France – De Saint-Lizier à Carcassonne

Voici un message un peu plus long que d’habitude (oui ! Je sais ! J’écris beaucoup!) Nous n’avons pas eu accès à l’Internet durant plusieurs jours et j’ai tout mis dans le même message. Voici donc nos aventures des derniers jours.

Les Cathares étaient une secte chrétienne au  début du 13e siècle qui refusait les préceptes de l’Église chrétienne, particulièrement catholique, parce qu’elle trouvait cette institution trop corrompue et trop politique. On trouvait des Cathares un peu partout en Europe, mais, ils étaient particulièrement bien organisés dans le Languedoc.  Considérés comme hérétiques à une époque où l’inquisition prenait beaucoup de place, on les martyrisaient et on les brûlaient sur la place publique.

Ils auraient peut-être survécu plus longtemps si le Languedoc n’avait pas été convoité par le roi d’Espagne et le roi de France. Ce dernier a joint ses troupes à ceux du Pape et, sous le commandement de Simon de Montfort, une croisade interne (en France) a été menée pour anéantir complètement cette secte. Ils ont réussi en moins de 50 ans. En 1209, 20,000 citoyens sont massacrés à Béziers. L’année suivante, on en brûla 140 à Minerve. La dernière place forte des Cathares, Montségur, tomba en 1244 avec la mort de 225 Cathares dont 205 ont été brûlés vif pour avoir refusé de renier leurs convictions.

Bien sûr, le Languedoc est également devenu Français…

Le château de Montségur trône à 300 mètres au-dessus du stationnement construit près du col de Montségur. Construit par les croisés après la destruction du village cathare, la forteresse est juchée sur le top d’une pointe rocheuse accessible seulement par une piste qui monte comme dans la face d’un cheval. Cela paraît incroyable qu’une troupe de 10,000 soldats ait assiégé le village, tant l’endroit paraît imprenable.

Mon conjoint a monté jusqu’au château par une piste particulièrement mouillée en cette journée où la météo est d’humeur maussade. Le degré de difficulté de la montée, et tout particulièrement de la descente, me fait rester bien sagement au bas de la pente, pour protéger mon genou malade.

Château Monségur (tout en haut)

En route pour Parpignan, la sortie des montagnes est particulièrement saisissante. D’abord nous avons traversé le Col de Portel, à 600 mètres dans les airs, puis ce fut la descente sur une route en lacets dont les boucles sont en partie dans le vide. Ce fut cinq kilomètres de frayeur, pour moi affligée de vertiges. Je perdais complètement le sens de la route, de la terre, du ciel et de la montagne. Tout ce mêlait sous mes yeux . J’étais au bord de la panique. Ce fut la plus grave crise de vertige de ma vie! Heureusement, Denis conduisait. Il a suivi la route tout doucement, pour m’accommoder. Voici quelques photos prises sur l’Internet. Malheureusement une photo représente toujours moins bien l’effet de hauteur:

Puis, à Quillan, nous passons dans le Défilé de Pierre Lys. Placée au niveau de la rivière, la route passe entre des montagnes en pic rocheux qui montent tout droit vers le ciel et dont les sommets trônent à 500 mètres plus haut. À certains endroits, des tunnels ont été creusés pour permettre le passage de la route. Onze kilomètres d’une route tout simplement féerique. Fabuleux!

Une pluie abondante nous réveille, le vendredi matin. La fatigue accumulée au cours des 18 derniers jours s’imposant, nous décidons de de profiter d’une journée de repos même si le temps vire au beau dans l’avant-midi. Au programme le lavage de vêtements pour profiter du vent qui entre par la fenêtre ouverte. S’ajoute l’écoute du Tour de France (arrivée à Bordeaux) et, bien sûr, de l’écriture et de l’écriture. Même, nous ajoutons un peu de dodo. Pas de route, pas de GPS et même pas d’Internet.

Pendant ces quelques jours, nous avons refait notre énergie pour être en mesure de poursuivre notre visite.

La journée de repos nous a fait du bien. Le samedi, nous sommes d’attaque pour visiter des sites historiques et marcher plusieurs heures.

Sur la route, les vacances des Français se fait sentir. Judicieusement, notre plan de route est à l’envers de la route vers le sud suivie par des millions de Français en vacances. S’ajouteront d’ici quelques jours, les touristes du Royaume-Uni qui, eux, tombent en vacances scolaires ce weekend. Pour ce voyage-ci, nous évitons les sites de plages et de villégiatures. Ainsi, nous serons moins incommodés par ces vacanciers. Voyageant vers le nord et l’est, nous éviterons les kilomètres de bouchons sur les autoroutes du sud.

Ce matin, nous avons fait un arrêt à Salses, à environ dix kilomètres de notre hôtel pour visiter son fort qui est de conception unique. Construit à la toute fin du moyen âge, il représente des styles de construction défensive qui ne sont plus tout à fait médiévaux. Le fort représente des techniques de défense plus modernes. Construit par les Espagnols autour de 1600, il est devenu Français vers 1640 après un long siège qui a coupé le fort de tout ravitaillement. Devant l’épuisement de ses troupes, le gouverneur a abandonné le fort aux Français. Par la suite, la frontière de la France avec l’Espagne a été reculée vers le sud dans les Pyrénées. Le fort devenu inutile est tombé en désuétude.

Fort de Salses

Puis notre route nous mène à Narbonne pour une visite de quelques sites romains et médiévaux dans la ville. De l’horreum romain construit probablement dans le siècle avant notre ère au Donjon médiéval, en passant par la magnifique cathédrale, nous marchons dans une ville piétonnière.

Au centre de la place publique, nous y trouvons des vestiges de la Via Domitia, route romaine construite à partir de 118 avant JC et qui traversait la Gaule narbonaise de l’Italie à l’Espagne. Elle rappelle que Narbonne a été un carrefour important durant l’époque romaine, que ce soit pour accéder aux territoires du nord ou de l’actuelle Espagne. 

Narbonne – Cathédrale et Donjon

Puis, suivant les indications sans faille  de Clio, nous prenons la route de Carcassonne en vue de passer la journée de demain dans la cité médiévale.


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