurait fallu se souvenir pour ne pas recommencer le même désastre. Mais on a oublier. On n’a rien appris. On a recommencé 20 ans plus tard…
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Suzie Pelletier, écrivaine
Éditions du Défi
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